À Ouakam, une querelle familiale a failli virer au drame. Poursuivi pour tentative d’assassinat après avoir lancé un projectile sur la tête de son cousin, Ngagne Demba Guèye a vu le parquet demander la requalification des faits en coups et blessures volontaires. La chambre criminelle de Dakar devant qui il a comparu hier rendra sa décision le 24 mars 2026.
L’affaire trouve son origine dans une scène banale, un après-midi du 1er septembre 2023. Ce jour-là, vers 17h, El Hadji Ousseynou Guèye discute avec sa tante, qui le félicite pour son comportement exemplaire dans le quartier. Des compliments qui, selon la partie civile, auraient suscité la jalousie de son cousin, Ngagne Demba Guèye, 30 ans. Vexé par ces éloges, l’accusé l’aurait d’abord injurié avant de l’attaquer et de proférer des menaces de mort. L’altercation semble s’apaiser, mais quelques instants plus tard, la situation dégénère. Posté sur la terrasse de la maison, tapi dans l’ombre selon la victime, Ngagne Demba Guèye aurait lancé une brique en direction de son cousin. Touché à la tête et à l’épaule, El Hadji Ousseynou Guèye s’effondre.
La brigade de Ouakam est saisie d’une plainte. Convoqué, le mis en cause ne répond pas. Il sera finalement interpellé le 19 octobre 2023 dans le cadre d’une autre affaire, liée à un vol de bétail.
À la barre, des versions divergentes
Devant le tribunal, le prévenu conteste l’intention homicide. "Je ne lui ai pas jeté une brique, mais une petite pierre", soutient-il. Il reconnaît avoir agi sous le coup de la colère après une dispute. "Je ne voulais pas le tuer, mais le blesser", affirme-t-il, regrettant ses actes et assurant avoir tiré des leçons de cette affaire.
La victime, elle, maintient sa version. "J’ai entendu des gens crier mon nom pour me dire de fuir, mais avant de comprendre ce qui se passait, j’ai reçu une brique sur la tête", raconte-t-elle. Malgré tout, El Hadji Ousseynou Guèye choisit l’apaisement : "je lui pardonne. C’est mon cousin. Je ne réclame aucun dédommagement".
À l’audience, le procureur estime que les éléments constitutifs de la tentative d’assassinat ne sont pas réunis. "Beaucoup d’éléments manquent pour retenir cette qualification", souligne-t-il, rappelant toutefois la gravité des faits et l’existence d’un certificat médical. Le parquet requiert la disqualification en coups et blessures volontaires avec préméditation et sollicite une peine de 2 ans d’emprisonnement, dont 6 mois ferme.
De son côté, la défense, assurée par Me Khadim Kébé, plaide la bagarre spontanée. Selon l’avocat, l’acte relève davantage d’une réaction impulsive que d’un plan prémédité. Il demande au tribunal de requalifier les faits en violences volontaires simples et d’appliquer une peine plus clémente. En dernier mot, l’accusé a exprimé ses regrets et demandé pardon à la victime ainsi qu’à la Cour. Délibéré le 24 mars prochain.
Fatou D. DIONE












