Alors que plusieurs projets ferroviaires sont en cours à travers le Nigeria, la disponibilité d'une main-d'œuvre qualifiée devient un enjeu stratégique. Le pays veut désormais accompagner l'expansion du rail par un renforcement des compétences locales.
L'autorité des transports de la région métropolitaine de Lagos (LAMATA) au Nigeria a signé, avec la China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC), un accord pour la création d'un centre de formation dans le ferroviaire. L'initiative s'inscrit dans les efforts visant à développer des compétences locales nécessaires à l'expansion du réseau ferroviaire urbain de Lagos, appelé à passer de 6 à 11 lignes, auxquelles s'ajoutera un monorail.
L'accord survient alors que le gouvernement de l'État de Lagos accélère le développement de son réseau ferroviaire, afin de répondre à la demande croissante en mobilité urbaine. L'objectif est de garantir que cette infrastructure en pleine expansion soit exploitée et entretenue par une main-d'œuvre nigériane qualifiée, réduisant ainsi la dépendance à l'expertise étrangère.
Selon les termes du projet, le futur centre combinera enseignement théorique, formation sur simulateurs, apprentissage pratique et évaluation des compétences professionnelles. Il ambitionne de former des techniciens, opérateurs et ingénieurs capables de répondre aux besoins d'un domaine ferroviaire en pleine mutation.
Ce projet constitue une nouvelle étape dans la stratégie du Nigeria pour développer un écosystème ferroviaire local capable de soutenir les investissements engagés ces dernières années dans ce mode de transport. Les autorités misent sur le rail pour améliorer une industrie encore largement dominée par la route, et confrontée à des problèmes de congestion et de coûts logistiques.
La CCECC, qui a réalisé les deux premières lignes du métro léger de Lagos, les Blue et Red Lines, participe également à cette stratégie d'industrialisation. L'entreprise a notamment implanté une usine dans l'État d'Ogun pour produire localement des wagons destinés aux projets ferroviaires nigérians.
Au-delà du réseau urbain de Lagos, le gouvernement fédéral poursuit le développement de plusieurs lignes à écartement standard (SGR), notamment sur les corridors Kaduna - Kano et Port Harcourt - Maiduguri. En mai dernier, il a approuvé des contrats d'un montant global estimé à 2,99 milliards USD, pour la réalisation de 3 grands projets ferroviaires.
Si le financement, les délais d'exécution et la montée en compétences des ressources humaines restent des défis, la création de capacités locales apparaît comme un levier essentiel pour assurer la pérennité de ces investissements, et limiter, à terme, le recours à l'expertise étrangère.
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