Baye Modou Fall alias Boy Djiné s'est collé une troisième procédure. Déjà qu’il en a deux qui sont pendantes devant la chambre criminelle et pour lesquelles il est sous mandat de dépôt depuis 2023, il a été conduit hier devant le tribunal des flagrants délits de Dakar pour une affaire d'introduction de téléphones portables contenant une grande qualité de vidéos et photos pornographiques entre autres objets. L’affaire, évoquée hier, mercredi 1er juillet 2026, a été renvoyée pour le 15 juillet prochain afin qu'il soit extrait de prison.
Déjà sous le coup de deux procédures toujours pendantes devant la chambre criminelle et qui lui valent présentement deux mandats de dépôt à la prison du Camp pénal de liberté 6, Baye Modou Fall alias Boy Djiné fait encore l'objet d'un troisième mandat de dépôt depuis le 29 juin 2026. Cette fois-ci, il est inculpé pour des faits de détention de moyens de communication en milieu carcéral et de complicité d'introduction d'objets en milieu carcéral. Pour cette affaire, l'homme aux multiples évasions devait être jugé, hier, mercredi, 1er juillet 2026, mais son audience a été renvoyée au 15 juillet prochain pour son extraction.
Pour ce dossier, le pensionnaire de la chambre isolée numéro 1 de la prison du Camp pénal, au cours de la fouille de sa cellule, a été retrouvé en flagrant avec 2 téléphones de marque Samsung et Tecno, une carte mémoire ainsi que d'un port de carte mémoire. Entendu, il avait reconnu en être le propriétaire. Et quand il a été interrogé sur la manière dont il a introduit ses objets en prison, Boy Djiné a révélé aux enquêteurs avoir acheté le téléphone portable de marque Samsung à l'extérieur avant qu'il ne le fasse introduire frauduleuse dans les locaux. Par rapport à l'autre portable de marque Tecno, il a attribué la paternité à un ex-détenu dénommé Alpha Yaya Barry qui, selon lui, l'avait laissé dans la prison du fait de sa non fonctionnalité. Mais, pour ce qui est de la carte mémoire, il a dit qu'elle lui appartient. Mieux encore, Boy Djiné a confié que l'administration pénitentiaire est au courant du fait que ladite carte était en sa possession. Mieux, il a affirmé que beaucoup de téléphones entrent en complicité avec les gardes pénitentiaires à qui ils paient 40.000 F Cfa.
Boy Djiné accuse des agents pénitentiaires sur les téléphones
Néanmoins, il a refusé de donner l'identité et l'adresse de son complice. "Je n'ai aucun complice et ce n'est pas à moi de vous lister les noms des pénitentiaires car ici tout le monde sait ce qui se passe", a-t-il dit sur le procès-verbal d'enquête. Par ailleurs, il a confié être détenteur dudit portable depuis le mois de mai 2026. S'agissant des raisons qui l'ont poussé à se procurer cet appareil téléphonique et des autres objets en milieu carcéral, il déclare : "c'est vrai qu’il interdit d'en détenir en prison, mais, ici, tout le monde détient un téléphone portable ; en plus lorsqu'ils sont découverts par les agents, aucun détenu n'est réprimandé. L'administration récupère juste le téléphone. Je suis en isolement donc je suis seul et le téléphone est le seul outil qui me permet d'exister, mais aussi de parler à mes proches. Concernant la carte mémoire, elle m'a été remise sur autorisation de l'administration. L'administration utilise des mesures sévères contre moi par le simple fait que je m'appelle Boy Djiné, alors que je n'ai rien fait".
Une grande quantité de photos et de vidéos pornographiques dans le téléphone
Après l'étape de son audition, les agents interpellateurs ont procédé à l'exploitation du téléphone Android de Baye Modou Fall. Ainsi, l'examen de l'application "galerie" a montré de nombreuses vidéos et photographies datant majoritairement en 2023. Une grande partie de ces contenus selon l'enquête est à caractère pornographique.
L'application "Wave", également installée sur le téléphone, a fait l'objet d'une analyse numérique qui n'a révélé aucun élément significatif, hormis deux dépôts d'argent d'un montant de 10.000 Cfa chacun provenant des numéros de téléphones identifiés aux noms de Samba Ndiaye et Cheikh et qui ont été transférés au cours de ce mois. L'enquête a aussi révélé que l'analyse numérique de l'application "WhatsApp", également installée sur le portable de Baye Modou Fall, a permis de constater que le mis en cause entretient des échanges fréquents avec des personnes se trouvant à l'extérieur. Les policiers ont quand-même déclaré que l'examen des conversations WhatsApp n'a révélé aucun élément présentant un intérêt particulier pour l'enquête. Il en est de même de l'application "Messagerie", dont l'analyse n'a permis de mettre en évidence aucun élément significatif.
Fatou D. DIONE












