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Une affaire de seconde femme qui tourne au drame: le tailleur se dispute avec sa femme pour une histoire de "niarel" se pend



Une affaire de seconde femme qui tourne au drame: le tailleur se dispute avec sa femme pour une histoire de "niarel" se pend

 
La ferme décision du tailleur Cheikh F. de prendre sous peu une deuxième femme a vite tourné à une prise de bec avec sa première épouse. Après la scène de ménage, le mari s’est donné la mort par pendaison hier vers 05h du matin, à Yeumbeul Bène Baraque.
 
 
Cheikh F. ne pourra plus jamais concrétiser son projet de prendre une «niarel» (deuxième épouse). Le tailleur s’est en effet donné hier vers 05h du matin une mort tragique, au domicile de ses parents, situé au quartier Modou Ndiaye de Yeumbeul Bène Baraque, en banlieue dakaroise.
 
 
Le défunt devait pourtant se remarier aujourd’hui avec une fille à Touba  
 
 
A sa descente de travail, Cheikh rentre chez lui vers 01h du matin, sacrifie aux salamalecs d’usage avec les membres de la famille et se retire dans sa chambre conjugale, qu’il partage avec sa progéniture constituée de trois bouts de bois de Dieu. Malgré son statut matrimonial, Cheikh vit encore sous le toit de ses parents à Yeumbeul Bène Baraque et exerce le métier de tailleur dans un atelier sis à Colobane-Dakar. Après une liaison amoureuse avec une fille domiciliée à Touba, il décide d’officialiser avec celle-ci et choisit ce vendredi 6 septembre prochain pour envoyer une délégation auprès des parents de la future mariée dans la cité religieuse, aux fins de sceller l’union à la mosquée.
 
 
Informée, l’épouse fait une scène de ménage et fait des réprimandes à son mari
 
 
Mais, comme de tradition, rapportent de proches voisins, le tailleur annonce la nouvelle de son remariage à toute la famille et fait pareil avec sa première épouse. Cette dernière, jalouse comme pas possible, pique une crise de nerfs et fait une scène de ménage. Elle accable son mari de toutes sortes d’épithètes et dénonce avec véhémence son attitude. Elle se montre amère à l’encontre de son mari et le sermonne par moments dans sa diatribe. «Tu ne te soucies point du bien-être de la famille. Comment peux-tu songer à prendre une deuxième épouse, alors que tu n’as pas encore les moyens et que tu vis toujours au domicile de tes parents ? Tu ferais mieux de te préoccuper de l’avenir de tes trois enfants, mais surtout penser à acquérir un toit pour eux au lieu de convoler en secondes noces». La jeune dame enchaîne avec des paroles aux allures de piqures de rappel et autres remarques acerbes contre son époux.
Après un bref échange de propos, soufflent toujours nos informateurs, le mari voit rouge, ravale cependant sa rage et reste zen devant les incessantes diatribes de sa femme. Mais, évitant de commettre le pire, il se garde de poursuivre la discussion, s’assoit dans un coin et observe le silence. Vers 05h du matin, il se réveille, quitte la chambre conjugale, traverse la cour de la maison et y trouve son papa qui, de retour de la prière de l’aube à la mosquée, s’assoit sur une natte et lit à voix basse le Coran. Cheikh fait ses ablutions, sacrifie à son tour à la prière de l’aube et dépasse le vieil homme qui était toujours penché sur le Livre saint.
 
 
Il entre dans une pièce et se pend à l’aide d’un câble électrique
 
 
Le tailleur entre dans sa chambre conjugale, en sort de nouveau et s’engouffre dans une autre chambre où il se donne la mort par pendaison, à l’aide d’un câble électrique relié à la charpente de la piaule. Un de ses neveux passe devant la chambre, voit la porte entrouverte et décide de vérifier. Il pousse à peine la porte de la pièce, tombe sur le corps sans vie de son oncle pendu et hurle de stupéfaction. Il éprouve d’énormes difficultés à se rendre à l’évidence. Il peine à reprendre son souffle coupé et ameute les membres de la famille. Qui déboulent en catastrophe de leurs chambres respectives, se rendent sur les lieux et constatent l’horreur.
 
 
La dame voit le cadavre de son mari pendu et s’effondre ; la famille rassure sur la santé mentale du défunt
 
 
Alertée par le bruit de la famille, l’épouse sort de la chambre conjugale, voit le corps sans vie de son époux pendu, pique une crise de nerfs et s’effondre. Informé, le commissaire Ibrahima Diouf-Bauer de Yeumbeul envoie ses hommes, qui effectuent les constatations du drame. Les sapeurs-pompiers arrivent, procèdent à l’enlèvement du cadavre du tailleur et l’acheminent au centre hospitalier pour autopsie. Les habitants n’en reviennent toujours pas et se posent mille et une questions sur les motivations du suicidaire. Les parents s’étonnent toujours de l’attitude du tailleur et rassurent que celui-ci jouit de toutes ses facultés mentales. Une enquête a été ouverte par la police.
 
Vieux Père NDIAYE  
 
  
 
L’autopsie confirme le décès par asphyxie mécanique suite à une  pendaison
 
Après le drame, le commissaire Diouf-Bauer et ses hommes procèdent aux auditions des témoins, des voisins et des membres de la famille ; histoire de s’imprégner de tous les éléments de la tragédie familiale. D’autant que des esprits commençaient à faire germer des thèses aussi diverses que variées sur les causes de la mort tragique du tailleur Cheikh F. Mais, à la lisière des conclusions du médecin légiste,  la thèse du décès par pendaison se confirme. En effet, l’autopsie sur le corps sans vie du tailleur conclut à une «mort par asphyxie mécanique suite à une pendaison», révèle le rapport médical de la blouse blanche.
 
V. P. NDIAYE
 
 
 
 
L’épouse parle de dispute anodine avec son défunt mari et regrette
 
Cuisinée à la police, la jeune dame avait toutes les peines du monde pour accomplir sa déposition devant les hommes du commissaire Diouf-Bauer Ibrahima de Yeumbeul. Elle était inconsolable et pleurait comme une madeleine. «C’était juste une dispute anodine, comme cela se passe du reste très souvent dans tous les couples au monde», a laissé entendre, entre deux sanglots, l’épouse du défunt tailleur. Qui ajoute avoir juste rappelé les priorités pour la famille à son mari. «Je lui ai juste fait remarquer qu’il ferait mieux de se soucier du bien-être de sa progéniture, acquérir un toit, car on vit chez son papa, et assurer un avenir radieux pour ses trois enfants, au lieu de songer à prendre une autre épouse», a soutenu la veuve. Qui enchaîne et dit avoir eu des remords. «Je regrette profondément ce qui s’est passé», indique-t-elle.
 
 
Des gens qualifiés «d’esprits tordus ou malfaisants» crient à l’incitation au suicide par pendaison 
 
 
D’autant que des gens qualifiés «d’esprits tordus et malfaisants» commencent à véhiculer dans le quartier que la jeune dame aurait poussé, par la virulence du verbe, son mari à la mort tragique. Aussi, ils  condamnent et crient à l’incitation au suicide par pendaison. «Elle aurait piétiné sa dignité d’homme, de chef de famille, en lui tenant des propos très désobligeants, au point de l’atteindre dans son amour-propre. Outré, le gars aurait choisi d’abréger sa vie par le suicide par pendaison», nous confient des voisins. 
 
 
V. P. NDIAYE 
 

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