La majorité parlementaire a encore fait parler sa force. Elle a confirmé la loi portant modification du Code électoral que le Président Bassirou Diomaye Faye leur a renvoyée pour seconde lecture. Face au boycott du groupe parlementaire Takku-Wallu, Tafsir Thioye, Pape Djibril Fall, Thierno Alassane Sall, Birima Mangara et Maguette Sène se sont opposés en votant contre. Du côté de Pastef, seul 128 députés ont voté pour.
Les crêpages de chignon à l’Assemblée nationale du Sénégal sont tellement courants que c’est presque devenu normal, mais quand ça concerne les membres d’un même groupe parlementaire, de surcroît la majorité, cela interpelle plus d’un. Cheikh Bara Ndiaye de Pastef, Abdou Lahad Ndiaye, Cheikh Thioro Mbacké et Ismaïla Diallo se sont en effet donné en spectacle, hier à l’Assemblée nationale, lors de la plénière de seconde lecture de la loi portant modification des articles L29 et L30 du Code électoral.
Bara Ndiaye : «cette loi sera promulguée avec ou sans Diomaye. S’il ne le fait pas, El Malick Ndiaye s’en chargera»
Bara Ndiaye, félicitant la chargée des relations avec les institutions, s’en prend à son collègue Abdou Lahad Ndiaye, à qui il lance des menaces à peine voilées. «Ceux qui vous attaquent parce que vous avez osé dire vos quatre vérités dans cette situation que nous traversons ne sont pas des patriotes. Soyez rassurée, quiconque voudra s’en prendre à vous nous aura en face de lui», a-t-il fait savoir, avant de prévenir les soutiens de Diomaye Faye : «cette loi sera promulguée avec ou sans Diomaye. S’il ne le fait pas, El Malick Ndiaye s’en chargera».
Abdou Lahad Ndiaye : «ce sont les cadres qui devaient alimenter les débats ; malheureusement on donne la parole à n’importe qui à Pastef»
Serigne Abdou Lahad Ndiaye, qui avait recardé Marie Rose Faye après sa publication suite à l’annonce d’une deuxième lecture de l’Assemblée nationale, se sentant visé, ne s’est pas fait prier pour rendre les coups. Après avoir rappelé ses liens avec la porte-parole du gouvernement, Abdou Lahad Ndiaye assure qu’il attend de pied ferme tous ceux qui s’aventureront à lui déclarer la guerre. «Je ne suis pas un poltron, sachez-le, avant de me prendre pour cible», prévient-il.
Le député de Pastef de clarifier sa pensée par rapport à son commentaire sur l’e post de Marie Rose : «vous êtes une autorité, un ministre de la République. C’est pour cela que nous vous recommandons de la retenue. Nous ne devons pas pousser les responsables à s’exposer au limogeage. C’est là le sens de mon avertissement», promet-il.
Abdou Lahad Ndiaye de jeter la pierre à Bara Ndiaye : «actuellement, je ne vois pas l’utilité du Moncap. Ses membres devraient être au cœur des débats ; hélas, nous avons laissé des gens qui ne représentent rien du tout conduire les débats pour nous plonger dans des situations complexes», dit-il avant de se faire attaquer par Ismaïla Diallo et Cheikh Thioro Mbacké.
Thierno Alassane Sall : «ceux à qui il reste un peu de cervelle doivent mettre un terme à cette guéguerre dans le Pastef»
Il a fallu à Thierno Alassane Sall patienter quelques minutes, le temps que le président de l’Assemblée nationale fasse revenir le calme dans l’hémicycle, pour qu’il puisse enfin donner son point de vue. «Tout ça pour ça. Les députés de Pastef n’ont que l’insulte à la bouche. Ceux à qui il reste un peu de cervelle doivent mettre un terme à cette guéguerre dans le Pastef», fustige-t-il.
Nd. Kh. D. F












