L’Alliance pour la République (Apr) monte au créneau contre les mouvements d’adhésion d’élus locaux vers la nouvelle formation politique présidentielle. Dans une déclaration publiée jeudi 30 juillet 2026, le Secrétariat exécutif national (Sen) du parti de l’ancien président Macky Sall dénonce ce qu’il qualifie de « débauchage des élus locaux » et appelle à une réforme en profondeur du statut des mandats électifs.
Sous le titre « Halte à la volonté populaire détournée ! », l’Apr s’attaque aux départs de maires, conseillers municipaux, conseillers départementaux et présidents de conseil départemental qui rejoignent le camp présidentiel. Pour la formation politique, ces ralliements ne relèvent pas d’un simple « réalignement politique », mais constituent une remise en cause du choix exprimé par les électeurs.
« Les citoyens n’élisent pas seulement des femmes et des hommes. Ils accordent leur confiance à un projet politique, à une vision, à des engagements et à un contrat moral passé avec une formation politique », estime le Sen de l’Apr.
Selon le parti, un élu qui change d’étiquette politique en cours de mandat sans retourner devant les électeurs rompt le lien de confiance établi lors du scrutin. L’Apr considère que la transhumance politique dépasse ainsi la liberté individuelle de l’élu pour devenir une atteinte au principe même de représentation démocratique.
Dans sa déclaration, l’Apr cible particulièrement les mouvements d’adhésion vers le parti présidentiel. Le parti dénonce une stratégie visant, selon lui, à construire artificiellement une majorité politique à travers la récupération d’élus déjà investis par les électeurs sous une autre bannière.
« Lorsqu’elle est organisée par le pouvoir en place, qui la dénonçait vigoureusement hier, la transhumance devient un instrument de fabrication artificielle de majorités politiques », affirme le Sen.
Pour l’ancien parti au pouvoir, ces pratiques réduisent l’action politique à une « opération de transfert de voix » et participent au « recyclage des élites » au détriment de la transparence démocratique.
Face à ce phénomène, l’Apr plaide pour une modification du cadre juridique encadrant les élus. Le parti propose qu’un changement volontaire d’appartenance politique en cours de mandat entraîne, sauf pour les élus indépendants, la « vacance automatique du siège » et l’organisation d’un nouveau scrutin. « La liberté de conscience de l’élu ne saurait prévaloir sur le droit du citoyen et le respect de son vote », soutient le parti.
Cette proposition relance le débat sur le statut des élus au Sénégal et sur la question de l’équilibre entre, d’une part, la liberté politique individuelle des représentants et, d’autre part, le respect du choix des électeurs.
À travers cette déclaration, l’APR entend également repositionner le débat sur la question de la légitimité politique, dans un contexte marqué par une recomposition des forces politiques. Le parti appelle à « défendre l’éthique républicaine, la sincérité du suffrage et le respect absolu de la volonté populaire », estimant que ces principes constituent les fondements d’une démocratie durable.
Cette sortie intervient alors que plusieurs responsables locaux issus de différentes sensibilités politiques ont annoncé leur ralliement à la mouvance présidentielle, un phénomène qui ravive au Sénégal le débat récurrent sur la transhumance politique et ses conséquences sur la représentation démocratique.
Sidy Djimby NDAO













