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Bougar Diouf : « La capture de Maduro, c’est l’effondrement assumé du droit international ! »



Bougar Diouf : « La capture de Maduro, c’est l’effondrement assumé du droit international ! »
« Mes chers amis de l’Union des Panafricanistes Sénégalais UPS et de la Coalition Diomaye Président,
Ce qui s’est produit au Venezuela ne relève ni d’une “opération spéciale”, ni d’un “succès stratégique”.
C’est un acte de force illégal, une violation caractérisée de la souveraineté d’un État, et un précédent juridique d’une gravité extrême.
  Pour la première fois de manière aussi décomplexée, un État s’est arrogé le droit de capturer le chef de l’exécutif d’un autre État, sans déclaration de guerre, sans mandat du Conseil de sécurité, sans mécanisme juridictionnel international, et sans le consentement de l’État concerné.


Ce n’est pas une zone grise du droit : c’est une ligne rouge franchie.
C'est une violation frontale de la Charte des Nations unies elle-même.
Le droit international est clair, limpide, sans ambiguïté.
Article 2 & 4 de la Charte de l’ONU : interdiction du recours à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un État.
Deux exceptions seulement existent :
La légitime défense (article 51)
Un mandat explicite du Conseil de sécurité
Aucune de ces conditions n’est remplie.
Il ne s’agit donc ni d’une opération de maintien de la paix, ni d’une action collective, ni d’une mesure autorisée par le droit.
Il s’agit juridiquement d’un acte d’agression et d’un enlèvement extraterritorial.
Le qualificatif moral qu’on attribue à Maduro est juridiquement sans pertinence.
Le droit international ne juge pas la sympathie d’un dirigeant ; il juge la légalité des actes des États.
S’il existait des charges pénales contre Nicolás Maduro, une seule voie était légitime :
la saisine d’une juridiction internationale compétente, le respect du contradictoire,
les droits de la défense, une procédure publique et contrôlée.
Ce qui s’est produit est l’exact inverse :
une auto-saisine armée, une justice privatisée, une confusion totale entre puissance militaire et autorité judiciaire.
Quand un État devient à la fois accusateur, policier, juge et geôlier, nous ne sommes plus dans le droit, mais dans la vengeance institutionnalisée.
Le plus grave n’est pas Maduro.
Le plus grave est le principe posé.
Désormais, un message est envoyé au monde entier :
Un État puissant peut capturer le dirigeant d’un État plus faible s’il estime sa politique inacceptable.
Ce précédent signifie concrètement :
la fin de l’immunité fonctionnelle des chefs d’État hors cadre juridictionnel,
la relativisation absolue de la souveraineté,
la transformation du monde en espace d’intervention discrétionnaire.
Aujourd’hui Caracas.
Demain Bamako, Alger, Téhéran, La Paz, ou toute capitale qui dévie de l’orthodoxie géopolitique dominante.
Le Venezuela n’est pas un hasard.
Pétrole, alignement stratégique alternatif, refus de l’hégémonie occidentale : le dossier est connu.
La qualification soudaine de “narco-terrorisme international” joue ici un rôle précis :
neutraliser le droit international en criminalisant l’adversaire politique, pour justifier l’exception permanente.
C’est la doctrine du XXIᵉ siècle :
Quand le droit gêne, on requalifie l’ennemi.
Ce qui est en jeu dépasse largement le Venezuela.
C’est la survie du multilatéralisme et la protection minimale des États non hégémoniques.
Si le Sud global accepte ce précédent par silence, par peur ou par calcul, alors il accepte implicitement que :
la force prime sur la règle,
la puissance crée le droit,
la souveraineté soit conditionnelle.
Il ne s’agit pas de défendre un homme.
Il s’agit de défendre une architecture juridique mondiale déjà fragile, mais encore debout.
La lutte contre les dictatures ne peut pas se faire par la destruction du droit.
Sinon, nous remplaçons une oppression nationale par une domination globale.
Un monde sans règles communes n’est pas un monde plus juste :
c’est un monde plus violent, plus instable, et plus dangereux pour les faibles.
Si Maduro doit être jugé, que cela se fasse par le droit.
Sinon, ce que nous applaudissons aujourd’hui sera invoqué contre nous demain.
La souveraineté n’est pas une faveur.
Elle est le dernier rempart contre l’arbitraire.
Et lorsqu’on accepte qu’elle tombe pour un autre, on prépare sa propre chute.
Avec gravité et lucidité,
Avec fraternité et inquiétude. »
Monsieur le Président M. Bougar DIOUF
Union des Panafricanistes Sénégalais - UPS


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