On en parle depuis longtemps. L’affaire est entre les mains de la justice. c’est en octobre 2024 que le Procureur financier avait ouvert l’affaire dite des bracelets électroniques. Il s’agit de marchés de 1000 bracelets chacun contractés par le ministère de la Justice pour un peu plus de 6 milliards pour le premier et un peu plus de 5 milliards pour le second. Les résultats provisoires sont effarants : la totalité de la commande n’a pas été réceptionnée par la Direction de l’administration pénitentiaire, mais aussi des dysfonctionnements techniques sur un lot important de bracelets. La structure adjudicataire, le Colombe Cyber Defense Operations Center (CCDOC) SA avec les frères Guèye est indexée. L’enquête pourrait éclabousser d’autres personnalités.
Par un communiqué, le Procureur judiciaire financier a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire devant le juge d’instruction du 3ème cabinet du Pool judiciaire financier, dans une affaire d’acquisition de bracelets électroniques. Il s’agit de deux marchés contractés par le ministère de la Justice en des périodes ou deux anciens ministres, en l’occurrence Malick Sall et Ismaïla Madior Fall, étaient successivement à la tête dudit ministère. Il nous revient que le Procureur financier a ouvert le dossier depuis octobre 2024. Il voulait savoir qui a négocié pour le compte du ministère les deux contrats ; le besoin de contracter un autre contrat, en juillet, avec le Colombe Cyber Defense Operations Center (CCDOC SA) créé par El Hadji Gora Diop Guèye et son frère Djiby Chimère Guèye, alors que la pose des bracelets n’est intervenue qu’en janvier 2023 ; le nombre de bracelets effectivement réceptionnés par la Direction générale de l’administration pénitentiaire et mis à la disposition du centre électronique ; les différents paiements effectués au profit de CCDOC SA dans le cadre de l’exécution de ces marchés ; enfin sur les deux marchés combien a été dépensé et combien il reste. Selon nos informations, la Division des investigations criminelles (Dic) a ainsi entendu l’ancien Directeur de l’administration générale et de l’équipement (Dage) Abdoulaye Sy, mais aussi Moussa Seydi, inspecteur de l’administration pénitentiaire, qui a été entendu en sa qualité de directeur du budget, des finances et du matériel à la Direction de l’administration pénitentiaire. Le Lieutenant Seynabou NDONG, Chef de l'Unité de Surveillance aussi a été entendu.
Il nous revient que les enquêteurs ont constaté qu’il y a un montant de 1.377.900.000 dépensé comme avance de démarrage et qui n’a été défalqué ni sur le prix des bracelets ni sur les prestations ; 14 formations ont été dispensés pour 210 millions, sans qu’on sache le nombre d’agents formés ni les contenus des formations. Ce, entre autres irrégularités. Si ce rapport n’a pas évolué, il est clair que les ennuis judiciaires vont encore démarrer pour des responsables de l’ancien régime.
Alassane DRAME













