Dans son intervention lors du Conseil des ministres, le Premier ministre a mis en garde contre les répercussions directes des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, sur les économies fragiles. Selon Ousmane Sonko, «la dégradation continue de la situation autour de l’Iran n’est pas sans conséquences. Avec la flambée des prix de l’énergie, la perturbation des chaînes d’approvisionnement et l’instabilité des marchés financiers s’imposent déjà comme des facteurs de pression sur les finances publiques», a-t-il annoncé aux ministres.
Face à cette conjoncture, le chef du Gouvernement a prôné une posture d’anticipation et de vigilance. Il a appelé les ministres «à sortir d’une gestion routinière pour entrer dans une logique proactive, fondée sur la préparation opérationnelle». Dans cette optique, il a instruit les ministres en charge de l’Énergie et du Budget de lui «soumettre un calendrier précis pour l’opérationnalisation de mesures stabilisées, tout en exigeant de l’ensemble du Gouvernement une discipline budgétaire rigoureuse». «Chaque département ministériel devra, dans un délai de quinze jours, proposer des mesures concrètes d’économie et de redéploiement des ressources». Une exigence qui traduit la volonté de l’exécutif de contenir les dépenses publiques tout en maintenant les priorités stratégiques de l’État.
Au-delà de la conjoncture internationale, Ousmane Sonko a également mis l’accent sur «la nécessité de réformes structurelles internes, à commencer par celle de l’Imprimerie nationale». Présentée comme un levier de souveraineté et de modernisation de l’État, cette réforme vise à transformer en profondeur une structure dont les performances restent en deçà de son potentiel.
Selon le Premier ministre, l’Imprimerie nationale souffre d’un cadre juridique inadapté et de capacités de production limitées. Sa mission s’est progressivement réduite à la publication du Journal officiel, ce qui limite son impact et sa rentabilité.
Pour y remédier, Ousmane Sonko propose «une refonte ambitieuse articulée autour de plusieurs axes avec un nouveau cadre de gouvernance, un modèle économique innovant, des partenariats stratégiques pour attirer des investissements massifs, ainsi qu’un plan robuste de digitalisation».
Autre chantier majeur évoqué, c’est «la valorisation des infrastructures publiques». Le Premier ministre a annoncé la tenue imminente d’un Conseil interministériel dédié à cette question, prévue entre fin avril et mi-mai 2026. Cette initiative vise à répondre à l’existence d’infrastructures achevées mais non mises en service, parfois depuis plusieurs années. Pour Ousmane Sonko, ces «actifs dormants constituent un double échec, à la fois financier et social. Ils représentent non seulement un gaspillage des ressources publiques, mais aussi un manque à gagner en termes de services rendus aux populations».
Dans cette perspective, chaque ministre concerné «devra transmettre, sous quinze jours, un inventaire exhaustif et certifié des infrastructures non opérationnelles». Sur cette base, le Conseil interministériel aura pour mission d’ «évaluer la maturité juridique des projets, de fixer un calendrier de mise en service dans un délai de six mois et d’identifier les blocages nécessitant des corrections», informe le communiqué du Conseil des ministres.
Fatou DIOP












