À la Can 2025, le Sénégal ne domine pas seulement par son talent individuel ou son expérience du très haut niveau. Les données avancées mettent en lumière une supériorité structurelle : celle d’un entrejeu capable de faire progresser le ballon avec constance, efficacité et sécurité. Décryptage d’un milieu sénégalais qui optimise chaque possession.
Si les projecteurs du royaume chérifien s’attardent volontiers sur les éclairs de génie de Sadio Mané, c’est pourtant dans l’ombre du rond central que se forge le destin des Lions. À la Can 2025, un indicateur technique concentre toutes les attentions des analystes : la passe progressive. Cette capacité à casser les lignes, à faire avancer le bloc équipe vers le camp adverse, est devenue la signature du milieu sénégalais.
Alors que le Sénégal poursuit son épopée marocaine, un constat s’impose chiffres à l’appui : la force motrice des Lions de la Teranga se situe au cœur du jeu. Dans un tournoi où chaque détail compte, l’entrejeu sénégalais dicte le tempo et porte les ambitions d’un peuple tout entier. Analyse de ces métronomes qui font battre le cœur du Sénégal.
Idrissa Gana Guèye, l’inoxydable chef d’orchestre
À 36 ans, le « Vieux Lion » ne se contente pas de rugir : il dirige. Avec plus de 170 passes tentées depuis le début de la compétition, le milieu d’Everton est tout simplement le joueur le plus sollicité du tournoi. Mais au-delà du volume, c’est la nature de ses transmissions qui impressionne.
Vertical, lucide, toujours orienté vers l’avant, Gana Guèye excelle dans l’art de perforer les blocs adverses. Chaque ballon qu’il distille semble programmé pour déséquilibrer l’adversaire, faisant de lui le leader incontesté des passes vers le dernier tiers. Une science du jeu qui symbolise l’autorité tactique du Sénégal.
Pape Guèye, le roc… et l’architecte
À ses côtés, Pape Guèye s’affirme comme l’autre pilier de l’entrejeu. Puissant, infatigable, le milieu sénégalais combine impact physique et justesse technique avec une rare efficacité. Son taux de réussite supérieur à 90% dans ses transmissions en dit long sur sa fiabilité.
Véritable poumon de l’équipe, il sécurise les phases de transition, permet aux Lions de ressortir proprement le ballon et d’enclencher rapidement les séquences offensives. Un rôle clé dans l’équilibre collectif, souvent moins spectaculaire mais absolument fondamental.
Le gotha des passeurs : le Sénégal aux avant-postes Gana Guèye en chef
Face à des profils comme Teboho Mokoena (Afrique du Sud) ou Alex Iwobi (Nigeria), le Sénégal se distingue moins par le volume brut que par la qualité contextuelle de ses passes.
Là où certains milieux cumulent les transmissions sans réel impact territorial, les Lions affichent : un ratio passes progressives/passes totales supérieur à la moyenne du tournoi ; une meilleure conversion de la progression en entrées dans le dernier tiers et une stabilité collective plus élevée après perte de balle.
Idrissa Gana Guèye figure ainsi dans le top 5 des milieux les plus verticaux, aux côtés de Sofyan Amrabat, confirmant une tendance lourde : le Sénégal avance vite, mais surtout avance juste.
Lecture tactique globale : progresser sans se désorganiser
Les chiffres confirment une réalité de terrain : le Sénégal a trouvé un équilibre rare entre projection et sécurité. Le milieu ne cherche pas la rupture permanente, mais impose une pression territoriale continue, usant l’adversaire par des avancées répétées et contrôlées.
Cette maîtrise statistique de l’entrejeu explique en grande partie la solidité défensive des Lions : moins de ballons perdus dans l’axe, moins de courses de repli, et donc une équipe capable de rester compacte même en phase offensive.
Le saviez-vous ?
La passe progressive – une transmission qui fait avancer le ballon d’au moins 10 mètres vers le but adverse – est aujourd’hui l’un des indicateurs les plus fiables pour identifier les véritables métronomes d’une équipe.










