Pour avoir falsifié dans une lettre la signature de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko pour obtenir un poste au sein du Fonds d'appui à l'investissement des Sénégalais de l'extérieur (Faise), Khardiata Tandian, 39 ans, risque une lourde peine d'emprisonnement de 3 ans ferme suite aux réquisitions du procureur. Elle a été jugée jeudi dernier 11 juin 2026, devant le tribunal correctionnel de Dakar pour tentative d'escroquerie, faux et usage de faux dans une écriture privée et de falsification de Sceaux de l'État.
L'affaire de Khardiata Tandian a défrayé la chronique courant 2025. Elle est prévenue pour tentative d'escroquerie, faux et usage de faux en écritures privées et de contrefaçon de Sceaux de l'État. Cette juriste née en 1987, pour obtenir le poste de directrice juridique du Fonds d'appui à l'investissement des Sénégalais de l'extérieur (Faise), dans une lettre, avait falsifié la signature du Premier ministre de l’époque, Ousmane Sonko, et du chef de cabinet du président de la République. La dame, qui dit être de la promotion 2010 de la Faculté de droit de l'Ucad, avait d'abord commencé par falsifier un bon de commande en se présentant comme le titulaire de l'acte en question. Et sur ce document, elle avait falsifié la signature de Ousmane Sonko, alors Premier ministre, et ‘’apposé’’ le cachet du chef de cabinet du Président de la République. Après avoir fini, Khardiata Tandian est allée déposer cette fausse lettre de recommandation au Faise. Et une fois là-bas, pour tenter de "tromper" la hiérarchie, elle a fait croire qu'elle a été recommandée par Ousmane Sonko pour déposer pour ce poste. Hélas pour elle, sa supercherie a été découverte par l'administrateur du Fonds d'appui à l'investissement des Sénégalais de l'extérieur, Khoureychi Abdoulaye Thiam. Ce dernier a passé un coup de fil au président du parti Pastef/Les patriotes qui lui a fait savoir n'avoir recommandé personne pour ce poste.
C'est suite à ces révélations que Khoureychi Thiam a enclenché des poursuites pour faire la lumière sur cette affaire. Interpellée, Khardiata Tandian a été placée sous mandat de dépôt depuis le 14 mars 2025 suite à une première inculpation pour des faits de faux et d'usage de faux dans une écriture privée. Mais, le 30 juillet 2025, elle a fait l'objet d'une seconde inculpation pour des faits de contrefaçon de Sceaux de l'État pour avoir utilisé le cachet nominatif du chef de cabinet du président de la République.
Aveux de la dame
À la barre du tribunal correctionnel de Dakar où elle a été jugée jeudi 11 juin 2026, la mise en cause a reconnu les faits. Elle a expliqué au tribunal avoir introduit cette lettre de recommandation pour un poste à pourvoir au sein de ladite direction. Pour Khardiata Tandian, elle a fait tout ceci pour faciliter l'obtention de ce poste ; mais, au final, elle n'a gagné que des problèmes. En répondant aux questions du procureur, elle a expliqué le procédé par lequel elle est passée pour la falsification de la signature du Premier ministre de l’époque, Ousmane Sonko. "J'ai suivi des tutoriels sur internet pour pouvoir imiter sa signature. J’ai vu la signature de Ousmane Sonko dans des documents signés par lui et publiés sur internet. J'ai aussi utilisé le cachet de la Primature avec l'aide de mon acolyte, Chérif Habibi Serigne Sy. C'est ce dernier qui s'est inspiré d'un cachet d'un bon de commande de la Primature pour me confectionner ce cachet. J'avais juste fait cela pour obtenir le poste de direction", a-t-elle expliqué.
Sur son niveau d'études, Khardiata Tandian a dit être détentrice depuis 2010 d'un master en droit des affaires qu'elle a obtenu à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar qu'elle a intégré de 2006 à 2010. Interpellée sur le nom de la promotion à laquelle elle appartenait, elle était incapable de la donner. Face à cette incapacité de dévoiler le nom de sa promo, le procureur l'a enfoncée en lui faisant savoir qu'elle n'a jamais fait d'études de droit à l'Ucad comme elle le prétendait.
Ainsi, le parquet a requis sa culpabilité et une peine d'emprisonnement ferme de 3 ans. Il a aussi demandé la confiscation des documents argués de faux ainsi que leur destruction.
Pour la défense, dans cette histoire, il n'a jamais été question de tromper la justice. Le conseil de la défense a indiqué que sa cliente a, depuis l'enquête préliminaire reconnu les faits, jusqu'à la barre de ce tribunal. Contrairement à ce que dit le procureur, ajoute le conseil, Khardiata Tandian a fait des études en droit et le fait d'oublier le nom de sa promo n'est pas un indice pour sa culpabilité. Il a même pris exemple sur lui en révélant devant le prétoire avoir lui aussi oublié le nom de sa promotion. "Elle est à 15 mois de détention provisoire", a rappelé le conseil qui a quémandé la clémence du tribunal en sa qualité de "délinquante primaire". Délibéré au 25 juin prochain.
Fatou D. DIONE













