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Tous journalistes



Tous journalistes

Présentation

Jamais il n’y a eu autant de sources d’information. Jamais il n’y a eu autant de médias. Jamais il n’y a eu autant de journalistes. En vingt ans, l’internet, les chaînes de télévision tout-info puis les réseaux sociaux ont complètement bouleversé la manière dont on s’informe, la relation du pouvoir avec l’information, la hiérarchie des médias et le métier de journaliste.
Donald Trump aux Etats-Unis et Matteo Salvini en Italie fonctionnent en dénonçant les médias traditionnels et en organisant leurs propres circuits de communication. En France, les Gilets Jaunes et les controverses sur les violences policières ont révélé des systèmes d’information parallèles. Qui est journaliste ? Les mêmes droits et obligations s’appliquent-ils à ceux qui produisent une image, une vidéo ou un témoignage qu’ils mettent en ligne et aux salariés des grands médias établis?
Comment détermine-t-on la vérité si les faits ne sont plus reconnus comme le critère de base? L’objectivité reste-t-elle un but à atteindre ? Doit-on imaginer un univers où deux réalités parallèles se côtoient, selon que l’on s’informe auprès des médias traditionnels ou dans des médias alternatifs ? Nous avons invité des journalistes aux parcours différents pour débattre de la question cruciale du rôle des médias dans nos démocraties perturbées.
Une rencontre animée par Sylvie Kauffmann, éditorialiste au Monde.

Intervenants

David Dufresne. Journaliste indépendant, écrivain, réalisateur, il s’est spécialisé dans la couverture des questions de maintien de l’ordre. Pendant la crise des Gilets Jaunes il a recensé et dénoncé les violences policières sur son compte Twitter.
Ruth Elkrief. Journaliste à BFMTV où elle anime une émission politique quotidienne, elle a été en première ligne, comme beaucoup de journalistes des chaînes tout-info, dans les controverses sur le traitement médiatique de la crise des Gilets Jaunes.
Frédéric Filloux. Auteur et éditeur de la Monday Note, chronique hebdomadaire en anglais sur l’industrie des médias très suivie aux Etats-Unis, entrepreneur, professeur à l’école de journalisme de Sciences-Po passé par l’université de Stanford.
Delphine Roucaute. Rédactrice en chef adjointe du Monde.fr, elle prend une année sabbatique pour travailler dans une association d’éducation aux médias et à l’information dont Le Monde et l’AFP sont partenaires, Entre l

 

Tous journalistes ? Un trompe-l'œil dangereux

 

 

Par philippe leroyer
Tout le monde est-il électricien ? Sous-entendu, tout le monde peut-il se prévaloir de pouvoir faire ce que fait un électricien ? Evidemment non.
Tout le monde est-il chercheur en aéronautique ou en énergie nucléaire ? Sous-entendu, tout le monde est-il capable d’évaluer la qualité du travail fait par l’un de ces chercheurs ? Evidemment non.
Par contre il semblerait aujourd’hui que tout le monde soit journaliste. Tout le monde est donc capable de faire le travail d’un journaliste (dont » l’info à trois voix » est un bon exemple), et tout le monde est capable d’évaluer la qualité du travail effectué par un journaliste.
Voilà l’un des principes de base du politiquement correct de l’ultra-démocratie.
Tout le monde a son mot à dire sur tout et que l’on ne vienne surtout pas remettre cela en cause sous peine d’être taxé de censeur, d’élitiste, ou de partisan de régimes totalitaires. Voilà l’une des dérives de la liberté d’expression (qui n’existe pas réellement chez nous, je suis le premier à le déplorer).
Dérive en ce sens que nous sommes passés de » chacun a le droit de dire ce qu’il pense » (fondamental) à » l’opinion de chacun est pertinente » (faux et dangereux). Chez les journalistes, comme dans tous les domaines d’activité, il y a les bons et les moins bons. Un bon journaliste se prévaut d’une formation (qu’elle soit scolaire ou acquise sur le terrain), suit un » cahier des charges » avant de livrer son information (fiabilité de ses sources, mise en contexte(s), recherches complémentaires, objectivité ou subjectivité clairement annoncée et assumée, explication, etc...), se réfère à une éthique bien précise... Tous ces aspects manquent cruellement dans 95% des cas lorsqu’une » information » est livrée par un non-journaliste.
Cette information n’est donc, le plus souvent, absolument pas fiable. Ce qui ne veut pas dire qu’elle soit obligatoirement mensongère. Elle est juste partiale, partielle, tronquée, etc... Il n’y a qu’à lire la longue suite de messages que suscitent les articles ici. La très grande majorité ne sont que l’expression de points de vue très personnels érigés en vérités fondamentales, défendues bec et ongles, lancées à la face de ceux qui ne sont pas d’accord. Rarement objectifs, souvent étalages d’idées reçues et de préjugés. Ils sont néanmoins importants car il s’agit de l’expression de ce que chacun pense. Mais ils ne sont en rien l’équivalent d’un travail d’information.
L’exemple parfait en sont les réactions aux articles sur le gouvernement en place (pour lequel je n’ai pas voté, il est important de le signaler) : 99% vont toujours dans le même sens, quelle que soit l’info. Le gouvernement se prend les pieds dans le tapis, tout le monde se réjouit, il prend des mesures (quelles qu’elles soient), tout le monde hurle son indignation et exhorte à la vigilance, voire à la désobéissance, des sondages lui sont favorables, ils sont forcément trafiqués... Sans même revenir sur l’absence de débat (pour cela il faut deux parties en présence, ce qui fait cruellement défaut ici) qui est à la base de la démarche démocratique, il est tout de même frappant de voir, sur ce sujet, à quel point toutes les réactions peuvent être partiales, sans une seule once d’objectivité ou, souvent, de bonne foi.
Et tout cela sans même parler du fait que pour se permettre de juger un article au-delà du simple intérêt qu’il aura suscité, il faudrait reprendre tout le travail du journaliste étape par étape afin de pouvoir en évaluer la qualité et la pertinence. Qui le fera ?
Enfin, n’oublions pas un aspect que personne ne soulève jamais. En défendant l’idée qu’il est important que chacun puisse donner son opinion et qu’elle soit prise en considération, l’on prend comme base que chaque voix est équivalente, principe démocratique de base. Or TF1 (tellement critiquée) fait beaucoup plus d’audience qu’Arte. Voici vend beaucoup plus (il me semble) que tout hebdomadaire d’information. Si chacun a son mot à dire sur tout, la majorité l’emporte sur tout, logique. Lorsque tous les médias s’aligneront sur cette politique d’ultra-démocratie, ils s’aligneront de facto sur TF1 et Voici.
Et ceux qui auront tant défendu cette ultra-démocratie au nom de l’amélioration qualitative de l’information (entre autres) n’auront plus que leurs yeux pour pleurer. Je n’ai évidemment (et hélas) pas la solution au problème que pose la qualité (au sens large) de l’information. Mais l’ultra-démocratie est une très mauvaise bonne idée, contre-productive et dangereuse.
admin


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