Le mouvement And Samm Jikko Yi hausse le ton. Face à la presse hier, l’organisation de combat pour la criminalisation de l’homosexualité interpelle l’État, dénonce un cadre juridique jugé permissif et fixe un ultimatum au gouvernement pour traduire en loi une promesse de campagne longtemps réclamée par une frange de l’opinion.
Réunis ce lundi, les responsables de And Samm Jikko Yi ont ouvert leur point de presse par la dénonciation des cas d’homosexualité notés au Sénégal depuis quelques jours. Au-delà de la charge symbolique, And Samm Jikko Yi estime que «ce scandale révèle les failles d’un cadre normatif incapable de prévenir et de sanctionner efficacement certaines pratiques».
Le mouvement affirme que la Constitution sénégalaise freine toute volonté de durcissement légal à l’encontre de l’homosexualité. Dans son argumentaire, And Samm Jikko Yi cite l’article 319, alinéa 3, du Code pénal, qu’il juge «laxiste», estimant qu’il «permettrait de réprimer de nombreux délits sans viser explicitement l’homosexualité».
Promesses politiques et patience épuisée
L’organisation affirme avoir multiplié les démarches depuis l’accession au pouvoir des nouvelles autorités en mars 2024. Des correspondances ont été adressées dès le 24 mai 2024, puis le 13 janvier 2025 au Président Diomaye Faye et au Premier ministre Ousmane Sonko. Des audiences avec le président de l’Assemblée nationale et le groupe parlementaire Pastef sont également revendiquées. «À chaque étape, nous avons reçu des promesses», déplore le mouvement, qui estime aujourd’hui que ces engagements restent sans suite concrète.
Un ultimatum et une pétition annoncée
S’appuyant sur la rhétorique de la «rupture» et de la «souveraineté nationale» portées durant la campagne électorale, And Samm Jikko Yi met désormais la pression. La date du 8 avril est fixée comme échéance pour l’adoption d’une loi criminalisant explicitement l’homosexualité. Passé ce délai, l’organisation affirme «se réserver la suite à apporter». Dans le même temps, Imam Makhtar Sarr, figure du mouvement, a annoncé le lancement prochain d’une pétition nationale. Il a accusé le régime actuel de ne pas avoir respecté ses promesses. Le prêcheur a également démenti toute signature d’accord ou de réserve avec le Premier ministre, balayant des rumeurs relayées, selon lui, par certains militants.
Baye Modou SARR













