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DISCOURS OFFENSIF SUR LA SOUVERAINETE ET L’ORDRE MONDIAL : Ousmane Sonko dénonce l’hégémonie occidentale et appelle à une révolution patriotique



DISCOURS OFFENSIF SUR LA SOUVERAINETE ET L’ORDRE MONDIAL : Ousmane Sonko dénonce l’hégémonie occidentale et appelle à une révolution patriotique

 
Lors d’une conférence publique coanimée hier 9 avril avec le géopolitologue français Pascal Boniface, le Premier ministre a articulé son intervention autour des notions de souveraineté, de patriotisme et de multilatéralisme, tout en formulant des critiques directes à l’encontre de la politique étrangère des États-Unis. Ousmane Sonko a abordé les enjeux de souveraineté nationale, de transformation interne de l’État et de place de l’Afrique dans le système international, tout en critiquant les interventions occidentales.
 
Face à un public acquis et attentif, Ousmane Sonko n’a pas cherché à arrondir les angles. Son intervention, articulée autour des notions de souveraineté, de patriotisme et de rapport au monde, s’est imposée comme un véritable manifeste politique. Dès l’entame, le chef du gouvernement a planté le décor d’un pays confronté à une crise profonde, bien antérieure aux dynamiques internationales actuelles.
« Aujourd’hui, dans notre pays, le Sénégal, il y a déjà, avant même le contexte international, une crise. Rien que la dégradation de notre autorité suffit à considérer notre pays en crise. Et ce qui s’ajoute dans le contexte international n’est pas la crise, mais l’aggravation de la crise. Dans un pays comme ça, beaucoup d’entre nous qui ont opté pour la révolution et donc pour le patriotisme ne sont pas prêts pour le sacrifice. Et tout le monde réclame tout de suite et maintenant. Cela n’est pas possible », a-t-il déclaré.
Dans un long développement, Ousmane Sonko a mis en garde contre les dérives d’un patriotisme de façade, détaché des réalités structurelles. « Lorsque les élites se substituent aux peuples sans transformer les structures, lorsque l’État devient un instrument d’accumulation plutôt que d’émancipation, alors le patriotisme devient un mot creux. Notre plus grand défi, c’est la transformation des structures, ce ne sont pas des réalisations matérielles ici et maintenant. C’est la transformation des structures qui n’ont jamais été adaptées à nos besoins », a-t-il insisté.
Au cœur de son propos, une exigence : refonder le patriotisme sur des bases sociales solides. « Il n’y aura pas de souveraineté sans base sociale. Il n’y aura pas de souveraineté sans religion populaire. Il n’y aura pas de souveraineté sans économie réappropriée, une morale politique collective. La transparence, la responsabilité, l’exemplarité des élites doivent être au cœur de notre projet de souveraineté », a-t-il martelé.
Dans cette perspective, le Premier ministre a esquissé les contours d’un patriotisme qu’il veut exigeant et concret. « Le patriotisme n’est pas une exaltation verbale du drapeau, c’est la capacité d’un État à protéger ses intérêts sans mentir à son peuple, sans tromper ses voisins et sans insulter l’intelligence du monde », a-t-il affirmé, appelant à dépasser les discours pour entrer dans l’action.
Mais c’est sur le terrain international que son intervention a pris une dimension plus offensive. Ousmane Sonko a vivement critiqué le fonctionnement actuel du système international, notamment le multilatéralisme, qu’il juge déséquilibré. « Il n’y a pas de multilatéralisme décoratif. L’Afrique est invitée à produire des règles techniques, mais le multilatéralisme de correction des asymétries reste un besoin légitime. Le droit de l’Afrique à participer à la fabrication des normes, la nécessité de réformer la gouvernance mondiale notamment financière et sécuritaire l’obligation de sortir de logiques anciennes », a-t-il déclaré.
Dans cette dynamique, il a appelé à une redéfinition des partenariats internationaux. « La souveraineté, c’est aussi savoir travailler avec ceux qui respectent notre agenda et ne plus confondre partenariat avec tutelle », a-t-il lancé. Mais le moment le plus marquant de son intervention reste sans doute sa charge contre la politique étrangère des États-Unis et de leurs alliés. Dans un ton direct, Ousmane Sonko a remis en cause l’efficacité des interventions militaires occidentales. « Imposer la démocratie… Les logiques internes ne s’imposent pas à l’extérieur. Enlever des présidents en fonction ou les exfiltrer pour les soumettre à la justice ne relève pas de la démocratie », a-t-il affirmé.
Puis, dans une séquence particulièrement incisive, il a dressé un bilan des conflits récents. « Quelle guerre a été gagnée ? Aucune ! Ni au Vietnam, ni en Irak, ni en Afghanistan, ni en Libye, ni en Syrie. Même en Somalie, ils ont été contraints de se retirer. Ces interventions ont davantage semé le chaos et le désordre qu’elles n’ont atteint leurs objectifs », a-t-il soutenu.
S’attaquant directement au Président américain Donald Trump, il a tenu des propos sans équivoque : « M. Trump n’est pas un homme de paix, c’est un homme de déstabilisation du monde », a-t-il lancé, suscitant des réactions dans la salle. Au-delà de la critique, le Premier ministre sénégalais a dénoncé ce qu’il considère comme une forme de duplicité des puissances occidentales dans leur rapport au droit international. « Leurs déclarations sur le respect du droit international restent souvent sans effet concret », a-t-il estimé.
 
 
Sidy Djimby NDAO
 
 
 
 
 
 
 
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