Quelques semaines après leur sacre continental face au Maroc, les Lions du Sénégal ont repris le chemin de l’entraînement dans une atmosphère mêlant fierté, exigence et concentration, du côté de l’Insep à Paris. Hier, les hommes de coach Pape Bouna Thiaw ont tenu leur première séance d’entrainement en vue du match prévu le 28 mars 2026 au stade de France. Une première séance marquée par la continuité du travail et l’état d’esprit des grandes équipes. Alors que le néo-lion Mamadou Diakhon (Club Bruges) savoure ses premières minutes dans la tanière.
Il y avait comme un parfum de retrouvailles, mais sans excès d’euphorie. Sur les installations de l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (Insep), nichées au cœur du bois de Vincennes, les champions d’Afrique sénégalais ont effectué leur première séance d’entraînement depuis leur sacre face au Maroc. Une reprise sobre, appliquée, presque austère, à l’image d’un groupe déjà tourné vers ses prochains défis.
Sous la houlette du capitaine Kalidou Koulibaly, les Lions ont affiché une concentration remarquable. Pas de débordements, peu d’effusions : juste des salutations chaleureuses, des accolades fraternelles, puis très vite, le retour au travail. Comme si ce titre continental, aussi historique soit-il, appartenait déjà au passé.
La séance, ouverte dans un cadre verdoyant et discret, a débuté par les traditionnels exercices d’échauffement. Courses légères, étirements, puis rapidement, les premiers contacts avec le ballon. Les automatismes n’ont pas disparu : au contraire, ils semblent s’être consolidés. Les enchaînements sont fluides, les appels précis, les transmissions propres. Le groupe vit bien, et cela se ressent dans le jeu.
Dans cette atmosphère studieuse, quelques ajustements ont néanmoins été observés. Certains joueurs, engagés la veille avec leurs clubs respectifs, ont été ménagés. C’est notamment le cas de Moussa Niakhaté, Habib Diarra, Mory Diaw ou encore El Hadji Malick Diouf. Une gestion physique prudente, dictée par l’enchaînement des compétitions en club et la nécessité de préserver l’intégrité du groupe.
Malgré ces absences partielles, l’essentiel de l’effectif était présent. Les cadres ont répondu à l’appel, apportant leur expérience et leur leadership dans une séance où la rigueur tactique n’a pas été négligée. Les échanges entre joueurs sont constants, les consignes respectées, et l’implication totale. Rien n’est laissé au hasard.
Ce premier galop d’entraînement s’inscrit dans la préparation des rencontres amicales face au Pérou, le 28 mars au Stade de France, puis contre la Gambie, le 31 mars à Dakar. Mais au-delà de ces échéances immédiates, c’est bien la perspective de la Coupe du monde de football 2026 qui habite les esprits.
Dans les regards, dans les attitudes, une forme de maturité nouvelle semble s’être installée. Le Sénégal n’est plus seulement un outsider ambitieux : il est désormais une référence continentale, un champion attendu, observé, parfois même redouté. Cette nouvelle dimension impose des exigences supplémentaires, que le groupe semble prêt à assumer.
La promesse Diakhon déjà en lumière
Mais au-delà des cadres habituels, cette première séance a également permis de braquer les projecteurs sur un nouveau visage. Le jeune Mamadou Diakhon, convoqué pour la première fois avec le Sénégal, n’est pas passé inaperçu. Le joueur du Club Bruges en Belgique a impressionné plus d’un observateur par son aisance technique et sa qualité de toucher de balle.
Durant les 1h15 d’entraînement, il s’est montré particulièrement à l’aise dans les petits espaces, enchaînant les gestes justes et les prises de décision rapides. Propre dans ses transmissions, lucide dans ses déplacements, il a laissé entrevoir, par séquences, l’étendue de son potentiel. Sans en faire trop, mais avec suffisamment de maîtrise pour confirmer les espoirs placés en lui.
Dans un groupe déjà riche en talents, cette émergence apporte une touche de fraîcheur et de concurrence supplémentaire, signe d’une relève en marche au sein de la tanière sénégalaise.
L’arrivée progressive des derniers joueurs sélectionnés est attendue dans les prochaines heures à Paris. Le groupe sera alors au complet, permettant d’intensifier le travail et d’affiner les réglages. Mais déjà, cette première séance donne le ton : celui d’une équipe qui n’a pas l’intention de se reposer sur ses lauriers. Dans le calme feutré du bois de Vincennes, loin du tumulte médiatique, les Lions ont repris leur marche. Avec méthode, avec discipline, et surtout, avec cette conscience aiguë que le plus difficile commence souvent après la victoire.
Sidy Djimby NDAO
Correspondant permanent en France












