Pour le Débat d’orientation budgétaire, majorité et opposition ont assailli Cheikh Diba de sollicitations pour leurs différentes localités. En plus des députés de l’opposition, le Président Bassirou Diomaye Faye a gagné de nouveaux opposants assumés, dans les rangs de Pastef. Certains d’entre eux ont profité de l’occasion pour bien le tancer, tout en déclarant encore leur « allégeance » à Ousmane Sonko. Si Mbaye Dione demande au chef de l’Etat de faire attention à ses nouveaux amis, Djimo Souaré voudrait qu’il dissolve l’Assemblée, pendant que Amadou Diallo lui conseille d’accepter la restructuration de la dette.
Le ministre des Finances était hier à l’Assemblée nationale pour faire face aux députés dans le cadre du Débat d’orientation budgétaire (Dob), cet exercice majeur du calendrier budgétaire qui permet de définir les grandes orientations de la politique économique, financière et budgétaire de l’État pour les années à venir.
Pour Amy Dia, députée patriote qui assume la rupture avec le Président Diomaye, leur responsabilité est de contrôler l’action du gouvernement avec objectivité. «Nous ne sommes pas dans une opposition systématique, ni dans un soutient aveugle. Nous sommes dans une démarche guidée uniquement par l’intérêt supérieur de la nation», assure-t-elle avant de délivrer un message à Diomaye Faye : «dites-lui qu’il ne doit pas oublier qu’il est là où il est grâce à nos sacrifices nous tous ; des jeunes sont décédés pour qu’il accède à ses fonctions. Et qu’il avait dit que le Jub Jubal Jubanti est un plat très amer ».
Fama Ba d’abonder dans le même sens. «Dites au président de la République que l’Etat est composé de trois pouvoirs : l’exécutif, le législatif et le judiciaire, qui doivent constamment dialoguer pour le bien de tous. Nous devons mettre le Sénégal au-dessus de tout et non nos intérêts cryptopersonnels».
Fatou Diop Cissé a elle aussi envoyé ses piques à Diomaye Faye : «dites au Président qu’un principe auquel on renonce n’était pas un principe, mais un argument. Les institutions de ce pays ne sont pas faites pour protéger un homme. Qu’il se ressaisisse pendant qu’il est encore temps».
Cheikh Thioro Mbacké : «faire croire aux autorités religieuses que c’est Sonko qui avait bloqué leurs passeports diplomatiques, c’est de la mauvaise foi»
Cheikh Thioro Mbacké, citant Cheikh Diba comme témoin, aborde les difficultés que vivent les populations de Touba et accuse directement le Président Faye de mettre les autorités religieuses en mal avec Ousmane Sonko. «Dites-lui que nous sommes au courant de ses manifestations au niveau des foyers religieux. Donner des passeports diplomatiques aux autorités religieuses en leur faisant croire que c’est Ousmane Sonko qui avait bloqué les demandes… Tout le monde doit savoir que le Premier ministre n’a aucun pouvoir par rapport à l’attribution des passeports diplomatiques», fulmine-t-il.
Thérèse Faye : «qu’est-ce qui explique cette hausse de plus de 5% de la masse salariale, malgré les nombreux licenciements ?»
Thérèse Faye dit avoir relevé une hausse de la masse salariale au titre du premier semestre de l’année 2026, avec une utilisation de 24,5% des crédits ouverts, alors qu’au premier trimestre de 2025, on était à 18%. Ce qui fait une hausse de 5,1%. «Qu’est ce qui explique cette hausse de la masse salariale quand on sait qu’il y a eu beaucoup de licenciements dans plusieurs structures ?», interroge-t-elle.
Amadou Diallo N°1 : «l’Etat du Sénégal doit se préparer à restructurer la dette avant que la pilule ne soit beaucoup plus amère»
Amadou Diallo N°1 estime lui que l’Etat du Sénégal doit se préparer à restructurer la dette avant que la pilule ne soit beaucoup plus amère à avaler. «L’Etat du Sénégal n’investit pas suffisamment faute de ressources : seulement 3,3 milliards pour le trimestre passé, beaucoup de partenaires ont suspendu leurs projets présentement. On a vu beaucoup de promesses non tenues dont la rationalisation des organismes publics. Les bourses de sécurité sociale ne sont pas payées. Les Sénégalais ont faim, ils sont fatigués et économiquement carbonisés, ils n’entendent pas les chiffres, ils veulent juste que vous preniez en charge leurs préoccupations», signale M. Diallo N°1.
