Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, poursuit sa démarche d’ouverture et de dialogue autour des grandes questions touchant au fonctionnement de la justice sénégalaise. Ce lundi 31 août 2026, il a reçu une délégation de l’association Jama’atou Ibadou Rahmane, conduite par son président, Abdoulaye Lam.
La délégation, composée de responsables des femmes, des cadres et des jeunes de l’organisation, a partagé sa perception de plusieurs problématiques liées au système judiciaire. Une rencontre placée sous le signe de l’écoute et de la concertation. « La justice est l’affaire de tous », a rappelé Me Moussa Sarr en invitant ses interlocuteurs à exprimer librement leurs préoccupations et leurs propositions. Une démarche saluée par les représentants de Jama’atou Ibadou Rahmane, qui ont apprécié l’ouverture du ministère au dialogue.
Les discussions ont porté sur le Code de la famille, la situation des cadis, la protection de l’enfance ainsi que les conditions de détention dans les établissements pénitentiaires.
Sur le Code de la famille, la délégation a estimé que « certaines dispositions restent insuffisamment adaptées aux réalités socioculturelles et religieuses du pays ». Elle a plaidé « pour une amélioration des critères de sélection et de formation des cadis, appelés à jouer un rôle important dans le règlement de certains litiges ». La protection de l’enfance a aussi occupé une place importante dans les échanges. Jama’atou Ibadou Rahmane a notamment insisté sur la nécessité d’une plus grande implication des autorités religieuses et des familles dans l’éducation et la protection des enfants.
La question carcérale n’a pas été occultée. Les représentants de l’association ont soulevé les problèmes liés aux longues détentions, à la surpopulation des prisons et aux conditions de vie des détenus, notamment en matière d’alimentation.
En réponse, le ministre de la Justice a salué la qualité des contributions formulées et assuré que le mémorandum remis par la délégation fera l’objet d’un examen attentif. Concernant le Code de la famille, Me Moussa Sarr a reconnu la persistance des préoccupations soulevées tout en rappelant la complexité d’un sujet dont la réflexion se poursuit.
Sur la question des cadis, le garde des Sceaux a annoncé qu’un recensement est actuellement en cours afin d’identifier les besoins des tribunaux d’instance. Les postes vacants, a-t-il assuré, seront pourvus selon des critères objectifs et transparents, avec un accent particulier sur le renforcement de la formation continue. S’agissant enfin de la surpopulation carcérale, Me Moussa Sarr a annoncé « la construction prochaine de nouveaux établissements pénitentiaires à Malicounda et à Louga ». Une perspective qui devrait contribuer à désengorger les prisons et à améliorer les conditions de détention.
Fatou DIOP












