Les derniers développements de l’actualité politique ces derniers jours, avec cette nouvelle révision constitutionnelle, font couler encore beaucoup d’encre et de salive. La conférence des leaders du Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) s’est elle aussi saisie de la question pour dénoncer fermement ce forcing politique et ce désir d’accaparement de tous les pouvoirs et droits par un seul camp : le Pastef. Ces opposants pointent du doigt la régression démocratique, le désordre institutionnel, mais aussi la dégradation économique et la fracture sociale qui paralysent le pays. C’est pourquoi ils appellent toutes les forces vives de la nation à faire bloc pour défendre la République, préserver l'État de droit, protéger les institutions et barrer définitivement la route aux dérives autoritaires.
Lors de sa réunion du 1er juillet, la Conférence des leaders du Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) a procédé à un examen approfondi de la situation nationale.
Les leaders dudit front disent constater avec une profonde inquiétude que le Sénégal est engagé dans une trajectoire de régression démocratique, de désordre institutionnel, de dégradation économique et de fracture sociale sans précédent. Tout cela, soulignent-ils, « parce que le régime Pastef substitue progressivement l'arbitraire à l'État de droit, la force au dialogue, la propagande à la bonne gouvernance et l'hégémonie partisane à l'intérêt supérieur de la Nation ».
Commentant l’adoption par la majorite parlementaire de la révision constitutionnelle, le Fdr dénonce fermement « le passage en force auquel s'est livrée la majorité lors de l'examen du projet de révision de la Constitution par l'Assemblée nationale, le 29 juin 2026. Une réforme fondamentale a été imposée, au mépris des règles parlementaires, des droits de l'opposition et de l'exigence de consensus qui doit présider à toute modification de la loi fondamentale. Les rappels au règlement ont été systématiquement ignorés, les demandes de procédure écartées avec désinvolture et le débat démocratique vidé de toute substance ».
A en croire Oumar Sarr et Cie, les scènes d'une gravité exceptionnelle qui se sont déroulées au sein même de l'hémicycle ont fini d’écorner l’image du Sénégal. « L'agression inqualifiable dont a été victime l'honorable député Abdou Mbow, suivie de son expulsion brutale par les forces de l'ordre, représente une humiliation sans précédent infligée à la représentation nationale. L'Assemblée nationale, qui devrait incarner le pluralisme démocratique et la souveraineté populaire, a fini d’être transformée en théâtre de violences politiques et en simple chambre d'enregistrement des volontés d’un homme », renseigne le Fdr qui dit condamner aussi la répression brutale exercée contre les citoyens, responsables politiques et acteurs de la société civile qui manifestaient pacifiquement leur opposition à cette révision constitutionnelle sans concertation.
Pour eux ce régime ne gouverne désormais que par l'intimidation et la contrainte. « La banalisation de la violence d'État et la criminalisation de toute contestation traduisent une véritable dérive autoritaire incompatible avec les valeurs démocratiques qui fondent notre République », precise la conférence des leaders du Fdr.
En plus de cette crise institutionnelle, le Sénégal vit, selon les opposants, une situation économique et sociale alarmante. En effet, soulignent-ils, en dépit des engagements solennels pris dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable, les travailleurs sénégalais subissent une dégradation continue de leurs conditions de vie. Les licenciements se multiplient, le pouvoir d'achat s'effondre, les engagements de l'État restent sans suite et les réformes des Codes du travail et de la sécurité sociale sont conduites sans véritable concertation avec les partenaires sociaux. « Le monde rural pâtit également de l'incompétence et de l'amateurisme du pouvoir. La campagne de commercialisation des productions agricoles de la précédente saison s'est soldée par un échec retentissant, laissant les producteurs d'arachide, de riz et des filières horticoles sans revenus, lourdement endettés et profondément découragés. Plus grave encore, alors que les pluies se sont installées depuis plusieurs semaines dans plusieurs régions du pays, le Gouvernement n'a engagé les préparatifs de la campagne agricole par la tenue du conseil interministériel que le 30 juin 2026 ! », disent-ils avant de signaler : « nul besoin d’être un spécialiste en la matière pour savoir que les retards accumulés dans la distribution des semences, des engrais, des intrants et du matériel agricole compromettent sérieusement les récoltes à venir et hypothèquent la souveraineté alimentaire du Sénégal », affirment Oumar Sarr et Cie qui parlent de sabotage programmé du monde paysan.
Le Fdr considère qu’en privilégiant les réformes institutionnelles de circonstance au détriment des véritables urgences économiques, sociales et agricoles, le régime éloigne chaque jour davantage le pays des exigences de justice, de stabilité et de développement. « Le Fdr tient le régime Pastef entièrement responsable de la dangereuse dégradation du climat politique, de la montée des tensions, de la remise en cause des libertés publiques, de l'affaiblissement des institutions républicaines et de l'aggravation des difficultés économiques et sociales que subissent les populations ».
Nd. Kh. D. F












