Le secteur industriel sénégalais est à nouveau endeuillé. Un terrible accident de travail aux Industries chimiques du Sénégal (Ics) de Darou Khoudoss a coûté la vie à Ahmed Sène hier. Au-delà de l'immense tristesse liée à cette perte, les circonstances du drame et les conditions de travail de la victime soulèvent de graves questions de sécurité et de précarité. Une plainte a été déposée par la famille pour faire la lumière sur cette affaire.
Selon des informations concordantes, le drame s'est produit au cœur du site industriel où Ahmed Sène a tragiquement chuté dans un bassin rempli d'acide. Dans la panique du moment, et face à ce qui semble être un manque flagrant d'équipements de sauvetage d'urgence adaptés, ce sont ses propres collègues qui ont tenté le tout pour le tout. C'est à l'aide d'un simple bâton tendu à bout de bras qu'ils ont réussi à l'extraire de la cuve corrosive.
Grièvement touché et souffrant de brûlures extrêmes, le jeune homme a été évacué en urgence vers un établissement hospitalier de Dakar. Malgré les efforts des équipes médicales, il a succombé à ses blessures peu de temps après son admission.
Deux ans de précarité : Le statut de "journalier" pointé du doigt
Ses proches révèlent qu'Ahmed Sène travaillait au sein des Ics depuis deux ans. Pourtant, le jeune homme ne disposait d'aucun contrat de travail formel.
Soumis au statut de travailleur journalier, il effectuait un rythme régulier de quatre jours de travail par semaine, s'exposant ainsi à des risques industriels majeurs sans bénéficier de la couverture et des garanties associées à un emploi stable.
La famille exige justice et dépose plainte
L'émotion a rapidement fait place à l'indignation chez les proches du défunt. Décrit comme un homme discret, doux, calme et profondément respectueux, sa mort brutale laisse un vide immense.
Refusant de voir ce drame classé au rang de simple fatalité, la famille d'Ahmed Sène a décidé d'engager des poursuites judiciaires. Une plainte a officiellement été déposée contre les Industries chimiques du Sénégal (Ics) afin de faire toute la lumière sur les défaillances sécuritaires ayant mené à cet accident et de situer les responsabilités pénales.
Pour l'heure, la Direction des Ics ne s'est pas encore formellement exprimée sur les conditions de sécurité de ce bassin, ni sur le statut contractuel de la victime. Une enquête devra déterminer si les protocoles de sécurité de base ont été enfreints au détriment de la vie humaine.
Samba THIAM












