Les populations des communes de Orofondé, Dabia, Agnam et autres villages ne décolèrent pas contre les autorités de Ama Afrique qui tentent de leur imposer un forcing pour l'exploitation du phosphate. Elles ont marché samedi pour réaffirmer leur position. Ils demandent au ministre des Mines, le Premier ministre ainsi que le président de la République d'intervenir.
Les Agnam ne reculent pas dans leur volonté d'amener les nouvelles autorités du pays à reconsidérer leur position, quant à l'exploitation du phosphate pendant que les populations s'y opposent. Les populations ont battu le macadam samedi dernier, pour dénoncer ce qu'elles assimilent à un coup de force. Farba Ngom, maire de la localité, a pris part à la marche pacifique organisée par l'association des chefs de village des communes de Dabia, Orofondé et Agnam. Arborant des brassards rouges, les populations ont crié à qui veut les entendre qu'elles ne veulent pas de ce projet d'exploitation du phosphate.
«Nous n'avons délivré aucune autorisation de prospection»
Farba Ngom a pris la parole au terme de la procession pour réaffirmer la position des populations sur cette question. D’emblée, il a indiqué que cette manifestation n'est pas politique. Elle est très loin de ce qui est politique, en ce sens que ce sont les populations elles-mêmes qui ont pris l'initiative d'introduire une demande de marché pacifique. "M. le President de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, je prends la parole en ma qualité de maire. Cette demande d'autorisation de marche pacifique a été bel et bien déposée par l'association des chefs de village de ma commune. Il faut que ça soit clair", a dit Farba Ngom. Avant d’embrayer : "je suis là en ma qualité de maire dans une situation que nous ne comprenons pas, que nous n’approuvons pas. Nous demandons la libération des jeunes qui ont été arrêtés. En ma qualité de maire et au nom des autres maires qui sont là, je dis et je répète que nous n'avons délivré aucune autorisation de prospection. Nous n'accepterons pas ce forcing», déclare Farba Ngom.
«Ce n'est pas une affaire politique»
Qui poursuit : «le nouveau ministre des Mines, on t'interpelle directement, de bien vouloir regarder cette autorisation de prospection. Comment cela a été fait. Nous interpellons le ministre de l’Intérieur, le ministre des Collectivités locales, le Premier ministre et le président de la République. L'exécutif du Sénégal, nous leur disons qu'il n'y a pas de manipulation dans cette affaire. Tous les partis politiques sont ici présents ou représentés. Ce n'est pas une affaire politique».
Le maire des Agnam se veut clair : «si c'etait politique aussi, nous aurions pris la responsabilité d'assumer, mais ce n'est pas le cas. Il y des militants de la société civile, de Pastef, de l'Apr. C'est une marche pacifique des populations. Nous avons entendu le mandataire de Ama Afrique dire que tout ce qui devait être fait sur cette affaire l'a été. Nous le mettons au défi de montrer ses preuves. Il dit que les populations sont d'accord, elles ont signé. C'est faux ! J’ai tous les procès-verbaux avec moi que l'ensemble des chefs de village ont signés, pour dire non à l’exploitation des phosphates. On se bat pour une dignité des communes. M. le Président de la République, nous vous interpellons. On n'a pas été associé. Nous avons entendu parler de la signature d'une convention entre la gendarmerie et cette société Ama Afrique pour entamer la prospection. Nous ne sommes pas d'accord".
Le maire de Oréfondé et celui de Dabia sur place
Parmi les manifestants se trouvaient également des chefs de village, des notables, des chefs religieux, et des représentants de la société civile, ainsi que du mouvement de défense des intérêts d’Agnam et des maires locaux. Ils étaient tous venus marquer leur désapprobation contre l'exploitation minière.
Il y avait la présence remarquée du maire de Oréfondé, Amadou Arame Bâ, celui de Dabia, Yaya Abdoul Kane.
Dans leurs discours, les intervenants ont réitéré les préoccupations des autochtones, rappelant qu’ils s'insurgent contre la proximité des sites d'exploration avec les habitations, les champs et pâturages.
Aussi, dans cette région où l'économie repose principalement sur l'agriculture, l'élevage et la gestion durable des ressources naturelles, les habitants soulignent des risques environnementaux, des menaces pour la santé publique, des perturbations socio-économiques et expriment leurs inquiétudes quant à une possible spoliation foncière.
Fatou DIOP












