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Le procès Khalifa Sall contribue à mettre en exergue les sujets politiques



Dakar, 3 jan (APS) - Le procès pour malversations présumées du maire de Dakar Khalifa Sall, qui reprend ce mercredi après avoir été renvoyé à l’issue d’une audience préliminaire tenue le 14 décembre dernier, fait partie des sujets les plus en vue dans la livraison du jour de la presse quotidienne.


’’Khalifa et Cie retournent à la barre ce matin’’, affiche ainsi Vox Populi, en allusion au maire de Dakar et à ses co-accusés dans l’affaire dite de la ’’caisse d’avance’’ de la municipalité de la capitale, pour laquelle l’édile est poursuivi pour un ’’détournement de fonds’’ portant sur 1,8 milliard de francs CFA. 

’’Le procès du maire de Dakar reprend aujourd’hui en audience spéciale. Celle-ci pourrait toutefois déboucher sur un nouveau report puisqu’un nouveau juge, Malick Lamotte, président du Tribunal de grande instance de Dakar, prend la place de Magatte Diop’’, précédemment désigné, rapporte Enquête.

’’Malick Lamotte à la rescousse’’, peut-on ainsi lire à la Une du quotidien L’As, ’’Un changement inattendu, mais qui évite ainsi à l’ancien président de l’UMS (Union des magistrats du Sénégal) une récusation certaine’’, la hiérarchie ayant "eu vent de la décision de la défense de récuser le juge Magatte Diop’’, selon le journal.

’’Ainsi donc ont-ils décidé de couper l’herbe sous les pieds des avocats du maire de Dakar’’ avec la désignation de Malick Lamotte’’, poursuit L’As.

’’Très conciliant et serein’’, note le même quotidien, ce dernier s’était ’’tout dernièrement illustré lors du procès d’Imam Ndao et de ses 28 co-accusés poursuivis pour terrorisme’’.

L’Observateur croit de toutes les façons savoir que Khalifa Sall et ses avocats ’’sollicitent un report de 2 mois’’ de son procès, ajoutant que les conseils de l’édile ont envoyé deux listes de témoins au président de la deuxième chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Dakar qui a désormais ce dossier en charge, ’’pour débattre de la caisse d’avance de la mairie de Dakar’’.

’’Une première liste de 62 témoins composés d’anonymes et une seconde liste où sont cités Ousmane Tanor Dieng, Idrissa Seck, Pape Diop, Mamadou Diop...’’, poursuit L’Observateur.

Un point d’actualité en lien avec ce procès, plusieurs quotidiens, parmi lesquels Tribune, se font l’écho d’une lettre du président de l’Association des maires du Sénégal (AMS) Aliou Sall à son homologue de Paris Anne Hidalgo, qui a renouvelé son soutien à Khalifa Sall.

Aliou Sall, maire de Guédiawaye, une commune de la grande banlieue dakaroise, ’’embouche la trompette de l’ingérence étrangère’’, écrit ce journal, alors que Libération estime que le frère du président Macky Sall ’’taille en pièces Anne Hidalgo’’.

’’Dans une correspondance adressée à Anne Hidalgo, maire de Paris, ce mardi 2 janvier, Aliou Sall, en tant que président de l’Association des maires du Sénégal (AMS), s’est plaint d’une intrusion dans les affaires intérieures’’ sénégalaises, écrit le journal, 

’’Les sorties récentes de Mme Hidalgo, la mairesse socialiste de Paris, plaidant en faveur de son homologue Khalifa Sall, l’édile socialiste de Dakar, dans les liens de la prévention, ont fait réagir, hier’’ mardi, l’association des maires du Sénégal (AMS), signale le quotidien Le Soleil.

Il ajoute que cette dernière, ’’par la voix de son président, Aliou Sall, a rappelé les +principes sacrés+ républicains qui régissent l’Etat de droit et +fécondent son esprit et son intangibilité+’’.

Sans vraiment s’écarter de ce principal sujet, le journal Le Quotidien revient sur l’exclusion samedi dernier de Khalifa Sall et de 64 autres membres du Parti socialiste, dont plusieurs responsables considérés comme des proches ou soutiens du maire de Dakar.

Ils sont considérés comme des ’’dissidents’’ réfractaires à la ligne politique actuelle du PS prônant un soutien plus accru au pouvoir dans le cadre de la coalition présidentielle Bennoo Bokk Yaakaar (BBY).

’’Le patron des socialistes a mis en avant les responsabilités des bannis du PS et leur démarche fractionniste lors des législatives du 30 juin dernier’’, lors desquelles Khalifa Sall a été fait tête de liste de l’une des principales coalitions de l’opposition, rapporte Le Quotidien.

Selon le journal, le secrétaire général du PS, Ousmane Tanor Dieng a également retenu ’’le rassemblement de Kaolack où +265 membres+ du comité central, d’après les partisans du maire de Dakar, étaient présents’’, pour lancer la vente des cartes de membre du PS et proposer un candidat à la future présidentielle prévue en 2019.

’’Une réunion qui semble rester en travers de la gorge de Tanor’’, commente Le Quotidien. Ce qui a amené, selon L’Observateur, le SG de la formation socialiste et son camp à passer "à l’acte. Sans pitié, le bureau politique du PS a exclu’’ ces 65 responsables socialistes. 

’’Le flou avant la tempête des pro-Khalifa’’, analyse L’Observateur. ’’Pour les pro-Khalifa qui attendent d’être notifiés, cette décision est nulle et non avenue’’. Ils ’’comptent poursuivre le combat et n’écartent pas de matérialiser leur cadre de bataille’’, ajoute ce journal.

D’une certaine manière, estime Walfquotidien, Tanor Dieng balise la voie à Macky Sall, comme Niasse du reste, qui a interdit d’ambition Malick Gackou, l’ancien numéro deux de l’Alliance des forces de progrès (AFP), le parti de l’actuel président de l’Assemblée nationale, à l’image de la situation de Khalifa Sall au PS, selon le journal.

’’Le libéral Macky Sall n’aura pas eu besoin de se salir les mains pour liquider de potentiels challengers à la prochaine élection présidentielle de 2019. Ses alliés socialistes se sont chargés à coeur-joie de freiner l’ambition de leurs jeunes gardes dont ils n’ont pu neutraliser les ambitions’’, écrit Walfquotidien. 
 
 
BK/PON

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