Le projet de loi n°21/2025, autorisant la ratification de la convention d’extradition entre le Sénégal et la Gambie, a été examiné hier par les députés. Mais que de questions avant son adoption par les députés.
L'Assemblée nationale a ratifié hier plusieurs conventions internationales signées avec la Gambie. Les députés en ont profité pour interpeller le ministre des Affaires étrangères sur plusieurs questions qui touchent au devenir de notre Nation. C'est Tahirou Sarr, d'abord, qui se lance pour attirer l'attention du ministre des Affaires étrangères sur l'absence d'avocats et de magistrats dans les consulats. "Si nous avions des consulats avec des avocats, le dossier n'aurait pas atteint un certain niveau. Il aurait été géré autrement", a dit Tahirou Sarr.
Fodé Mané, lui, évoque l’Espagne. "L'Espagne a décidé de régulariser exceptionnellement beaucoup de nos compatriotes qui attendaient cette opportunité. Faisons en sorte de rendre disponible les talons, pour que les Sénégalais qui sont dans la liste puissent avoir leurs documents", a plaidé le député.
Alioune Ndao corrige Tahirou Sarr et le ministre
L'ancien procureur Alioune Ndao a corrigé Tahirou Sarr et le ministre. Selon l'ancien magistrat, contrairement à ce que dit Tahirou Sarr, il est bien possible d'envoyer des magistrats dans les ambassades. La preuve, selon ses dires, "au Sénégal, en ce moment, à l'ambassade de France, il y a ce qu'on appelle des magistrats de liaison qui suivent tous les dossiers judiciaires à travers le pays".
S'agissant de l'erreur du ministre qui disait dans ses réponses dans le rapport que la procédure d'extradition est une procédure exclusivement judiciaire, Alioune Ndao dit qu’en fait, la procédure d'extradition est mixte : il y a une partie relevant de la justice, mais il y a une partie relevant de l'administration, notamment le président de la République qui prend un décret d'extradition.
Cas des supporters qui luttent au Maroc contre la justice
Les députés ont traité du cas de nos compatriotes arrêtés au Maroc, le jour de la finale de la coupe d'Afrique des nations 2025. Pour Maimouna Bousso, c'est inadmissible. "La coupe ne peut pas continuer à faire le tour du pays pendant que nos compatriotes sont à l'ombre et on ne sait dans quelles conditions. La beauté de cette coupe est en train d'être enfermée par l'emprisonnement de ces compatriotes. Il faut que ces Sénégalais reviennent parmi nous".
Guy Marius Sagna a évoqué le cas des supporters, mais aussi l'obtention de documents pour nos compatriotes à l'étranger. Guy Marius Sagna parle de "mafia" et appelle le ministre à avoir à l'œil sur certains des membres de son département qui demandent de l'argent à leurs compatriotes pour leur délivrer les documents administratifs dont ils besoin.
Babacar Ndiaye: "dans un pays normal, Macky n'aurait pas quitté ; c'est Rebeuss sa place"
L’affaire Macky Sall et sa candidature présumée aux Nations-Unies s'est aussi invité dans les interventions. C'est Barane Fofana qui a agité la question, pour remercier les Sénégalais de leur soutien pour cette candidature. Prenant la parole, le député Babacar Ndiaye de Pastef a été très critique. "La place de Macky Sall, ce n'est pas les Nations-Unies. Sa place, c'est Rebeuss", a déclaré Babacar Ndiaye. Avant d'ajouter : "dans un pays normal, Macky Sall n'aurait pu prendre un avion pour quitter ce pays. Dans un pays normal, il devait être placé en résidence surveillée, afin de procéder à l'ouverture d'une enquête pour les gens qu'il a tués, torturés, blessés", cogne Babacar Ndiaye.
Ayib Daffé sur la candidature de Macky : "pourquoi on en débat ?"
Pour Ayib Daffé le sujet n'a même été débattu au sommet de l'Union Africaine. "Pourquoi les gens en font un sujet’’, demande-t-il. "Quelque chose qui n'existe pas, pourquoi on n'en débat ? Je ne comprends pas. Vraiment, il faut qu'on soit sérieux. Qu'on débatte de sujets réels, concrets. Mais de fausses candidatures ; des candidatures cachées comme une dette cachée, non. Je ne vois pas l'utilité pour les Sénégalais".
Fatou DIOP













