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VIOLENCE POLITIQUE AU SENEGAL ENTRE 2021/2024 : Macky Sall suggère l’abrogation de la loi d’amnistie si les tenants du pouvoir veulent revenir sur ces événements



VIOLENCE POLITIQUE AU SENEGAL ENTRE 2021/2024 : Macky Sall suggère l’abrogation de la loi d’amnistie si les tenants du pouvoir veulent revenir sur ces événements

 
Dans sa campagne pour le poste de secrétaire général des Nations-Unies, l’ancien Président du Sénégal (2012-2024) continue de poser les jalons. Hier lundi, Macky Sall a répondu aux questions des membres de la société civile, aux Etats-Unis. Interpellé sur les événements politiques de 2021/2024, l’ancien chef de l’Etat a ouvertement accusé les dignitaires de l’actuel régime d’avoir voulu semer la violence dans le pays pour accéder au pouvoir. Quant aux accusations dont il est l’objet dans les événements politiques entre 2021 et 2024, Macky Sall parle de récit complètement en déphasage avec la réalité. Et si on s’obstine à vouloir faire la lumière sur cette crise qui a entraîné la mort de plusieurs dizaines de jeunes Sénégalais, Macky Sall demande aux tenants du pouvoir d’abroger la loi d’amnistie.
 
 
 
Candidat au poste de secrétaire général des Nations-Unies, Macky Sall déroule actuellement son planning. C’est dans ce cadre qu’il a fait face hier à certains membres de la société civile établie aux Etats-Unis. Répondant à leurs questions, l’ancien président de la République s’est largement épanché sur la crise politique que le pays a traversé sous son magistère, entre 2021 et 2024.
Insistant sur la manière démocratique par laquelle il est arrivé au pouvoir puis réélu pour un second mandat, le Président Macky Sall  déclare : «j’ai fait 12 ans au pouvoir et au terme des deux mandats constitutionnels, j’ai quitté mes fonctions sans essayer de faire un troisième mandat, alors que j’avais la majorité absolue. Si c’était mon choix, peut-être que je serai encore à la tête du Sénégal, mais j’ai choisi la démocratie», a-t-il fait savoir. Avant d’enchaîner : «j'ai, pendant ces 12 ans, fait face à des défis, dont cette violence qui est apparue de façon très grave au Sénégal. Les faits sont là, tout le monde sait ce qui s’est passé. Les gens ont voulu, profitant d'une situation particulière, utiliser la violence pour arriver au pouvoir. Ce que je ne pouvais pas accepter en tant que président de la République, parce que j'ai prêté serment de défendre les institutions de la République, de défendre la démocratie», a-t-il expliqué avant de lister les opérations de violences qui ont secoué le pays. «Ils ont brûlé des maisons de citoyens, ciblé des sièges d’organes de presse qu'on a saccagés, menacé des juges, menacé des hommes politiques, des ministres, brûlé leurs maisons, détruit les chantiers du Train express régional, les chantiers du BRT, brûlé l'Université de Dakar», renseigne-t-il, tout en mettant l’accent sur l’obligation de l’Etat à protéger ses citoyens.
 
«Les gens ont voulu profiter d'une situation particulière, utiliser la violence, pour arriver au pouvoir»
 
L’ancien chef de l’Etat signale à son auditoire qu’il y a eu des «actions terroristes sur des cars de transport public, où des personnes sont décédées». Devant une telle situation, dit-il, «la survie de la République était engagée». L'État du Sénégal a donc fait face à cette violence, «a ramené la paix et les dossiers ont été confiés à la justice», ajoute-t-il. Pour ce qui est de la loi d’amnistie, Macky Sall indique qu’il y a eu une volonté d’apaisement. «Je n’étais certes pas candidat, mais je ne voulais pas laisser derrière moi un pays détruit. Donc, il faut s’élever, il faut pouvoir pardonner. C'est ça le sens de la loi d'amnistie qui a été votée contre la volonté de mon camp. Mais j'ai agi comme chef d'État, en regardant seulement la volonté du pays. Quel était l'intérêt du Sénégal ? Ce n'était certainement pas de laisser des gens en prison, de laisser un pays en feu et de partir», dit-il.
Et la loi d’amnistie a permis, indique Macky Sall, d'effacer tout ce qui s'est passé, de libérer tous ceux qui étaient en prison. Et l’élection présidentielle a clos ce chapitre, puisque le peuple sénégalais a tranché aux urnes en donnant le pouvoir au régime de Pastef. «Ils ont participé aux élections et ils ont gagné démocratiquement. Donc c'était le choix et la volonté des Sénégalais de leur donner le pouvoir. C'est la voie royale. C'est le peuple qui donne, ce n'est pas par la rue qu'on va acquérir le pouvoir. Le Sénégal a montré la solidité de ses institutions, la démocratie ; et le modèle sénégalais a prévalu. Voilà ce qui s'est passé», a-t-il expliqué.
 
«A ceux qui  ont  l’exercice du pouvoir d’abroger la loi d’amnistie s’ils veulent revenir sur les événements»
 
L’ancien président de la République se veut néanmoins très clair.  «Maintenant il est libre à ceux qui ont l’exercice du pouvoir d’abroger la loi d’amnistie s’ils veulent revenir sur les événements. On saura qui est qui et qui a fait quoi. Mais on ne peut pas accuser le président de la République qui est au sommet de la pyramide d’être responsable de meurtres. A-t-il donné l’ordre d’aller tuer des jeunes à qui que ce soit ? C’est un récit qui est contraire à la réalité», a-t-il fulminé, avant de préciser qu’il ne devrait même pas communiquer sur cette question, puisque les faits sont amnistiés ; malheureusement, le sujet est encore sur la table. «Il y a des gens qui se sont permis de battre campagne sur le sujet en calomniant. Mais comme je suis un homme politique, j’accepte, cela fait partie du jeu. Il faut avoir la capacité de contenir toutes ces agressions, que cela soit verbal ou parfois même physique. Je suis suffisamment préparé à faire face à ce genre de situation», affirme Macky Sall qui estime que, pour le bien de tous, le Sénégal doit tourner cette page et regarder l’avenir.
A l’en croire, le Sénégal a pu dépasser cette douloureuse épreuve, contrairement à d’autres pays.
Nd. Kh. D. F
 
 
 
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