Pape Malick Ndour est à deux pas de la prison. L’ancien coordonnateur du Programme national des domaines agricoles communautaires (Prodac) a vu son recours en cassation rejeté, hier, par la deuxième Chambre pénale de la Cour suprême. La Haute juridiction a confirmé la Chambre d’accusation qui avait écarté les contestations sérieuses dont se prévalaient Pape Malick Ndour. Selon la Cour, l’inopposabilité du rapport brandie par le responsable de l’Alliance pour la République (Apr) ne peut prospérer. L’arrêt de la Chambre étant confirmé, l’ancien coordonnateur du Prodac pourrait être arrêté et envoyé en prison à tout moment, si le parquet exécute la décision.
Pape Malick Ndour s’est débattu depuis le début de son bras de fer avec le ministère public qui lui a cherché des poux et il s’en est sorti jusque-là, en bénéficiant d’une mise en liberté provisoire assorti d’un placement sous bracelet électronique. Mais, cette fois, il va tomber dans les mailles du parquet financier. La Chambre pénale de la Cour suprême a confirmé la Chambre d’accusation financière qui, dans son arrêt, avait infirmé le juge d’instruction qui avait décidé du placement sous bracelet électronique et a même décerné le mandat de dépôt à son encontre. En effet, statuant hier sur le recours des avocats de la défense qui avait suspendu la décision de la Chambre d’accusation, les juges de la Cour suprême ont estimé que l’argument principal brandi par l’ex coordonnateur du Prodac, qui est l’inopposabilité du rapport d’expertise, ne peut prospérer. En clair, pour sa défense, l’ancien ministre avait soutenu qu’il a été inculpé sur la base du rapport d'expertise sollicité par le parquet financier et que, dans l’exécution dudit rapport, il n’a jamais été consulté pour donner ses arguments de défense. Pape Malick Ndour a également totalement contesté les faits, soutenant n’avoir pris un seul centime des 2,7 milliards qui lui sont imputés.
Seulement, pour la Chambre pénale, ces contestations ne sont pas sérieuses et ne remplissent donc pas les dispositions de l’article 140 du Code de procédure pénale. Pour le président Mamadou Baal et ses conseillers, certes il n’a pas pris part à l’expertise, mais dès lors que les conclusions ont été versées, il en a pris connaissance et il avait les moyens de demander une contre-expertise ; ce qu’il n’a pas fait. L’arrêt de la Chambre d’accusation financière étant confirmé, Pape Malick Ndour voit désormais son sort dépendre du Parquet financier qui peut exécuter à tout moment la décision en envoyant la gendarmerie ou la police pour l’arrêter.
Alassane DRAME
Pape Malick Ndour : «Si mes lâches adversaires veulent que j’aille en prison, je le ferai la tête haute…»
Dès l’annonce de la décision de la Cour Suprême qui demande son placement sous mandat de dépôt, Pape Malick Ndour a réagi, à travers un post. «Si mes lâches adversaires veulent que j’aille en prison, je le ferai la tête haute, avec la dignité qu’ils n’auront jamais. S’ils veulent que je porte ma croix, je la porterai car comme le Christ, je n’ai commis aucun crime, aucun péché», écrit-il. Avant de poursuivre : «un homme injustement privé de liberté conserve toujours une chose que ses accusateurs n’auront jamais : la paix de la conscience».
Après avoir remercié tous ceux qui le soutiennent, il leur demande : «Si l'envie de prier pour moi vous vient, répéter simplement cette invocation : « Ô mon Dieu, si Pape Malick Ndour a pris un seul franc sur les 2,7 milliards dont on l’accuse, qu’il ne bénéficie jamais de Ta miséricorde ni ici-bas ni dans l’au-delà. Mais s’il est innocent, accorde-lui la victoire face à ses adversaires».
SDN













