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En mission en Centrafrique dans le cadre de la MINUSCA : Un militaire sénégalais cité dans une affaire d'abus sexuels



La Mission des Nations-Unies en Centrafrique (Minusca) continue de faire face à des affaires d'abus sexuels impliquant des Casques bleus. Alors que l’Organisation des Nations-Unies a publié le 18 mars dernier le rapport de situation annuel du secrétaire général, António Guterres, intitulé «Mesures spéciales de protection contre l’exploitation et les abus sexuels : application d’une politique de tolérance zéro», sans l’aborder, des documents en possession de «Les Échos» rapportent qu’un militaire sénégalais, membre de la Minusca, est cité dans une affaire d’abus sexuel en République Centrafricaine. L’affaire qui date de mars dernier a été reconnue par les autorités militaires sénégalaises, qui précisent toutefois que le militaire concerné est rapatrié au Sénégal et une enquête a été ouverte pour y voir plus clair. Mais déjà, des organisations accusent l’Onu de cacher les écarts inacceptables des Casques bleus. 
 
 
 
Jadis donnée en exemple de discipline militaire partout dans le monde, l’armée sénégalaise est-elle en train de perdre ce pourquoi elle était tant admirée et respectée ? La question a tout le mérite d’être posée, à la suite de ces nouvelles allégations d’abus sexuels impliquant un militaire sénégalais de la Mission des Nations-Unies en Centrafrique (Minusca). Quelques jours après sa nomination comme secrétaire général de l’Onu, en 2017, Antonio Guterres a déclaré sa priorité de signature : la honte à laquelle l'Onu se heurtait année après année allait prendre fin, car il redonnerait un sens à l'expression abolie de «tolérance zéro pour l'exploitation et les abus sexuels par le personnel des Nations-Unies». Sous sa direction, les victimes seraient à l'avant-scène, la transparence supplanterait le secret, les États membres se rallieraient, les lanceurs d'alerte deviendraient des héros et les «solutions révolutionnaires» seraient lancées. Il avait déclaré qu’il allait être un nouveau secrétaire général qui allait enfin vaincre le mythe selon lequel les soldats sous contrat des Casques bleus sont les seuls membres du personnel de l’Onu à attaquer les personnes qu’ils sont censés assister.
Les Ong avaient vite applaudi, pour saluer la décision du nouveau boss de la plus grande organisation mondiale. Quelques mois seulement plus tard, plus précisément en septembre 2017, leur déception a été on ne peut plus grande, à la suite des allégations faites par la «Code Blue Campaign» concernant des cas non signalés d’exploitation et d’abus sexuels en Centrafrique. Cette coalition d’Ong, dont le siège est à New York, a lancé la campagne «Un monde sans sida» avec pour objectif de mettre fin à l'impunité pour l'exploitation et les abus sexuels commis par le personnel de maintien de la paix de l'Onu. «Code Blue Campaign» a consulté quatorze affaires d’accusations d’abus sexuels datées de 2016 à l’encontre de Casques bleus issus de neuf pays : Pakistan, Zambie, Burundi, Maroc, Égypte, Cameroun, Gabon, Niger et Congo-Brazzaville – dont les autorités ont rapatrié les troupes suite à des accusations similaires. D’après les révélations publiées par la coalition d’Ong, huit des présumées victimes n’ont pas été écoutées par les enquêteurs, alors que d’autres ont été interrogées de manière partiale. Pis, sur les quatorze plaintes consultées par l’Ong, aucune n’a débouché sur la condamnation d’un Casque bleu.
 
