À Banjul, le 8e Congrès de l’Aips Afrique a ouvert ses travaux sous le signe de l’unité. Responsables politiques, dirigeants sportifs et journalistes du continent ont fait du sport un langage commun, capable de dépasser les frontières, de créer de la valeur et de rapprocher les peuples africains.
Banjul, capitale africaine de la presse sportive
Le Sir Dawda Kairaba Jawara International Conference Center a servi de cadre à la cérémonie d’ouverture du 8e Congrès de l’Association internationale de la presse sportive (Aips) Afrique. À l’appel de Banjul, autorités étatiques, acteurs du sport et journalistes venus des quatre coins du continent se sont retrouvés autour d’une même conviction : le sport est aujourd’hui l’un des leviers les plus puissants de l’intégration africaine.
Le Sénégal plaide pour un sport sans frontières
Intervenant au nom du Sénégal, Khady Diène Gaye, ministre de la Jeunesse et des Sports, a rendu un hommage appuyé aux journalistes sportifs, décrits comme des « passeurs d’émotions » et des « bâtisseurs de sens ». Elle a rappelé que, en Afrique de l’Ouest, le sport transcende les langues et les frontières pour devenir un outil de diplomatie populaire. Portant la vision du président Bassirou Diomaye Faye, elle a insisté sur le rôle stratégique du sport dans la cohésion sociale, l’employabilité des jeunes et la coopération sous-régionale. La ministre a appelé à une mutualisation des infrastructures et à une mobilité accrue des acteurs sportifs, citant le stade Abdoulaye Wade et la Dakar Arena comme équipements de référence ouverts à la sous-région.
Le sport, un poids économique encore sous-exploité
Pour le Ghana, la voix de Kofi Adams, ministre des Sports, a apporté un éclairage chiffré. Le sport pèserait 512 milliards de dollars, soit près de 2% du Pib africain. Un potentiel considérable, selon lui, qui nécessite une meilleure orientation des investissements vers les ligues locales et les infrastructures africaines. Il a également pointé les obstacles liés aux visas pour les sportifs et les journalistes, plaidant pour des solutions régionales sous l’égide de l’Union africaine. Le Maroc, le Rwanda et la Tanzanie ont été cités comme modèles de pays ayant fait du sport un véritable moteur de développement.
La Gambie entre sport de masse, presse libre et innovation
Au nom du pays hôte, le vice-président Muhammad B.S. Jallow a réaffirmé l’engagement de la Gambie en faveur du sport à la base et d’une presse libre et responsable. Il a évoqué les mutations du journalisme à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle, tout en insistant sur l’éthique et la promotion du sport féminin. Dans la même dynamique, le ministre gambien de la Jeunesse et des Sports, Bakary Badjie, a rappelé la responsabilité des journalistes dans la diffusion d’une information fiable et annoncé l’ambition d’accueillir le championnat ouest-africain de lutte en 2026.
L’Aips face au défi de la crédibilité
Président de l’Aips Monde, Gianni Merlo a salué l’engagement des journalistes africains et appelé à une coopération renforcée pour faire face à la désinformation. Il a souligné la dimension éducative du sport et du journalisme, essentiels pour créer des passerelles entre générations et préparer l’avenir de la jeunesse africaine.
Un congrès à portée stratégique pour l’Afrique
Le président de l’Aips Afrique, Abdoulaye Thiam, a insisté sur la dimension stratégique du congrès de Banjul, présenté comme un jalon majeur vers une presse sportive africaine plus crédible et responsable. Il a rappelé le rôle du sport dans la diplomatie, la cohésion sociale et la création d’emplois, exprimant l’espoir de voir un jour la Gambie accueillir un sommet mondial de l’Aips.
Façonner l’avenir du journalisme sportif africain
Pour Omar Jarju, président de l’Association des journalistes sportifs de Gambie (SJAG), ce congrès est historique. Plus qu’un débat sur le numérique ou l’intelligence artificielle, il s’agit, selon lui, de poser les bases de l’avenir du journalisme sportif africain.
Pendant trois jours, Banjul s’impose ainsi comme un laboratoire d’idées et de propositions concrètes, avec une ambition claire : faire du sport et de la presse sportive des piliers durables de l’intégration et du développement en Afrique.












