Devant les députés réunis à l’Assemblée nationale du Sénégal, Cheikh Niang, ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, a pris la parole avec gravité sur la détention des supporters sénégalais au Maroc. Qualifiant la protection des compatriotes à l’étranger de « devoir sacré », le chef de la diplomatie a promis une mobilisation totale de l’État pour obtenir une issue favorable à ce dossier sensible.
Face aux députés réunis à l’Assemblée nationale du Sénégal, le ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang, a longuement évoqué la situation des supporters sénégalais incarcérés au Maroc depuis la finale de la Coupe d’Afrique des nations. Il assure que l’État suit le dossier « avec attention et diligence », tout en misant sur la solidité des relations sénégalo-marocaines pour obtenir une issue favorable.
Devant la représentation nationale, le chef de la diplomatie sénégalaise a d’abord tenu à souligner la gravité du sujet. Selon lui, la situation des compatriotes détenus au Maroc « retient légitimement l’attention du peuple sénégalais » et suscite une émotion compréhensible.
Le ministre a rappelé que la protection des Sénégalais établis à l’étranger constitue « une obligation fondamentale de l’État », engageant à la fois sa responsabilité juridique, la solidarité nationale et une exigence morale : « ne jamais abandonner un de nos concitoyens face à l’épreuve ».
Il a également révélé que le dossier fait l’objet d’un suivi constant au plus haut sommet de l’État, affirmant être régulièrement interpellé par le président de la République et le Premier ministre sur l’évolution de la situation.
Un suivi diplomatique permanent
Sur le terrain diplomatique, Cheikh Niang assure être en contact quasi quotidien avec son homologue marocain. L’ambassadeur du Sénégal à Rabat ainsi que le consul général à Casablanca sont mobilisés pour suivre de près la situation des détenus.
Le ministre insiste sur plusieurs points : l’accès consulaire aux ressortissants ; le suivi des conditions de détention ; l’assistance juridique assurée par l’avocat commis dans l’affaire ; le respect des conventions internationales et des usages diplomatiques.
Il a évoqué les lenteurs constatées, notamment en raison d’une grève des avocats au Maroc, tout en estimant que la qualité des relations bilatérales « ne devrait pas permettre de voir cette situation perdurer aussi longtemps ».
Préserver une relation « spéciale »
Au-delà du cadre judiciaire — qu’il rappelle relever de la souveraineté marocaine — le ministre a tenu à replacer le dossier dans une perspective historique et politique plus large.
« Nous devons éviter que 120 minutes de jeu gaspillent des siècles d’amitié et des décennies de coopération », a-t-il déclaré, en référence à la finale de la Coupe d’Afrique des nations opposant le Sénégal au Maroc.
Les relations entre Dakar et Rabat sont décrites comme profondément enracinées, antérieures même à l’indépendance du Sénégal. Le gouvernement sénégalais appelle ainsi les autorités marocaines à prendre en compte « le caractère spécial » de cette coopération.
Vers une issue prochaine ?
Tout en respectant la souveraineté du Maroc et l’indépendance de son pouvoir judiciaire, Cheikh Niang affirme espérer une concrétisation rapide des assurances reçues de la partie marocaine, notamment par la libération des compatriotes détenus.
« La politique englobe tout », a-t-il glissé, laissant entendre qu’une solution diplomatique demeure possible.
Le gouvernement sénégalais promet, en tout état de cause, de poursuivre le suivi du dossier « avec vigilance et détermination », jusqu’à sa résolution complète.
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