Favori assumé, le Sénégal ouvre les huitièmes de finale de la Can 2025 face au Soudan, samedi 3 janvier à Tanger. Sur le papier, l’affiche semble déséquilibrée. Dans les faits, l’historique récent entre les deux sélections et le contexte particulier du Soudan invitent à la prudence.
L’ouverture des huitièmes de finale met aux prises l’un des poids lourds du tournoi à la sélection la moins bien classée encore en lice. Premier du groupe D, invaincu et solide, le Sénégal de Pape Thiaw retrouve le Soudan de Kwesi Appiah, qualifié comme meilleur troisième du groupe E. Le vainqueur de ce duel défiera le Mali ou la Tunisie en quart de finale.
À Tanger, les Lions arrivent forts de sept points et d’un net succès (3-0) contre le Bénin, mais devront composer sans leur capitaine Kalidou Koulibaly, suspendu. La présence de Lamine Camara reste incertaine, tandis qu’Ismaïla Sarr et Jackson devraient réintégrer le groupe.
En face, le Soudan avance avec un statut d’outsider assumé, encore marqué par la défaite (0-2) concédée à Dakar en septembre dernier.
Un face-à-face historiquement fermé
Sur les cinq dernières confrontations disputées entre 2018 et septembre 2025, le Sénégal n’a jamais perdu face au Soudan : deux victoires et trois nuls dans le temps réglementaire. En incluant la séance de tirs au but remportée en août 2025 lors du match pour la troisième place, les Lions comptent même trois succès.
L’écart reste toutefois mince : quatre buts marqués, deux encaissés. Quatre de ces cinq duels ont eu lieu en 2025, avec une tendance nette à la fermeture du jeu. Deux nuls vierges en phase de groupes, un autre nul (1-1) après prolongation, puis une victoire sénégalaise (2-0) à domicile en septembre. Toutes ces rencontres se sont conclues avec moins de 2,5 buts, aucune seconde période n’ayant produit plus d’un but, et le Soudan n’ayant jamais marqué après la pause.
Un constat clair se dégage : le Sénégal contrôle, résiste et finit par faire la différence quand l’occasion se présente.
Le Sénégal, maîtrise et constance
Les Lions abordent ce rendez-vous avec une dynamique solide. Invaincus sur leurs cinq derniers matchs, ils ont enchaîné des succès convaincants face au Soudan du Sud (5-0), à la Mauritanie (4-0), puis au Botswana (3-0) et au Bénin (3-0), concédant seulement un nul (1-1) face à la RD Congo.
Quatre clean sheets, des écarts nets et une défense rarement mise en danger : la structure sénégalaise impressionne. Contre le Bénin, Seck, Diallo et Chérif Ndiaye ont marqué, pendant que Mané et Diatta faisaient parler leur justesse technique. Le Sénégal démarre prudemment, verrouille les premières périodes, puis accélère lorsque l’adversaire baisse physiquement.
Seul bémol : le relâchement observé face à la RD Congo et le carton rouge de Koulibaly rappellent que la discipline reste un axe de vigilance.
Le Soudan, qualification au courage
Le parcours soudanais reste contrasté. Une seule victoire sur les cinq derniers matchs, pour quatre défaites, dont une lourde entrée en matière face à l’Algérie (0-3). La qualification s’est jouée sur un succès minimaliste (1-0) contre la Guinée Equatoriale, grâce à un but contre son camp.
Offensivement, les chiffres sont parlants : aucun but marqué par un joueur soudanais à la Can jusqu’ici, aucune première période conclue avec un avantage, et une tendance à s’effondrer après la pause. La sélection de Kwesi Appiah s’appuie sur l’expérience de Bakhit Khamis, John Mano et Mohamed Abdelrahman, mais peine à installer un danger constant.
Dans ce contexte, atteindre les huitièmes relève déjà de la performance.
Un duel plus serré qu’il n’y paraît
Si les classements et la dynamique désignent clairement le Sénégal, l’historique récent et la physionomie habituelle des confrontations invitent à la prudence. Plus le score restera vierge, plus le scénario d’un match fermé s’imposera. Un terrain où les Lions savent avancer avec patience… et finir par frapper juste.
☆☆☆☆☆☆☆☆☆☆☆☆












