Une plainte pour abus de confiance liée à une tontine a conduit les enquêteurs du commissariat d’arrondissement de Guinaw Rails à mettre au jour un appartement suspecté d’abriter un réseau de prostitution clandestine à la Cité Biagui, à Yoff. Cinq personnes ont été interpellées et plusieurs infractions présumées, dont le proxénétisme et la traite d’êtres humains, font désormais l’objet d’une enquête.
Ce qui semblait être un simple différend financier s’est transformé en une affaire judiciaire d’une toute autre ampleur. Le 7 juillet 2026, une femme se présentant comme esthéticienne a déposé une plainte au commissariat d’arrondissement de Guinaw Rails contre la gestionnaire d’une tontine, l’accusant d’abus de confiance portant sur la somme d’un million de francs Cfa.
Selon la plaignante, cinq participantes cotisaient quotidiennement 20.000 F Cfa dans le cadre d’une tontine organisée entre le 1er juillet et le 24 août 2025. Elle affirme que la gestionnaire a refusé de lui reverser les fonds qui lui revenaient. De son côté, la mise en cause soutient avoir déjà effectué le remboursement, mais n’a pu présenter ni reçu, ni témoin, ni autre élément permettant d’étayer sa version.
Au cours de son audition, la gestionnaire a toutefois livré aux enquêteurs des informations susceptibles d’orienter l’affaire vers un tout autre terrain. Elle a affirmé que la plaignante exploitait discrètement un salon de massage servant en réalité de couverture à des prestations sexuelles tarifées.
Sur la base de ces déclarations et avec l’assentiment écrit de la plaignante, les policiers ont procédé à une perquisition dans un appartement situé à la Cité Biagui, à Yoff. Sur place, ils disent avoir découvert un logement aménagé pour des activités présumées de prostitution. Les enquêteurs ont notamment saisi plusieurs lubrifiants, des huiles de massage, douze téléphones portables, trois cigarettes électroniques ainsi que des médicaments dont la nature restait à identifier au moment des faits.
L’enquête a pris une nouvelle tournure lorsqu’un client s’est présenté sur les lieux pendant l’intervention policière. Selon la police, cet homme, domicilié à Guédiawaye, aurait déclaré être venu pour une deuxième séance de massage de type « body-body », facturée 15.000 F Cfa. Il aurait expliqué aux enquêteurs que les clientes étaient présentées en tenue légère afin qu’il fasse son choix avant d’être conduit dans une cabine.
Deux femmes retrouvées dans l’appartement ont également été interpellées. L’une aurait reconnu percevoir une rémunération variable selon les clients. L’autre, qui s’était d’abord présentée comme femme de ménage saisonnière, aurait finalement admis ne disposer d’aucune qualification ni autorisation pour exercer une activité de massage, tout en restant évasive sur l’origine des fonds générés par le salon.
À l’issue de l’opération, la plaignante initiale ainsi que deux femmes travaillant avec elle ont été placées en garde à vue pour des faits présumés de prostitution clandestine, de proxénétisme, de traite d’êtres humains et d’exercice illégal de la profession de masseuse. La gestionnaire de la tontine fait, quant à elle, l’objet d’une garde à vue pour abus de confiance portant sur un préjudice estimé à un million de francs Cfa. Le client présent sur les lieux a également été retenu pour les besoins de l’enquête.
L’ensemble du matériel découvert dans l’appartement a été placé sous scellés et les investigations se poursuivent afin d’établir les responsabilités de chacun.
Khadidjatou D. GAYE












