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ARNAQUES SUR PLUS D’UN MILLIARD : Comment un restaurateur sénégalais a été piégé en France et pourquoi BNP Paribas vient d’être blanchie




 
 
 
 C’est l’histoire d’un entrepreneur sénégalais, respectable et respecté, entraîné dans une spirale d’arnaques financières aussi discrètes qu’efficaces. Une histoire qui a traversé Bayonne, Pau, Paris et bientôt Bordeaux, avant d’éclater au grand jour. La Cour de cassation française vient de casser la décision qui condamnait BNP Paribas, dans une affaire où M. W., 78 ans, patron de la société Fraso et propriétaire d’un restaurant sénégalais en France, dénonçait des virements frauduleux. Le récit dévoile le chemin précis, presque chirurgical, par lequel un escroc a siphonné plus d’un milliard de F Cfa, et comment la justice rebat aujourd’hui les cartes.
 
Tout commence à l’automne 2020. M. W. croit dénicher une formidable opportunité par le biais d’individus se présentant comme des experts en gestion de patrimoine. Leur discours est calibré, séduisant, parfaitement huilé : ils lui promettent des placements “fiables”, des rendements de 10 à 18%, et même des investissements dans des chambres d’Ehpad. Le timing est parfait. Quelques semaines plus tôt, la société Fraso venait d’empocher 3.484.518,32 €, soit environ 2,3 milliards de F Cfa, grâce à la vente d’un immeuble. Avec de tels fonds, l’entrepreneur sénégalais est une proie idéale.
Séduit, confiant, croyant investir pour faire fructifier son patrimoine et sécuriser l’avenir, il entame une série d’opérations qui s’avéreront désastreuses. Entre le 9 octobre et le 31 décembre 2020, neuf virements sont effectués vers des comptes en Pologne, aux Pays-Bas et au Portugal. Montant total : 1.601.600 €, l’équivalent de 1,05 milliard de F Cfa.
Au début, tout semble normal. Puis les “conseillers” deviennent fuyants, les appels restent sans réponse, les gains promis ne viennent jamais. En janvier 2021, M. W. comprend qu’il a été piégé. Il dépose plainte pour escroquerie. Les sociétés citées par les escrocs, Cabi (France) et Alpha Patrimoine (Luxembourg), signalent elles-mêmes l’usurpation de leur identité.
 
Le premier round judiciaire : Bayonne donne raison à la banque
 
La procédure s’engage côté civil. Fraso accuse BNP Paribas de ne pas avoir exercé son devoir de vigilance face à des mouvements financiers anormaux. Mais le 24 avril 2023, le tribunal de commerce de Bayonne rejette la demande. Pour les juges, la banque n’a pas commis de faute : les virements ont été effectués par le dirigeant lui-même. Rien, selon eux, ne justifiait une intervention ou un blocage. Cette décision est un premier revers pour M. W., qui refuse néanmoins d’en rester là.
 
Le tournant de Pau : la Cour d’appel reconnaît un manquement
 
Le 6 juin 2024, la Cour d’appel de Pau renverse le jugement. Cette fois, la thèse de l’homme d’affaires sénégalais convainc. Les magistrats estiment que la banque aurait dû réagir. Fraso n’a aucune activité internationale ; des virements aussi élevés, aussi soudains, vers des comptes situés dans divers pays européens, constituent selon eux un ensemble “inhabituellement exceptionnel”. La Cour parle d’une perte de chance pour le client : si BNP Paribas avait été plus vigilante, l’arnaque aurait peut-être pu être interrompue à temps. Elle condamne la banque à payer 368.339 €, soit environ 241 millions de F Cfa, avec un partage de responsabilité entre le banquier et le dirigeant sénégalais. C’est une victoire partielle mais symbolique. Pour la diaspora, l’affaire devient un exemple frappant des risques encourus par les entrepreneurs peu familiers des pièges financiers modernes.
 
La cassation : BNP Paribas l’emporte
 
Mais BNP Paribas ne s’incline pas. La banque se pourvoit en cassation, estimant que la Cour d’appel a commis une erreur de droit. Et le 19 novembre 2025, la Cour de cassation lui donne raison. La haute juridiction rappelle une règle fondamentale : un banquier ne s’immisce pas dans les affaires de ses clients, sauf si une anomalie est manifeste, évidente, grossière. Elle estime que les juges de Pau n’ont pas démontré suffisamment l’existence d’une telle anomalie. Aux yeux de la Cour, les virements étaient réguliers, autorisés, effectués par le dirigeant lui-même, les sommes étaient disponibles sur le compte, les banques destinataires étaient des institutions européennes parfaitement ordinaires, la société Fraso disposait d’un patrimoine immobilier solide. Ainsi, rien ne permettait de conclure qu’il s’agissait d’opérations “suspectes” au sens strict du devoir de vigilance bancaire.
La décision de Pau est donc cassée. L’affaire est renvoyée devant la Cour d’appel de Bordeaux, qui devra reprendre l’analyse depuis le début. En attendant, M. W. est condamné à payer 3000 € (près de 2 millions de F Cfa) à BNP Paribas au titre de l’article 700 du Code de procédure civile.
 
Samba THIAM
 
 
 
 
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