À quelques jours de son audition prévue le 22 avril à New York, dans le cadre de la sélection du futur secrétaire général des Nations-Unies, l’ancien président sénégalais Macky Sall voit sa candidature soutenue par une initiative citoyenne. L’ex-chef d’État qui a également reçu Me Aissata Tall Sall reste confiant quant à l’issue de ce processus.
À mesure que s’approche l’échéance décisive du 22 avril, date à laquelle Macky Sall doit se soumettre au traditionnel « grand oral » des candidats au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations-Unies, les signaux de soutien se multiplient autour de sa candidature.
Dernier en date, le lancement d’un comité citoyen baptisé « Convergences citoyennes », porté par des acteurs de la société civile sénégalaise. Cette plateforme se fixe pour objectif d’accompagner et de promouvoir la candidature de l’ancien chef de l’État sur la scène internationale, au nom d’une ambition plus large : celle de renforcer la place de l’Afrique dans les instances de gouvernance mondiale.
« Nous avons fait le choix de soutenir la candidature du Président Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations-Unies, parce que nous pensons que c’est le moment pour l’Afrique de compter davantage dans le concert des nations », a déclaré l’ancien ministre d’État Babacar Gaye, membre du comité, lors d’une intervention sur iRadio.
Dans la même dynamique, il insiste sur la nécessité de porter « une voix forte », incarnant « la compétence, l’expérience, le dialogue et l’ouverture au monde ». Les initiateurs de « Convergences citoyennes » revendiquent ainsi une démarche à la fois patriotique et panafricaine, estimant que « Macky Sall a le profil de l’emploi ».
« C’est une fierté nationale quand un Sénégalais peut accéder à une telle responsabilité », a encore souligné Babacar Gaye, tandis que le mouvement adopte le slogan « Andak Macky, Dem Onu », appelant à un soutien élargi face à ce qu’il décrit comme des « tentatives de frein » à cette ambition.
Au-delà de cette mobilisation citoyenne, la candidature de Macky Sall bénéficie également de relais politiques. À New York, où il mène activement sa campagne diplomatique, l’ancien président a récemment reçu Aïssata Tall Sall.
À la sortie de cette rencontre, la présidente du groupe parlementaire de l’opposition à l’Assemblée nationale, dominé par les formations alliées à l’ancien chef de l’État, a salué un homme « toujours égal à lui-même ».
« Honorée de l’audience que m’a accordée le Président Macky Sall dans ses bureaux à New York en pleine campagne pour être le prochain SG des Nations-Unies. Toujours égal à lui-même : soucieux du pays et des Sénégalais, même si son engagement international le porte ailleurs. Merci Monsieur le Président et tous nos vœux de succès vous accompagnent ! », a posté l’ancienne garde des Sceaux sur ses réseaux sociaux.
Une campagne sous contrainte diplomatique
Candidat déclaré à la succession de António Guterres, dont le mandat arrive à échéance fin 2026, Macky Sall s’inscrit dans une compétition où les équilibres géopolitiques pèsent lourdement.
Si sa candidature est officiellement en lice et fait l’objet d’un travail de lobbying actif auprès des États membres, elle se heurte néanmoins à plusieurs contraintes structurelles. D’une part, l’absence, à ce stade, d’un consensus clair au sein de l’Union Africaine affaiblit sa position. D’autre part, la règle informelle de rotation régionale, qui favorise cette fois-ci un candidat issu d’Amérique latine, réduit ses marges de manœuvre.
Dans ce contexte, l’audition publique du 22 avril apparaît comme une étape cruciale pour renforcer sa crédibilité internationale et tenter d’infléchir les rapports de force diplomatiques.
En définitive, la candidature de Macky Sall se construit sur un double registre : une mobilisation interne qui cherche à fédérer autour d’un symbole national, et une bataille diplomatique internationale où se jouent des intérêts bien au-delà des seules qualités individuelles des candidats.
Si les soutiens se multiplient et que la campagne s’organise, l’issue dépendra avant tout des arbitrages du Conseil de sécurité, véritable centre de gravité de cette élection.
D’ici là, le « grand oral » de New York constituera un test décisif pour l’ancien président sénégalais, appelé à convaincre non seulement par son parcours, mais aussi par sa capacité à incarner une vision du multilatéralisme dans un monde profondément fragmenté.
Sidy Djimby NDAO