Pape Djibril Fall : «le problème du Sénégal est plutôt économique, malgré toutes les promesses faites par ce régime»
Pape Djibril Fall arrête ceux qui théorisent un problème institutionnel pour le Sénégal. «Le Sénégal n’a pas un problème institutionnel, c’est la force de nos institutions qui ont permis au Pastef d’accéder au pouvoir en 2024. Les institutions ne valent que ce que les hommes et les femmes qui les animent en font. Le problème du Sénégal est plutôt économique malgré toutes les promesses faites par ce régime», dit-il.
Abdou Mbow : «Sonko est la cause de tous les malheurs économiques que traverse le Sénégal»
Abdou Mbow a utilisé son temps de parole pour dénoncer les événements de la veille avec son expulsion de la salle par les gendarmes. «Ce qui s’est passé hier dépasse largement la personne. Ce n’est pas Abdou Mbow qui a été humilié, c’est le Règlement intérieur de l’Assemblée qui a été piétiné. À Ousmane Sonko, dont je conteste la légitimité politique et morale de présider cette institution dans les conditions qui ont conduit sa désignation par votre majorité mécanique, je voudrai dire une chose : la présidence de l’Assemblée nationale n’est pas un instrument de domination et de règlement de comptes. C’est une fonction qui impose impartialité, la retenue et le respect du Règlement intérieur», déclare-t-il avant d’enchaîner : «au lieu d’être le garant des droits de tous les députés, celui qui a usurpé notre perchoir a choisi la domination de force au lieu de faire prévaloir le droit, il a laissé s’installer une logique de confrontation en envoyant lâchement des femmes qui m’ont attaqué».
Pour Abdou Mbow, On ne saurait attendre plus de lui, «tant son parcours est jalonné de violence qui n’a épargné personne», a-t-il fulminé avant de désigner l’ancien Premier ministre comme la cause de tous les malheurs économiques que traverse le Sénégal avec sa fameuse théorie de la dette cachée.
Mbaye Dione : «le Président doit faire très attention, les gens qui ont eu tous les avantages dans l’ancien régime ne sont pas ses amis»
Le député maire de Ngoudiane, Mbaye Dione, a interpelé le ministre des Finances sur les nombreuses missions déployées par le Fmi qui semble exiger un autre audit. «Qu’en est-il des rapports de Forvis Mazars. Pourquoi un autre rapport qui impliquerait encore des dépenses ?», s’est-il interrogé tout en demandant à Cheikh Diba si le gouvernement est disposé à restructurer la dette.
Par rapport au retard noté sur les fonds de dotation, Mbaye Dione pense que l’arrêté sortie à deux jours de la rencontre du Président avec les maires n’est que du bluff. «Je dirige une commune depuis 17 ans, on n’a jamais eu d’arrêté sans répartition. C’est à cause de la rencontre entre le Président et les maires qu’on essaie de nous appâter avec cet arrêté. Il faut que l’on soit sérieux dans ce pays. On croit à la décentralisation ou on n’y croit pas. Je pense d’ailleurs que cette rencontre est purement politicienne. Le Président Faye doit faire attention, les gens qui ont eu tous les avantages dans l’ancien régime ne sont pas ses amis. On gouverne avec ses amis et alliés sincères, on ne peut pas bâtir une majorité avec des gens qui sont comme des girouettes», prévient-il avant de lancer son message à Ousmane Sonko : «dites au président de l’Assemblée qu’il y a une opposition républicaine. Nous allons nous opposer dignement mais nous ne sommes pas ses ennemis. Il peut servir le pays dans cette institution, mais il ne doit pas en faire un lieu de règlement de comptes», dit-il.
Thierno Alassane Sall : «avec tout ce vacarme au sommet de l’Etat, aucun investisseur ne va s’aventurer au Sénégal»
Thierno Alassane Sall estime que c’est Pastef qui marque des buts contre le Sénégal. Pour lui, avec tout ce vacarme au sommet de l’Etat, aucun investisseur ne va s’aventurer au Sénégal. Sur la question des fonds politiques, il est resté intransigeant, aussi bien pour le président de la République que pour l’ancien Premier ministre, c’est du vol purement et simplement, puisque l’Assemblée n’a jamais été saisie pour l’octroi de ces caisses noires.
Djimo Souaré : «le président doit procéder à la dissolution de l’Assemblée nationale»
Djimo Souaré le dit haut et fort : «il y a bel et bien une crise institutionnelle au Sénégal. Pastef a vendu une chimère aux Sénégalais, il appartient au président de la République d’en tirer toutes les conséquences en procédant à la dissolution de l’Assemblée nationale».
Nd. Kh. D. F












