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LE CHOIX CHEF DE L’OPPOSITION GRIPPE ENCORE LE DIALOGUE POLITIQUE : La majorité «vote» Idy, la société civile démonte les arguments avancés, l’opposition reste toujours sans position



LE CHOIX CHEF DE L’OPPOSITION GRIPPE ENCORE LE DIALOGUE POLITIQUE : La majorité «vote» Idy, la société civile démonte les arguments avancés, l’opposition reste toujours sans position
A moins d’un forcing du pouvoir pour désigner un chef de l’opposition, la question achoppe toujours. Elle a été débattue hier, mais elle reste sans solution. Fatigués de discuter du mode de désignation et des critères pour savoir qui doit devenir le patron de l’opposition, les plénipotentiaires ont tout simplement décidé de laisser cette question de côté et de passer à autre chose.

C’est sûr, il n’y aura aucun consensus sur la question du chef de l’opposition.

Le pouvoir «vote» Idy

Hier encore, l’opposition a réaffirmé sa position consistant à dire qu’elle n’avait pas de…position sur cette question de mode de désignation du chef de l’opposition. Pour la majorité, on est dans un régime présidentiel ; par conséquent, ce sont les résultats de l’élection présidentielle qui doivent déterminer le chef de l’opposition. Si on suit leur logique, c’est à Idrissa Seck que le poste devrait échoir. Une manière de voter pour Idrissa Seck et contre le Pds. Ce à quoi beaucoup de plénipotentiaires se sont catégoriquement opposés.

Ces arguments-massues qui détruisent l’argument du candidat arrivé 2e à une Présidentielle comme chef de l’opposition

Pour ces derniers, les arguments avancés par la majorité sont insuffisants et impertinents. Des membres de la société civile de demander si un candidat indépendant arrive deuxième (2e) à une élection présidentielle, peut être considéré comme le chef de l’opposition. Une manière de démontrer que le seul critère avancé par la majorité ne peut pas suffire pour désigner le chef de l’opposition. Pour ces membres de la société civile, en plus du régime (ici présidentiel), il faut le mode d’élection, des critères de représentativité….
Pour toujours battre en brèche les arguments de la majorité, des plénipotentiaires ont émis une autre hypothèse : si le candidat arrivé deuxième (2ème) à une élection présidentielle est élu chef de l’opposition et que six mois après, il arrive quatrième (4ème) à l’issue des élections législatives, quel devrait être son sort ? «Il reste toujours chef de l’opposition ou c’est celui qui a dirigé la liste arrivée 2e lors des législatives qui est considéré comme le chef de l’opposition ?», ont-ils demandé.
La même interrogation peut être faite avec le parti qui se retrouve avec plus de maires, de conseillers municipaux ou de conseillers départementaux. Des arguments-massues qui ont ébranlé quelque peu la conviction de certains membres de la majorité.

Aucun consensus trouvé, les débats sur le statut de l’opposition s’ouvrent aujourd’hui

Et finalement, aucun consensus n’a pu être trouvé. Pour sa part aussi, l’opposition a mis son veto en disant qu’elle n’était pas d’accord sur les propositions et qu’elle invite à constater le désaccord. En fin de compte, ils sont tombés d’accord qu’il n’y avait pas de consensus sur cette question du chef de l’opposition.
Et puisqu’il commençait à se faire tard, les «dialogueurs» ont demandé à lever la séance et à reprendre aujourd’hui pour avancer et discuter du «statut» de l’opposition et le point concernant la rationalisation du calendrier républicain.

Un conseiller qui démissionne de son parti perd son mandat : consensus sur le principe, mais la réflexion se poursuit

Auparavant, deux sous-points sur le cadre permanent du dialogue et le suivi du processus électoral ont été discutés. Comme dans le rapport on parlait d’Observatoire de la démocratie et de la politique, ils ont fait une formulation en s’accordant sur le fait qu’ils vont l’appeler maintenant «Cadre permanent de concertations politiques» qui devrait suivre les questions, le suivi, l’application du dialogue politique et faire même des concertations avant que les conflits ne surviennent. Ils ont aussi débattu de la transhumance au niveau local (des assemblées au niveau local), puisque c’est déjà réglé au niveau de l’Assemblée nationale. Et c’est sur proposition de l’opposition que ce qui se passe au niveau national (à l’Assemblée nationale, un député démissionne de son parti perd son mandat) soit appliqué à la base. Quand un député-maire démissionne de son parti, ce dernier perd de facto son mandat de député. L’opposition veut que ce soit la même chose.
Le pôle de la majorité avait demandé deux jours de réflexion pour venir avec une réponse. A la reprise, ils ont dit que sur le principe, ils sont d’accord. Mais ils pensent qu’il y aura des difficultés pour la matérialisation. Ils demandent donc qu’on dise qu’ils sont d’accord sur le principe, mais que la réflexion va être poursuivie quant à la faisabilité.
S’ils ont adopté cette mesure, c’est parce qu’à 48h de la confection des listes au niveau local, une liste peut mettre le nom de X porteur de voix et investi comme conseiller sans être membre d’une formation politique. Une fois élu, un an après, il choisit de rejoindre un parti. «Devra-t-il dans ce cas être considéré comme transhumant ?». D’où la question de régler cette incohérence. Finalement, les camps ont fait ce compromis de retenir que sur le principe tout le monde est d’accord, mais que la réflexion va être poursuivie.

Madou MBODJ
LES ECHOS


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