Pour avoir été traité d'escroc et d'arnaqueur international, Abou Traoré, un collaborateur de l'armée américaine, a traîné en justice son collègue, le journaliste-réalisateur Amadou Arona Wade. L'affaire a été évoquée mercredi 22 juillet 2026, devant le tribunal correctionnel de Dakar où il lui réclame 100 millions de dédommagement pour des faits de diffamation, d'injures publiques via internet, de menaces, de diffusion de fausses nouvelles et de données à caractère personnel.
Le dossier qui oppose les deux techniciens Amadou Arona Wade à Abou Traoré a été évoqué mercredi 22 juillet 2026, devant le tribunal correctionnel de Dakar. Abou Traoré, qui travaille avec l'armée américaine, reproche à Amadou Arona Wade des faits de diffamation, d'injures publiques via internet, de menaces, de diffusion de fausses nouvelles et de données à caractère personnel. Selon les termes de la citation directe, le prévenu, journaliste-réalisateur Amadou Arona Wade, à travers des vidéos, audios et publications d'images diffusées sur les réseaux sociaux, notamment TikTok et WhatsApp, s'est attaqué à lui en le traitant "d'escroc, de truand et de voleur". Ce prévenu, dit-il, avait ainsi intitulé la publication incriminée. "Arnaque made in Usa ; Abou Traoré, le plus grand arnaqueur du siècle et escroc international...". Le plaignant précisait même que son collègue, pour "ternir" son image, avait partagé ses données personnelles sur toutes ses pages dans les réseaux sociaux. Ses contenus audiovisuels avec des captures d'écran, notamment sa photo, son numéro de téléphone et son adresse des Usa dans le groupe WhatsApp dénommé "Parlons Audiovisuel" et qui regroupe tous Ies acteurs qui travaillent dans le secteur au Sénégal.
Amadou Arona Wade nie
Mais, ces imputations ont été balayées d'un revers de main par le prévenu. À l'en croire, le différend qui l'oppose à la partie civile est survenu à la suite d'une commande de matériels qu'il avait faite à travers internet dans un magasin aux Usa. Il a expliqué que lorsqu'il a recevoir le matériel audiovisuel, il a réalisé s'être trompé sur quelques éléments. C'est dans ces circonstances, dit-il, qu'il a discuté avec Abou Traoré, qui lui avait d'ailleurs promis de se rendre dans ledit magasin pour rendre le matériel. Malheureusement, il s'est finalement rendu compte qu'Abou Traoré l'avait roulé dans la farine. "En réalité, sur chaque achat, la boutique me donne une carte cadeau. Après avoir appelé le magasin, je me suis rendu compte qu'il a même falsifié la facture concernant le matériel. C'est par la suite que j'ai su qu'il a payé 10 mille F alors qu'il a déclaré 869.000 F. Je lui ai fait savoir ça en lui demandant de me restituer les 500.000 F que je lui avais envoyés comme acompte. C'est là que je lui ai demandé de venir s'expliquer dans notre groupe où j'ai balancé les preuves pour tirer les choses au clair. Ce qu'il n'a toujours pas fait", a-t-il déclaré.
Par rapport aux vidéos publiées sur TikTok dans lesquelles il aurait dénigré Traoré, il soutient : "je n'ai ni prononcé son nom, ni divulgué son adresse et son numéro de téléphone. C'est seulement dans notre groupe WhatsApp que j'ai parlé de notre problème tout en y balançant des preuves. Je ne l'ai jamais insulté dans ce groupe WhatsApp audiovisuel".
La partie civile réclame 100 millions
Représenté par son avocat Me Alioune Badara Ndiaye, Abou Traoré a réclamé la somme de 100 millions de F Cfa en guise de réparation. Le conseil, pour justifier ce montant, a argué que son client qui travaillait avec l'armée américaine a perdu des contrats avec cette entité à cause de cette affaire. "Il a publié des vidéos sponsorisées avec des vues et commentaires que je viens de vous verser. Il a aussi fait des publications dans le groupe. Au lieu de porter plainte à la suite de leur différend, il est allé porter préjudice à mon client sur les réseaux sociaux. Ce sont des propos déstabilisateurs. Il lui a causé un préjudice incommensurable à cause de ses accusations mensongères", a relevé Me Ndiaye, qui a aussi demandé à ce que le mis en cause soit déclaré coupable pour atteinte aux droits des personnes concernant les données personnelles.
Le procureur s'étant rapporté à la sagesse du tribunal pour la peine de prison, le conseil du prévenu, Me Famara Mané, a d'emblée indiqué dans sa plaidoirie que personne, dans les commentaires, n'a évoqué le nom de la partie civile dans la publication de son client. Ce dernier, d'après la robe noire, a tout simplement expliqué ce qui s’est passé entre eux. Il s'est senti offensé parce qu'il s'est senti visé, a martelé l'avocat qui a demandé au tribunal d'infliger à son client une peine qui lui permettra de continuer à exercer son métier librement si toutefois il estime qu'il est coupable.
Fatou D. DIONE












