Alors qu'une certaine minorité fêtait leur journée mondiale contre l’homophobie, une tribune au vitriol publiée par l’édile de Paris Centre, Ariel Weil, vient de mettre le feu aux poudres. En dénonçant sans détour une «traque» au Sénégal, l’homme politique français place notre pays sur le banc des accusés, provoquant une onde de choc qui relance le débat sur la limite entre solidarité internationale et ingérence souveraine.
Le ton n’avait que rarement été aussi agressif. Dans une tribune incendiaire publiée ce vendredi dans le magazine Têtu, Ariel Weil, figure politique influente de la capitale française, a lancé une charge frontale contre les autorités et la société sénégalaises. Profitant de la caisse de résonance qu'offre la Journée mondiale contre l’homophobie, le maire du secteur Paris Centre (qui regroupe désormais les 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements de Paris) a choisi de briser les codes de la réserve diplomatique pour pointer du doigt ce qu’il qualifie de «dérive répressive» et de «climat de terreur» visant les minorités sexuelles au pays de la Teranga.
Dans ce texte qui fait déjà grincer des dents dans les salons dakarois, l’édile ne porte pas de gant. Il utilise une terminologie choc pour interpeller l’opinion internationale, affirmant sans détour que le Sénégal est aujourd'hui le théâtre d'une «traque anti-gay» orchestrée, selon ses dires, par une alliance de pressions sociales et d’opportunisme politique. Weil fustige une situation où, selon ses propres termes, «l’intolérance est devenue un fonds de commerce politique» utilisé pour galvaniser les masses au détriment des libertés fondamentales.
L’élu parisien va plus loin et s’attaque frontalement à l'un de nos symboles les plus chers. Il écrit avec une virulence rare que «la Teranga ne peut plus servir de paravent à une persécution d'État qui bafoue la dignité humaine la plus élémentaire». Pour lui, le maintien et l'application de la législation pénalisant les actes contre-nature ne relèvent pas de la souveraineté culturelle, mais constituent une «violation flagrante des engagements internationaux du Sénégal». Dans un élan de défi, il appelle les partenaires étrangers de Dakar à sortir de leur mutisme, arguant que « e taire face à cette chasse à l'homme, c'est s'en rendre complice».
En qualifiant la situation actuelle de «régression civilisationnelle» et en martelant le mot «traque», Ariel Weil semble chercher l'affrontement médiatique direct avec Dakar. Alors que les sensibilités sont à fleur de peau, cette provocation venue d'un responsable français risque de ne pas rester sans réponse et pourrait bien déclencher une nouvelle vague de crispations identitaires, sur fond de défense farouche des valeurs nationales.
Allié fidèle de Anne Hidalgo, Ariel Weil est l'un des piliers de la municipalité parisienne en tant que maire du cœur de Paris.
Samba THIAM













