Hier à Washington DC, le Directeur sortant du département Afrique, Abebe Aemro Selassie est revenu sur la situation du Sénégal et sur ce que le Fonds attend toujours de Dakar.
C’était le tour de la région Afrique aux réunions de printemps des institutions de Bretton Woods. Le Directeur du département Afrique, accompagné de notre compatriote Amadou Sy, son adjoint, a briefé la presse sur la situation globale en Afrique subsaharienne et par pays. Pour le Sénégal, le Fonds dit être toujours en discussion et attendre des propositions concrètes et faisables. «Nous avons voulu prendre du temps et laisser au gouvernement du Sénégal le temps d’élaborer une stratégie de programme qui soit crédible, finançable et qui évite trop d’austérité pour le peuple sénégalais», a déclaré Abebe Selassie. Selon lui, cette étape demande beaucoup d’efforts et de réflexion de la part des autorités sénégalaises pour s’assurer que la stratégie choisie pourra réellement être soutenue sur le long terme.
Des perspectives de croissance qui passent de 3% à 2,2%
Rappelons que le Sénégal avait refusé une proposition de restructuration de la dette de la part du Fmi, selon le Premier ministre Ousmane Sonko. Une dette qui oscille désormais entre 118% et 132% du Pib. De même, dans son rapport du mois d’avril, le Fonds a revu à la baisse les prévisions de croissance : le pays voit ses perspectives pour 2026 passer de 3% à 2,2%. Une tendance constatée dans la plupart des pays de la région subsaharienne, dont la croissance a également été révisée de 4,3% à 4%. Le Fmi a expliqué cette révision à la baisse notamment par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient.
Le marché sous-régional comme bouée de sauvetage
Dans ce contexte de tension sur les marchés internationaux, le Fmi reconnaît que le marché financier sous-régional a été une «source d’aide» vitale pour le pays, notamment via les prêts et obligations au sein de la zone Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), ajoutant qu’«il n’a absolument aucune opinion ou aucun point de vue à exprimer sur cela».
Le Fonds veut éviter l’austérité brutale
Face à l’urgence, le Fmi affirme ne pas vouloir imposer une thérapie de choc qui étoufferait la population. L’objectif est de construire une stratégie qui protège les acquis sociaux. Tobias Adrian, conseiller financier du Fmi, rappelle toutefois la règle d’or : «la viabilité de la dette et la position budgétaire sont certainement très fondamentales dans nos programmes.»
Le Fonds privilégie désormais la délibération prudente plutôt que de se précipiter vers des solutions irréversibles, laissant au gouvernement le temps nécessaire pour stabiliser sa trajectoire budgétaire sur des bases saines.
Ahmadou KANE
(Correspondant permanent à New York)
La Directrice générale du Fmi annonce une demande de financement comprise entre 20 et 50 milliards de dollars
La Directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, a ouvert une fenêtre d’espoir pour le Sénégal lors de ces rencontres du printemps du Fmi. Elle a évoqué une demande de financement comprise entre 20 et 50 milliards de dollars et la mise en place de nouveaux programmes pour une douzaine de pays, dont plusieurs en Afrique subsaharienne. Elle laisse entrevoir la possibilité pour Dakar de s’inscrire dans cette dynamique. La coordination annoncée avec le Groupe de la Banque mondiale et l’Agence internationale de l’énergie renforce l’idée qu’un appui structuré et concerté pourrait émerger, à condition que les autorités sénégalaises présentent une stratégie jugée crédible et soutenable.
AK












