La polémique enfle autour de la position des autorités sénégalaises sur la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations-Unies. Le président du parti Les Nationalistes, Tahirou Sarr, est monté au créneau avec une sortie particulièrement virulente, dénonçant ce qu’il qualifie de « reniement du panafricanisme » et de « faute politique grave ».
Dans une déclaration sans détour, le député opposant s’en prend frontalement à la posture de l’État sénégalais. Le nationaliste Tahirou Sarr accuse « de contradiction flagrante entre les principes affichés et les actes posés. Le gouvernement sénégalais ne peut pas prêcher le panafricanisme le jour et l’enterrer la nuit », s’est-t-il indigné. Pour Tahirou Sarr, « le refus ou à tout le moins l’absence de soutien clair à la candidature de Macky Sall constitue une rupture avec les fondamentaux du discours panafricain souvent revendiqué par les autorités. Refuser de soutenir un fils du pays pour un poste mondial, c’est trahir ses propres discours », martèle-t-il, estimant que l’enjeu dépasse largement les clivages politiques internes.
Une charge frontale contre le pouvoir
Dans son argumentaire, le leader des Nationalistes ne se contente pas de critiquer une décision diplomatique. Il y voit « une dérive plus profonde, qu’il assimile à une bassesse politique ». À ses yeux, « la question touche à la crédibilité même de l’État sur la scène internationale. Un Sénégalais en position de diriger l’Onu devrait être une fierté nationale et continentale, pas un embarras diplomatique », insiste-t-il. Une déclaration qui met en avant la dimension symbolique de cette candidature, perçue comme une opportunité pour le rayonnement du Sénégal et, au-delà, du continent africain. Le ton se durcit davantage lorsque Tahirou Sarr évoque ce qu’il considère comme « une incohérence structurelle dans la ligne politique du pouvoir. En se désolidarisant de cette candidature, ce pouvoir incarne un panafricanisme de façade : des discours forts, des actes faibles », dénonce-t-il, pointant une fracture entre la rhétorique officielle et les choix stratégiques opérés.
Le procès d’un « panafricanisme cosmétique »
Au cœur de sa critique, l’homme politique développe l’idée d’un « panafricanisme cosmétique », qu’il dit avoir toujours combattu. Selon lui, « l’attitude des autorités dans ce dossier illustre parfaitement cette tendance à privilégier l’affichage au détriment de l’engagement concret. Cette position est une incohérence flagrante. Elle prouve le panafricanisme cosmétique que j’ai toujours dénoncé », affirme-t-il, avant de conclure sans nuance, « Et disons-le clairement, c’est une honte ».
Au-delà des clivages politiques, une question d’image nationale
Pour Tahirou Sarr, l’affaire dépasse la seule personne de Macky Sall. Elle engage, selon lui, « l’image et la dignité du Sénégal sur la scène internationale. Un fils du Sénégal qui compétit hors du pays est une fierté nationale. Le renier, c’est renier la nation elle-même », soutient-il. Cette lecture patriotique du dossier vise à élargir le débat au-delà des appartenances partisanes, en interpellant l’opinion publique sur ce qu’il considère comme un enjeu de souveraineté morale et de cohérence nationale.
Fatou DIOP












