La décision est lourde de symboles. En suspendant « jusqu’à nouvel ordre » les face-à-face et les open presse, la Fédération sénégalaise de lutte ne s’attaque pas à un détail du spectacle : elle touche au cœur de la dramaturgie de l’arène. Derrière cette mesure conservatoire, un constat brutal : la violence a franchi un seuil critique, au point de dicter désormais l’agenda de la lutte sénégalaise.
C’est un signal fort envoyé au monde de l’arène. Face à la multiplication des actes de violence avant les combats, la Fédération sénégalaise de lutte (Fsl) a décidé de suspendre provisoirement les face-à-face et open presse. Une mesure radicale qui en dit long sur le climat actuel autour de la lutte sénégalaise.
Trop de débordements, trop de risques
La Fsl ne parle plus d’incidents isolés. Dans sa circulaire, elle évoque clairement des troubles répétés à l’ordre public, mettant en danger les lutteurs, les encadreurs, les journalistes et les supporters. Les face-à-face, censés promouvoir les combats, sont devenus des moments à haut risque, souvent marqués par des tensions incontrôlées et des débordements violents.
Quand la promotion vire à l’affrontement
Regards provocateurs, insultes, gestes déplacés : la frontière entre mise en scène et violence réelle s’est progressivement effacée. À force de chercher le buzz et la surenchère, certains face-à-face ont basculé dans l’affrontement pur, loin des valeurs sportives que la lutte est censée défendre.
La sécurité avant le spectacle
En suspendant ces rencontres médiatiques « jusqu’à nouvel ordre », la Fédération fait un choix clair : privilégier la sécurité plutôt que le spectacle. L’objectif affiché est d’apaiser le climat dans l’arène, de prévenir toute escalade et de permettre une meilleure organisation sécuritaire des galas à venir.
Un avertissement au monde de la lutte
La FSL prévient : toute violation de cette mesure exposera ses auteurs à des sanctions disciplinaires, en plus des poursuites prévues par la loi. Un message ferme adressé aux lutteurs, aux camps, mais aussi aux promoteurs, appelés à plus de responsabilité.
Une lutte à réinventer
Cette suspension pose une question centrale : comment promouvoir les combats sans alimenter la violence ? En mettant en pause l’un de ses rituels les plus populaires, la Fsl admet que le modèle actuel a atteint ses limites. Reste désormais à inventer une autre manière de vendre la lutte, sans mettre en péril sa crédibilité ni la sécurité du public.
ENCADRE
Sanctions après l’incident de leur dernier face-à-face : Talfa suspendu 1 an, Amanekh écope d’un avertissement
La commission de discipline a tranché. À la suite de l’accrochage survenu lors de leur dernier face-à-face, Talfa et Amanekh ont été auditionnés ce matin à l’Arène nationale. Les décisions sont tombées dans la foulée, avec des sanctions contrastées pour les deux lutteurs.
Talfa écope d’une suspension d’un an, dont six mois ferme. Une sanction sévère qui traduit la gravité des faits reprochés au lutteur, jugé principal responsable de l’incident. Durant la période ferme, il sera interdit de toute activité liée à la lutte officielle.
De son côté, Amanekh s’en sort avec des avertissements. La commission a reconnu son implication dans l’accrochage, tout en estimant que son comportement ne justifiait pas une suspension.
Cette affaire relance le débat sur la discipline et la maîtrise lors des face-à-face, moments très médiatisés mais de plus en plus surveillés par les autorités de la lutte. Le message est clair : les dérapages ne seront plus tolérés.












