Privés d’audience depuis leur arrestation au Maroc, des supporters sénégalais détenus à Rabat ont décidé d’entamer une grève de la faim. Dans un message fort, adressé à leur avocat, ils dénoncent une justice qui tarde à les entendre et réclament, dans le calme et la prière, leur droit fondamental à la parole. Ils ont attendu. En silence. Dans l’espoir. Désormais, ils jeûnent.
Détenus à Rabat depuis le 18 janvier, des supporters sénégalais ont annoncé le début d’une grève de la faim, un geste extrême qu’ils présentent comme leur ultime moyen de se faire entendre par la justice marocaine.
Dans un message transmis à leur avocat, Maître Patrick Kabou, les compatriotes expriment leur lassitude face à une procédure qu’ils estiment figée. « Depuis le 18 janvier, nous attendons qu’on nous dise ce qu’on nous reproche ou, au moins, qu’on écoute notre version des faits », écrivent-ils, dénonçant un droit à la défense qu’ils jugent bafoué.
L’incompréhension comme mur judiciaire
Au cœur de leur plainte, une barrière linguistique lourde de conséquences. Selon eux, les échanges se font en français et en arabe, des langues qu’ils ne maîtrisent pas, alors que le ouolof demeure leur principal moyen d’expression. Une situation qui renforce leur sentiment d’exclusion et d’injustice, depuis le commissariat jusqu’à leur détention actuelle.
Ni colère, ni haine, mais une détermination intacte
Malgré l’épreuve, le ton reste étonnamment apaisé. Aucune animosité envers le pays hôte. « Les Marocains sont nos frères », insistent-ils, revendiquant l’esprit de la Teranga et rappelant leur engagement pacifique aux côtés des Lions du football sénégalais.
Soutenus par la foi et la solidarité nationale, les détenus affirment tenir grâce aux prières et aux nombreux messages venus du Sénégal. Ils demandent d’ailleurs à pouvoir accéder à des khassaïdes et au Saint Coran, pour accompagner ce jeûne qu’ils placent sous le signe du recueillement.
Un geste lourd de symboles
En choisissant la grève de la faim, ces supporters franchissent un cap. Celui du corps comme dernier espace de revendication. Une décision qui interpelle, à l’heure où les regards se tournent vers les autorités judiciaires et diplomatiques, appelées plus que jamais à désamorcer une situation qui dépasse désormais le simple cadre sportif.
Le message est clair : ils ne demandent pas de privilèges, seulement d’être entendus.