 
Le nom d’un sénégalais cité
 
 
Toutes choses qui poussent les médias et les Ong à douter de la volonté de l’Onu de mettre fin à ces abus sexuels commis dans plusieurs endroits du monde par des Casques bleus. Alors, la même accusation a été récemment réitérée par des Ong et des médias. Et cette fois, il s’agit d’une affaire dans laquelle le nom du Sénégal est cité.
En effet, dans le rapport «Mesures spéciales de protection contre l’exploitation et les abus sexuels : application d’une politique de tolérance zéro» publié en mars dernier, l’Onu détaille que 54 allégations concernant des cas d’abus sexuel impliquant des éléments de ses différentes missions ont été rapportées en 2018. La majorité (74%) des allégations reçues émanait de la Minusca et de la Mission de l'Organisation des Nations-Unies en République démocratique du Congo (Monusco), les 26% restants étant associés à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), la Mission des Nations-Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), la Mission des Nations-Unies au Liberia (Minul) et la Mission des Nations-Unies au Soudan du Sud (Minuss). Les allégations concernaient 94 victimes, dont 83% d'adultes et 17% d'enfants. Les auteurs présumés de ces actes étaient 64 militaires, 14 policiers et 14 civils, dont 20 (37%) et 30 (63%) d’exploitation sexuelle d’un adulte sur les allégations signalées en 2018.
Le problème avec ce rapport, c’est que l’Organisation des Nations-Unies n’évoque nulle part les cas récents d’abus sexuels dont sont accusés deux de ses éléments en Centrafrique. Il s’agit de deux affaires d’abus sexuels, dont l’un concerne un militaire sénégalais alors que l’autre serait le fait d’un militaire gabonais. 
Une rétention d’informations de la part de l’organisation mondiale qui n’est pas du goût de bien d’organisations et de médias qui accusent l’Onu de corruption. En effet, pour ces organisations, l’Onu, en procédant de la sorte, veut faire croire que les choses ont changé. Alors que les abus sexuels demeurent un problème entier au sein des troupes onusiennes. C’est le cas de l’organisation «Inner City Press». Dans une publication d’il y a quelque jours, l’organisation dénonce «la dissimulation des nouvelles affaires d'abus sexuels à l'Onu par les troupes gabonaise et sénégalaise en République Centrafricaine». Une affaire qui la pousse à parler de corruption au sein de l’Onu.
 
 
L’armée confirme et explique
 
 
Joint par nos soins, le colonel Abdoul Ndiaye, patron de la Direction des relations publiques des armées (Dirpa) a confirmé qu’un militaire sénégalais de la Mission des Nations-Unies en Centrafrique (Minusca) est accusé d’abus sexuel. L’officier de l’armée sénégalaise, qui a révélé que le militaire en question a été rapatrié au Sénégal, explique que cela rentre dans le cadre normal de la procédure en cas d’allégation d’abus sexuel. En effet, quand l’Onu a été mise au courant de cette affaire, elle a saisi les autorités militaires sénégalaises pour demander l’ouverture d’une enquête. Cette enquête est actuellement menée, et conformément à la procédure, par des enquêteurs sénégalais, en relation avec des enquêteurs onusiens. 
Au terme de cette enquête, des mesures conservatoires seront prises, suivant le cas. Au cas où le militaire objet d’allégations est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés, un certain nombre de sanctions s’abattront sur lui. Ces sanctions peuvent aller jusqu’à la radiation. Le cas contraire, le soldat sera réhabilité et dédommagé.
 
 
 Ce n’est pas la première fois
 
Si ce n’est pas la première fois que les forces internationales en Centrafrique sont pointées du doigt, ce n’est pas non plus la première fois que des militaires sénégalais sont cités dans des affaires d’abus sexuels. En 2016, une série de cas d’abus sexuels en Centrafrique commis par des Casques bleus de l’Onu a suscité l’indignation mondiale. En effet, pour la première fois, des révélations avaient été faites par les Nations-Unies sur les identités des soldats étrangers coupables d’actes sexuels sur des enfants. Sur la liste des militaires mis en cause dans ces cas abus sexuels commis dans la période 2014-2015, il y avait dix soldats et policiers originaires du Bangladesh, de la RD Congo, du Niger et du Sénégal. Dans cette affaire, deux militaires sénégalais étaient concernés.
 
Sidy Djimby NDAO


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