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SUCCESSION D’ANTONIO GUTERRES : Ces positions américaines qui avantagent Macky Sall



 

Dans une tribune publiée le 24 avril courant, Africa Intelligence annonçait les rapprochements de Macky Sall à l’administration Trump, à qui il aurait déjà présenté sa candidature pour un soutien. Jusqu’à  ce jour, les Américains n’ont montré un soutien explicite à aucun candidat. Toutefois, contrairement à l’Onu qui appelle à une rotation régional et une candidature féminine de surcroît, les Usa ont adopté une position plus ouverte, ce qui pourrait avantager des candidats comme Macky Sall.

 

Le mandat d’Antonio Guterres expire à la fin de cette année. La course à sa succession renferme beaucoup de surprises derrière les chocs des exigences des grandes puissances et des blocs régionaux. Mais l’on remarque déjà que les souhaits des Usa pour des candidatures moins restrictives ont redistribué les chances à l’unique profil non sud-américain que représente Macky Sall.

À travers les prises de position des Usa au Conseil de sécurité et la ligne politique portée par l’administration de Donald Trump, les États-Unis défendent une lecture plus restrictive et fonctionnelle du rôle de l’Onu. Washington plaide pour un recentrage clair sur la mission fondatrice de l’Organisation : le maintien de la paix et de la sécurité internationales. Dans cette perspective, l’Onu est jugée trop complexe, trop coûteuse et parfois dispersée dans des priorités considérées comme secondaires. Les États-Unis insistent donc sur la nécessité de réformer en profondeur le système onusien, en renforçant la transparence, la discipline budgétaire et la capacité d’évaluation des résultats, notamment dans les opérations de paix.

 

Les exigences “antisystèmes” de Washington

 

Cette orientation s’accompagne d’une remise en question du mode traditionnel de désignation du secrétaire général. Le système actuel repose sur des équilibres informels intégrant la rotation régionale, des considérations politiques entre blocs et, plus récemment, des appels à une représentation de genre. Washington remet en cause cette architecture implicite et défend une approche ouverte à tous les candidats, fondée exclusivement sur le mérite, les compétences et la capacité de réforme. Cette logique introduit une rupture avec les pratiques diplomatiques établies et s’inscrit dans une vision plus compétitive et globale du multilatéralisme.

 

Parlementaires républicains contre Bachelet

 

Cette évolution ne se limite pas aux déclarations de principe. Elle se traduit également par des positions politiques concrètes. Dans une lettre adressée au secrétaire d’État Marco Rubio, plusieurs parlementaires républicains ont appelé les États-Unis à s’opposer à la candidature de Michelle Bachelet. Ancienne présidente du Chili et ex-haute-commissaire aux droits de l’homme, elle est pourtant considérée dans les équilibres onusiens traditionnels comme une candidate solide, notamment au regard de la rotation régionale favorable à l’Amérique latine et des attentes liées à une candidature féminine.

Les signataires estiment cependant que son profil ne correspond pas aux priorités actuelles de Washington, critiquant notamment ses positions sur les droits reproductifs et son approche du système des droits humains de l’Onu. Cet épisode illustre un durcissement de la position américaine : il ne s’agit plus seulement de définir des critères généraux, mais d’intervenir directement dans la sélection des profils jugés compatibles avec la vision américaine d’une Organisation recentrée sur la souveraineté des États et la neutralité institutionnelle.

 

La logique de rotation régionale fragilisée

 

Dans ce contexte, la logique traditionnelle de rotation régionale et d’équilibres politiques apparaît fragilisée. La compétition pour le poste de secrétaire général s’oriente de plus en plus vers une dynamique ouverte, où les critères de performance, d’efficacité et de capacité de gestion prennent le dessus sur les considérations géopolitiques classiques.

C’est dans cet environnement que la candidature de Macky Sall s’inscrit. Malgré le fait qu’il ne provienne pas du groupe régional favorisé dans la rotation du poste, notamment l’Amérique latine, son profil s’insère dans la nouvelle logique de sélection mise en avant par plusieurs acteurs, au premier rang desquels les États-Unis. Bien que les Usa ne soient pas le seul pôle à influencer cette élection, leur choix pourrait être décisif dans cette course.

 
Positionnement diplomatique équilibré
 

Le plus jeune des candidats en lice, son expérience et son rôle dans les dynamiques africaines peut lui valoir des atouts dans un contexte où la capacité de gestion et de médiation est mise en avant. À cela s’ajoute un positionnement diplomatique caractérisé par des relations équilibrées avec plusieurs pôles d’influence: Union Européenne ou le  monde arabe, sans oublier une trentaine de pays africains qui auraient exprimé un soutien à sa candidature, illustrant une volonté croissante de voir le continent peser davantage dans la gouvernance mondiale.

A.K

 
 
 
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