En 2025, la Centif a traité 203 déclarations d’opérations suspectes et produit 103 rapports dont 37 transmis au procureur du Pool judiciaire financier (Pjf). Au total, la Centif a enregistré sur la période sous revue, 866 déclarations d’opérations suspectes (Dos) contre 928 en 2024, soit une baisse de 6,7%. 679 déclarations suspectes liées à la fraude ont été enregistrées, soit 60% des infractions.
La Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) a initié hier une séance d’échanges avec les professionnels des médias à l'occasion de la présentation de son Rapport d’activités 2025. Ainsi, le rapport annuel présenté par la secrétaire générale, Khadidjatou Fayez Fall Diop révèle qu’en 2025, la Centif a enregistré 866 déclarations d’opérations suspectes ou de soupçon (Dos) contre 928 en 2024, soit une baisse de 6,7%. A l’en croire, cette baisse ne remet pas en cause la dynamique globale observée sur la période. En effet, le niveau des déclarations demeurant supérieur de 7,3% à celui de 2023 avec 807 déclarations de soupçon. Ce qui traduit, de l’avis de Mme Diop, une stabilisation de l'activité déclarative à un niveau élevé.
Le secteur bancaire en tête avec 648 déclarations de soupçon émises
Suivant la répartition des déclarations reçues en 2025 par type d'assujetti, le secteur bancaire domine largement. En effet, les banques et établissements financiers demeurent les principaux déclarants, avec 648 Dos émises. Une prédominance qui s'explique par leur exposition élevée aux flux financiers, la maturité de leur dispositif de conformité et leur rôle central dans la détection des opérations atypiques. Ils sont suivis par les établissements de monnaie électronique et les opérateurs de transfert d'argent, qui concentrent respectivement 8,66% (75 Dos) et 8,54% (74 Dos), illustrant la montée en puissance des services financiers digitaux et leur exposition croissante aux risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. Les institutions de microfinance ou systèmes financiers décentralisés (Sfd) représentent quant à eux 6,70% des déclarations (58 Dos), confirmant leur contribution progressive au dispositif déclaratif. Il y a lieu également de souligner les efforts des autres catégories d'assujettis (notaires, assurances, agents immobiliers, casinos et établissements de jeux).
679 déclarations liées à la fraude enregistrées en 2025
Si, en en 2024, la fraude demeure l'une des catégories d'infractions les plus fréquemment déclarées, avec 554 Dos ; cette tendance s'est poursuivie et accentuée en 2025, où 679 déclarations liées à la fraude ont été enregistrées, soit 60% des infractions qui sont au nombre de 1120. Cela confirme la centralité de cette «infraction» dans les schémas de blanchiment détectés et la capacité accrue des assujettis à identifier les opérations frauduleuses complexes. Les fraudes les plus usinées sont les fraudes et tromperies, les fraudes liées à l’Etat et à la gestion publique, les fraudes fiscales et parafiscales, les fraudes financières, bancaires et moyens de paiement, la cyberfraude, etc. En seconde position, il y a le faux usage de faux avec 84 déclarations (8%) en 2025 contre 16 déclarations en 2024. La corruption arrive en troisième position et représente 77 déclarations de soupçon ((7%) contre 138 déclarations en 2024 soit une baisse de (-44%).
Ensuite les infractions fiscales avec 76 déclarations en 2025 contre 73 en 2024. Les infractions à la réglementation des changes ont connu une progression passant de 66 en 2024 à 71 Dos en 2025. La participation à un groupe criminel organisé ou à un racket représente 45 déclarations et le détournement de fonds par des personnes exerçant une fonction publique 30 déclarations. En effet, selon le rapport, une hausse continue est notée depuis quelques années du nombre de dossiers transmis en lien avec la criminalité organisée. 23 déclarations concernent le terrorisme et le financement du terrorisme, etc.
28,2 millions de transactions en espèces en 2025
En 2025, le nombre de déclarations de transactions en espèces s’est établi à 28.225.541 (Dte) contre 42.735.186 (Dte) en 2024, soit une baisse de 34%. Cette baisse s’explique par un changement de comportement des utilisateurs qui utilisent de moins en moins les espèces ; facilités par l’offre de nouveaux produits permettant la distribution d’unités de monnaie électronique à partir de comptes bancaires. Les établissements de monnaie électronique concentrent à eux seuls l'essentiel des transactions enregistrées en 2025, avec 26.702.464 opérations soit près de 95% des Dte. Les banques et établissements financiers arrivent en deuxième position, avec 1.504.912 transactions. Les transactions en espèces en 2025 ont été soutenues et régulières durant toute l’année, avec des volumes mensuels oscillant globalement entre 2 et 3 millions de transactions et un pic observé au mois de septembre (3.025.804 transactions).
La Centif a adressé 40 demandes d’informations à l’étranger et en a également reçu 21
Suite aux réquisitions ou demandes d’informations adressées aux entités nationales, la Centif a enregistré 2322 réponses avec une forte prédominance des institutions financières qui ont fourni 2144 réponses, soit 92% du total des réponses ; 143 réponses (6%) ont été reçues de l’administration publique, etc. En outre, 41 demandes d’informations nationales émanent des services de sécurité et de contrôle de l’Etat ont été traitées. Les requérants sont entre autres la Gendarmerie (18 demandes), la Police (16 demandes), etc. Dans le cadre de la coopération internationale, la Centif a adressé 40 demandes d’informations à l’étranger et en a également reçu 21 de leur part.
La Centif a traité 203 déclarations suspectes et transmis 37 rapports au Pjf
Au cours de l’exercice 2025, la Centif a finalisé le traitement de 203 déclarations d’opérations suspectes et produit 103 rapports. S'agissant des décisions de la Commission d'examen, 37 rapports portant sur 95 déclarations d’opérations de soupçon (Dos) ont été transmis au Pool judiciaire financier (Pjf). En effet, il s’agit de dossiers présentant des indices graves et concordants de blanchiment de capitaux. La Centif a aussi procédé au classement de 37 rapports, correspondant à 45 Dos, car les éléments recueillis n'ont pas permis de caractériser suffisamment les faits. Cependant, ces déclarations classées peuvent faire l'objet d'une réévaluation ultérieure, si des éléments nouveaux concernant leurs intervenants venaient à être portés à la connaissance de la Centif. La Centif a également demandé la poursuite d'investigations pour 12 rapports concernant 37 Dos, afin de recueillir des informations complémentaires nécessaires à l'approfondissement des analyses. En plus de 17 disséminations à différentes administrations et autorités compétentes, notamment la Dgid (12), la Bceao (2), la Direction de la Monnaie et du Crédit (2) et la Direction de la Police judiciaire (1).
M. CISS












