Après les épisodes de violences notées à l’Ucad et tout ce qui s’en est suivi, le ministre de l’Intérieur a bénéficié d’une autre tribune hier pour s’expliquer encore une fois sur la grèves des étudiants et l’intervention des forces de l’ordre. C’était lors de l’examen du projet de loi relatif aux activités de sécurité privée. Prenant la parole pour répondre aux interpellations des députés, le ministre de l’Intérieur a d’emblée partagé sa désolation face à la situation qui prévaut à l’Ucad et la mort de Abdoulaye Ba, non sans lancer des piques à ceux qui réclament sa démission. «Tous ceux qui me connaissent savent que le pouvoir ne représente pas grand-chose à mes yeux. Quand on a voulu mettre la pression au Premier ministre pour m’effacer, j’étais prêt à leur faciliter la tâche. Nous avons un rapport très distant avec le pouvoir. Nous voulons servir notre pays sans contrepartie», assure-t-il tout en affirmant accepter tous les avis, malgré les critiques acerbes.
«Nous avons un rapport très distant avec le pouvoir. Nous voulons servir notre pays sans contrepartie»
À Abdou Mbow, le ministre de l’Intérieur dira : «le parallèle que vous avez fait entre l’affaire Bassirou Faye et celui de Abdoulaye Ba n’est pas pertinent, parce que le premier nommé était décédé d’un coup administré par une arme à feu, alors que nous on interdit l’usage d’arme à feu dans les maintien de l’ordre», prévient-il, avant de poursuivre : «Bassirou Faye était atteint par une arme à feu, il n’y a jamais eu de mesures conservatoires, l’enquête a trainé, il y avait beaucoup de cacophonie, c’est pourquoi j’avais demandé en tant qu’avocat de Tombon Waly que l’enquête soit confiée à la gendarmerie».
«Je suis resté dans ma position de principe»
Selon Bamba Cissé, dans le cadre des événements qui se sont passés à l’université, il est resté dans sa position de principe. «J’ai d’abord regretté ce qui s’est passé avant de dénoncer toute violence, peu importe d’où qu’elle puisse venir. Le lendemain des faits, j’ai saisi l’Inspection des services de sécurité pour qu’elle ouvre une enquête. Les premiers résultats sont tombés et j’ai pris des mesures conservatoires parce que j’estime qu’il est important de rester mesuré dans le cadre du maintien de l’ordre pour ne pas donner une mauvaise image de la police», affirme le ministre de l’Intérieur.
A l’en croire, la police a essuyé beaucoup de critiques, quelquefois fondées, parfois non fondées, parce que ce ne sont pas tous les policiers qui se retrouvent dans ce qui a été fait. «Je le dis et le répète, il y a des choses que moi, ministre de l’intérieur, je n’accepterai et ne tolérerai pas aussi longtemps que j’occuperai ce poste. J’ai pris des mesures conservatoires qui peuvent évoluer selon l’enquête», indique le ministre de l’Intérieur.
«Il y a des choses que moi, ministre de l’Intérieur, je n’accepterai et ne tolérerai pas»
Mouhamadou Bamba Cissé invite les députés aussi à ne pas mettre toutes les forces de l’ordre dans le même sac. Evoquant la rapidité et la réactivité des forces de l’ordre, Bamba Cissé assure que l’écrasante majorité des forces de l’ordre ne se retrouve pas dans ce qui s’est fait à l’université, ce qu’on peut appeler bavures. Le ministre de l’Intérieur demande aussi à l’opposition d’éviter de politiser des questions de sécurité nationale.
«Toutes ces vidéos existent, elles ont été filmées entre décembre, janvier et février»
Concernant les vidéos projetées lors de la conférence de presse gouvernementale, Bamba Cissé assure que toutes ces vidéos ont été enregistrées ces deux derniers mois et c’était pour montrer le contexte de l’évolution de la violence à l’Ucad : «toutes ces videos existent, elles ont été filmées entre décembre, janvier et février».
Nd. Kh. D. F













