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GNONSIANE NIOMBLA, HANDBALLEUSE, EX-BLEUE NATURALISEE SENEGALAISE : "On ne veut pas que je joue avec le Sénégal... Parce que le Sénégal n'est pas un pays émergent..."




 
Naturalisée Sénégalaise depuis quelques mois, l'ancienne Bleue Gnonsiane Niombla n'a pas été autorisée à disputer le Mondial de handball avec sa nouvelle sélection, comme sa coéquipière Dounia Abdourahim. Une décision que ne digère pas la championne du monde 2017.
 
Mardi à Göteborg (Suède), l’équipe féminine de handball du Sénégal a écrit une page de son histoire en dominant la Chine (22-15), une victoire qui lui permet de franchir pour la première fois le tour préliminaire du Championnat du monde. Les Lionnes ont réussi un tour préliminaire remarquable avec également un nul contre la Croatie (22-22) et une défaite méritoire contre la Suède chez elle (19-17 à la 49e minute, 26-18 au final).
Elles sont pourtant privées depuis le début de la compétition de deux joueuses majeures, les arrières Gnonsiane Niombla (33 ans) et Dounia Abdourahim (31 ans). La Fédération internationale de handball (IHF) a refusé de valider la qualification des deux anciennes internationales françaises, naturalisées ces derniers mois. Une énorme déception pour Niombla. Pour L’Équipe, celle qui fut championne du monde (2017) puis d’Europe (2018) avec la France exprime sa colère.
 
« Vous n’avez pas été autorisée à disputer le Championnat du monde avec le Sénégal. Comment vivez-vous cette situation ?
 
Forcément, je suis déçue à titre personnel, mais je suis surtout triste parce que je ne comprends pas pourquoi je ne suis pas autorisée à jouer. Avec Dounia, on a un passeport sénégalais, on a respecté tout le protocole pour changer de nationalité.
 
Le problème s’était déjà présenté lors du tournoi de qualification olympique (TQO) en Angola, en octobre (3e place)...
 
C’est dans la continuité ; une fois c’est oui, une fois c’est non. Aujourd’hui, je commence à m’apaiser. Mais quand on l’a su, c’était jeudi soir, alors qu’on était arrivé en Suède le matin et qu’on avait notre premier match le vendredi. Ça a été un séisme. Ça faisait dix jours qu’on se préparait avec les joueuses. Encore une fois, les gens ont l’air de penser qu’on ne travaille pas, qu’on est là juste pour danser et chanter, mais il y a un projet, du travail, de l’abnégation, de la sueur.
 
Vous avez décidé de rester sur place auprès de l’équipe ?
 
Je me suis faite à la situation et mon club (Bistrita, Roumanie) m’a autorisée à rester. Aujourd’hui, je suis là pour mes coéquipières, pas pour moi. Si je ne pensais qu’à moi, je serais rentrée chez moi. C’est une peine tous les jours de voir les filles entrer sur le terrain, de les voir souffrir parfois sans pouvoir les aider. Alors je m’entraîne deux fois plus qu’elles, une ou deux séances par jour. Ce n’est pas évident, mais ça me procure d’autres plaisirs que je ne connaissais pas, à les voir s’arracher, défendre super bien les couleurs sénégalaises.
 
Y a-t-il une possibilité de faire appel de cette décision ?
 
Je ne pense pas. Je ne suis même pas sur une liste, c’est juste qu’on ne valide pas ma licence sénégalaise. C’est déplorable. Je pense que ce sera ma dernière compétition ; vu comme on me met des bâtons dans les roues, je ne suis pas têtue à ce point-là. On ne veut pas que je joue avec le Sénégal. C’est dur de ne pas choisir la fin, que ce soit d’autres personnes qui le fassent pour toi. Ça m’énerve vraiment de terminer comme ça, je ne méritais pas une telle fin.
 
Ce qui est étrange, c’est qu’au TQO, vous avez été autorisée à jouer un match (le deuxième, contre le Cameroun, 15-17), mais pas les deux autres.
 
C’est une situation plus qu’ubuesque. Tu es qualifiée pour un match et les autres non ? Et quand tu demandes des explications, tu reçois un mail qui te dit que c’est parce que le Sénégal n’est plus considéré comme une nation émergente. C’est un pays développé ? Si on parle de handball, ce n’est clairement pas le cas, si on parle d’économie mondiale non plus.
 
 
Paradoxalement, votre équipe livre d’excellentes prestations dans ce Mondial.
 
Les filles jouent divinement bien, c’est incroyable ce qu’elles sont en train de réaliser. Ce groupe a toujours été malmené depuis mon arrivée, ces derniers mois. On a vécu des situations incroyables. Tu rêves de te qualifier pour les JO de Paris, alors qu’on est nombreuses dans ce groupe à être Françaises, Parisiennes pour beaucoup, tu te prépares bien, et à cinq minutes du match décisif contre l’Angola (défaite 22-21), tu apprends que tu vas devoir te passer de deux joueuses cadres.
Il y a le manque de moyens de la Fédération sénégalaise pour les regroupements mais malgré tout, on a vraiment bien travaillé. On voit les buts de Doudou (Doungou Camara) qui a impressionné le coach suédois alors qu’elle joue sur une jambe, ceux de Soukeïna Sagna, mais il y a aussi Aminata Cissoko sur l’aile, Justicia Toubissa dans le but, Laura Kamdop qui joue en N2… Il y a une vraie osmose dans ce groupe. On doit se récompenser par nos prestations, notre solidarité en défense, car il n’y a que nous, on ne nous donnera rien. »
 
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