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ABDOULAYE WILANE SUR LA SORTIE DE CHEIKH DIBA « Les annonces ne remplacent pas les preuves »



ABDOULAYE WILANE SUR LA SORTIE DE CHEIKH DIBA  « Les annonces ne remplacent pas les preuves »

 
 
Le porte-parole du Parti socialiste estime que la communication du ministre des Finances laisse subsister des zones d'ombre sur l'accord avec le Fmi, le traitement de la dette et les promesses budgétaires.
 
À l'heure où le Sénégal traverse une période de fortes tensions sur ses finances publiques, Abdoulaye Wilane hausse le ton contre la communication du ministre de l'Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba. Dans une longue note politique, le porte-parole du Parti socialiste juge que les récentes annonces gouvernementales manquent de démonstration, de transparence et de précisions techniques, alors que, selon lui, la crédibilité financière de l'État exige des explications plus rigoureuses.
 
Un accord avec le Fmi encore sous conditions
 
Premier point de friction : l'accord technique conclu avec le Fonds monétaire international, évalué à environ 2,2 milliards de dollars, soit près de 1243 milliards de F Cfa. Wilane reconnaît l'importance de cette étape, mais reproche au gouvernement de la présenter comme un financement acquis, alors que le décaissement reste soumis à l'approbation des instances du Fmi ainsi qu'à plusieurs conditions préalables. Pour lui, cette distinction est essentielle dans un contexte où chaque déclaration du ministre des Finances engage la confiance des investisseurs et des citoyens.
 
Le traitement de la dette au cœur des interrogations
 
Le responsable socialiste s'interroge également sur le Plan de traitement de la dette du Sénégal (Ptds), récemment évoqué par l'exécutif. Derrière cet acronyme, il réclame des réponses concrètes : s'agit-il d'un reprofilage, d'un rééchelonnement, d'un échange de titres ou d'une restructuration ? Quels créanciers seront concernés ? Quels effets sur les banques, les investisseurs et les épargnants ? Autant de questions qui, selon lui, demeurent sans réponse.
 
Les 300 milliards promis aux entreprises sous surveillance
 
Autre sujet soulevé : l'annonce d'une enveloppe de 300 milliards de F Cfa destinée au paiement des créances dues aux entreprises. Wilane dit souhaiter que ces paiements soient effectivement réalisés, mais demande si ces ressources sont déjà sécurisées ou si elles restent tributaires de financements encore conditionnels. « Gouverner ne consiste pas seulement à annoncer une dépense », insiste-t-il en rappelant que toute promesse budgétaire doit reposer sur un financement clairement identifié et un calendrier précis.
 
Une équation budgétaire jugée incomplète
 
Le porte-parole du Parti socialiste remet aussi en cause la cohérence de l'ensemble des engagements annoncés par le ministre : réduction du déficit, amélioration du profil de la dette, renforcement de la protection sociale, maintien des investissements publics et doublement des bourses de sécurité familiale en 2027. Si ces objectifs lui paraissent légitimes sur le principe, il estime que le gouvernement n'a pas démontré comment ils seront financés simultanément ni quelles hypothèses économiques les sous-tendent.
 
Subventions énergétiques et coût de l'endettement
 
Wilane s'attarde également sur la réforme annoncée des subventions énergétiques. Il appelle à publier la méthodologie ayant conduit au chiffre selon lequel 65% des subventions profiteraient aux 20% des consommateurs les plus aisés, tout en exigeant des garanties sur la protection des ménages modestes et des secteurs productifs. Il exprime enfin son inquiétude face à la dégradation de la note souveraine du Sénégal par Moody's et aux taux d'emprunt proches de 8% observés sur le marché régional, y voyant le véritable indicateur du niveau de confiance accordé au pays.
 
« Le Fmi peut accompagner, mais pas gouverner »
 
En conclusion, Abdoulaye Wilane affirme que le débat dépasse les seuls aspects comptables. À ses yeux, la crise actuelle appelle une doctrine financière claire, une hiérarchisation des priorités et une parole publique capable de distinguer ce qui est acquis de ce qui reste à démontrer. « Le Fmi peut accompagner le Sénégal. Il ne peut pas gouverner à sa place », résume-t-il, estimant que la confiance se reconstruira moins par les annonces que par la qualité des décisions, la transparence des arbitrages et la maîtrise des dossiers économiques.
          Nd. Kh. D. F
 
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