Profitant des célébrations du centenaire de Wade organisées samedi à Thiès par le Parti démocratique sénégalais (Pds), Doudou Wade est revenu sur les récents développements intervenus à l’Assemblée nationale. L’ancien président du groupe parlementaire des Libéraux a dénoncé ce qu’il considère comme une instrumentalisation des institutions par Pastef et mis en garde contre la tentative de la majorité parlementaire de s’approprier le projet de révision constitutionnelle initié par le président de la République.
La commémoration du centenaire de la naissance de l’ancien président Abdoulaye Wade a servi de tribune politique à l’opposition ce samedi à Thiès.
Revenant sur les démissions des premier et troisième vice-président de l’Assemblée nationale annoncées vendredi par le Bureau de l’institution, Doudou Wade y voit la conséquence d’arrangements internes à Pastef. «Il y a deux jours, nous avons assisté à une situation que le Sénégal n’a jamais connue. Deux vice-présidents de l’Assemblée nationale ont démissionné pour permettre à l’ancien président de l’institution Malick Ndiaye, qui avait démissionné de son poste pour le céder à Ousmane Sonko, de devenir vice-président de l’Assemblée nationale», a-t-il affirmé.
Selon lui, cette situation dépasse le simple cadre du fonctionnement interne d’un parti politique. «C’est un grand problème pour le pays et nous ne pouvons pas continuer à laisser ceux qui nous dirigent se jouer des institutions de la République comme bon leur semble», a-t-il poursuivi.
«Je n’ai jamais vu un régime aussi menteur et manipulateur»
Dans un ton particulièrement offensif, Doudou Wade lâche. «J’ai passé des dizaines d’années dans le paysage politique sénégalais, mais de mes débuts à aujourd’hui, je vous jure que je n’ai jamais vu un régime politique aussi menteur et manipulateur que ce régime de Pastef», a-t-il. L’ancien député n’a pas épargné le Premier ministre Ousmane Sonko. «Le pire, c’est que le gourou qui leur fait faire tout ça n’a aucun mérite exceptionnel. S’il est devenu célèbre aujourd’hui, c’est pour beaucoup à cause d’une affaire de mœurs», a-t-il déclaré.
L’ancien responsable libéral estime que les tensions observées au sein de la majorité risquent désormais d’avoir des conséquences sur la stabilité institutionnelle du Sénégal.
Une interpellation directe du Président Diomaye Faye
S’adressant directement au chef de l’État, il a dénoncé les mouvements observés ces derniers jours au sein de l’Assemblée nationale. «Je voudrais lui dire que la cascade de démissions sur fond de jeu de chaises musicales, à quinze jours de la fermeture de la session, n’honore pas le pays», a-t-il déclaré.
L’ancien président du groupe parlementaire des Libéraux estime que les difficultés internes à Pastef débordent désormais sur le fonctionnement des institutions. «Leur problème intra-Pastef menace dangereusement la stabilité du pays. Jamais l’Assemblée nationale n’a été aussi dévoyée», a-t-il soutenu.
La révision constitutionnelle au centre des inquiétudes
Doudou Wade s’est également prononcé sur la décision du Bureau de l’Assemblée nationale de déclarer recevable la proposition de loi portant révision de la Constitution introduite par un groupe de députés de la majorité.
Pour lui, cette initiative constitue une tentative de récupération politique d’un processus qui relève initialement du président de la République. «Je voudrais dire à Monsieur le Président de la République qu’il a bel et bien une solution face à la tentative de récupération de sa révision constitutionnelle par la majorité de Pastef à l’Assemblée nationale», a-t-il affirmé.
Sidy Djimby NDAO












