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CONCERTATIONS SUR LA VIE CHERE :Les consommateurs exhibent les maux qui grèvent le pouvoir d’achat des ménages



 
Pendant plus de six tours d’horloge, les associations des consommateurs du Sénégal, le patronat entre autres participants, ont exposé les doléances des Sénégalais sur la vie chère, notamment les prix des denrées de première nécessité, le ciment, le loyer, etc. Une occasion pour dénoncer l’absence de contrôle à l’origine de la spéculation sur certains produits.
 
 
 
Me Bassirou Sakho, vice-président de l’association pour la défense des locataires au Sénégal a d’emblée dénoncé le nombre d’associations de consuméristes (26) qui, dit-il, ne peuvent pas œuvrer pour le même but séparément. Revenant sur le loyer, il révèle que le problème d’application de la loi sur le loyer relève de la mauvaise foi. «Le coût du loyer constitue un important soulagement dans le budget du ménage. Et si l’Etat réussit à légiférer dans ce secteur afin de venir en aide aux populations, nous pensons que la solution pour lutter contre la cherté de la vie peut passer par-là », explique l’avocat. Anne Marie Sow de l’association pour la défense des usagers de l’eau, de l’électricité et des télécommunications a insisté sur les logements sociaux.
 
Le ciment moins cher au Sénégal que dans la sous-région
 
La spéculation notée dans le prix du ciment a été dénoncée par certains consommateurs. Le directeur de Sococim estime que la fermeture de Dangote et la baisse de la production de Sococim sont entre autres à l’origine des difficultés qui ont entraîné les tensions sur le marché. «Il faut que l’approvisionnement augmente pour qu’on ait assez de ciment sur le marché. Beaucoup de points de vente n’avaient plus de ciment, c’est ce qui a favorisé les spéculations. Mais d’ici quelques semaines, nous pourrons approvisionner le marché jusqu’à retrouver l’équilibre qu’on avait avant», explique le directeur de la Sococim qui précise que le prix administré 67.000 sur le ciment de 32,5 (le plus utilisé) va se stabiliser sur le marché. Il est en outre revenu sur les prix du ciment au Sénégal et dans la sous-région. Et, c’est pour révéler que le prix au Sénégal 73 000 francs est en dessous des prix appliqués. Au Ghana, le prix est à 78.000 francs, 82.000 francs en Gambie, 110.000 francs au Mali, 120.000 francs au Niger, etc.
 
Momar Ndao demande la régulation des prix et l’éradication de la spéculation
 
De son côté, Momar Ndao de l’association des consommateurs du Sénégal (Ascosen) est revenu sur la lutte contre la vie chère. «Il faut une nouvelle politique interventionniste de l’Etat car le libéralisme en matière de fixation des prix des produits de première nécessité a montré ses limites au détriment des consommateurs. Dès l’instant qu’un prix est libre, le vendeur prendra ses aises pour le fixer à sa guise avec des marges qui dépassent largement le raisonnable. Or le commerçant doit gagner décemment mais ne doit pas spéculer sur les prix», fait remarquer le défenseur des consommateurs, avant de poursuivre : «nous demandons la baisse des prix des denrées de première nécessité par la régulation des prix et l’éradication de la spéculation entraînée par le brouhaha de hausse. La guerre en Ukraine ne saurait justifier l’augmentation déraisonnée des marges commerciales que nous constatons et qui font gonfler les prix de tous les produits sans exception à des niveaux insupportables pour le consommateur», martèle Momar Ndao qui sollicite l’homologation de tous les prix de première nécessité.
Le représentant des commerçants détaillants, Omar Diallo, révèle que 98% des Sénégalais ont un rapport direct ou indirect avec les boutiquiers. Poursuivant, il révèle que les commerçants détaillants sont exclus des prises de décisions et il en veut pour preuve les prix du riz révélés par le directeur du Commerce intérieur qui fixe à 325 francs le prix du riz brisé ordinaire. Or selon le représentant des boutiquiers, le kg de riz lui revient à 330 francs. Le litre d'huile coûte 1300 francs alors qu’il revient à 1312 francs au commerçant détaillant. Ce qui lui fait dire que ces décisions ont été prises à l’insu des boutiquiers.
A son tour, le président du Forum des jeunes consommateurs du Sénégal, Seydina Mame Alassane Laye Sow d’embrayer : «Monsieur le Président, vous aviez promis de réduire l’opposition à sa plus simple expression, vous l’avez réussi. Mais vous avez en face le pouvoir d’achat des Sénégalais, votre principal opposant et j’espère que vous allez réussir à le réduire à son plus simple prix», raille-t-il. Le représentant de Sos consommateur, lui, alerte : «si nous ne faisons pas attention, d’ici 2023, nous risquons d’avoir des problèmes. Ce que je ne comprends pas, pour un pays producteur d’arachides et que nous en sommes à importer de l’huile de mauvaise qualité. C’est inadmissible. Que nous produisions de l’oignon et que 200.000 tonnes pourrissent, il y a problème », indique l’adjoint de Me Massokhna Kane.
 
 
M. CISS 
 
 
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