Au Sénégal, en 2024, 62,3% des individus âgés de 10 ans et plus ont accès à Internet, soit 7,5 millions de personnes. Une forte disparité, selon le milieu de résidence, caractérise cet accès 79,4% en milieu urbain contre seulement 41,3% en milieu rural. Cette fracture numérique est significative, puisque le milieu urbain concentre 70,2% des utilisateurs d'Internet alors qu'il représente 55,1% de la population étudiée. Les jeunes adultes de 20 à 44 ans présentent les taux d'accès les plus élevés (entre 69,8% et 77,9%). Les enfants de 10-14 ans sont les moins connectés avec seulement 40,7% d'accès, tandis que les personnes âgées de 60 ans et plus affichent un taux de 53,1%. Les 15-24 ans représentent plus d'un tiers des utilisateurs d'Internet au niveau national. Le wifi et les données mobiles constituent le principal mode d'accès à Internet, concernant 59,6% de la population (7,1 millions de personnes). L'accès à internet par sexe est relativement équilibré: 61,2% pour les hommes contre 58,2% pour les femmes, soit un écart de 3 points de pourcentage. La disparité géographique persiste: 76,0% d'accès en milieu urbain contre 39,4% en milieu rural. Les taux les plus élevés s'observent chez les 30-44 ans (plus de 72%), tandis que les enfants de 10-14 ans demeurent les moins connectés (39,2%). La fibre optique reste une technologie émergente au Sénégal avec seulement 4,2% de taux de pénétration (501 373 personnes âgées de 10 ans et plus). Elle est quasi inexistante en milieu rural (0,2%) et concentrée en zone urbaine (7,4%) où se trouvent 97,4% des utilisateurs de fibre. Les 15-19 ans constituent le groupe d'âge le plus représenté parmi les utilisateurs de fibre optique (26,3%), suivis des 20-24 ans (13,8%) et des 30-34 ans (12,8%). Ces données révèlent une fracture numérique territoriale majeure nécessitant des efforts d'extension de la couverture Internet, particulièrement en milieu rural.
86,6% des ménages urbains ont accès au robinet dans le logement contre 69,1% en milieu rural
Au niveau national, en 2023, le robinet dans le logement (80,2%) constitue la principale source d'eau de boisson des ménages. La région de Dakar affiche la meilleure couverture avec plus de 9 ménages sur 10 (94,5%) qui utilisent l'eau de robinet dans le logement. Les disparités urbain-rural persistent 86,6% des ménages urbains ont accès au robinet dans le logement contre 69,1% en milieu rural. Les régions de Kolda (49,5%), Sédhiou (49,6%) et Tambacounda (21,8%) dépendent fortement des puits non protégés, tandis que la région de Kédougou se distingue par l'importance des puits à pompe/forages (32,9%). Les sources modernes comme l'eau minérale/améliorée restent marginales (1,9% au niveau national), sauf à Dakar (3,4%). Au-delà des robinets, les autres sources alternatives d'eau de boisson intègrent les puits non protégés (7,4%), les puits protégés (5,1%) et les puits à pompe ou forage (2,8%). Bien que moins répandues, ces infrastructures communautaires jouent également un rôle crucial dans l'accès à l'eau potable, surtout dans les zones rurales.
Ramassage des ordures ménagères au niveau national par camion 40,3% et les dépôts sauvages 27,3%
L'analyse des modes d'évacuation des ordures ménagères au Sénégal révèle qu'au niveau national, le ramassage par camion (40,3%) et les dépôts sauvages (27,3%) sont prédominants. Dakar se distingue avec 86,6% de collecte par camion, illustrant une gestion plus formalisée. À l'opposé, les régions de Sédhiou (59,5%), Kédougou (56,3%) et Matam (53,1%) recourent majoritairement aux dépôts sauvages. Selon le milieu de résidence, les zones urbaines ont plus accès au ramassage par camion (61,7%) tandis que les zones rurales utilisent principalement les dépôts sauvages (58%). La calèche/charrette représente une alternative significative (19,7% au niveau national), particulièrement développée à Thiès (38,2%) et Kaffrine (33,4%). L'incinération reste marginale sauf à Ziguinchor où elle représente (32,3%).
Les allocations familiales représentent 58,7% des charges techniques de prestations familiales
Pour la Caisse de sécurité sociale (Css), le montant total des charges techniques des prestations familiales s'élève à 15 105 925 904 francs Cfa en 2022. Cette somme est répartie entre plusieurs types de prestations. Les allocations familiales représentent la part la plus importante des charges, avec 58,7% du total, soit 8 869 176 900 francs, ce qui montre leur prédominance dans les dépenses liées aux prestations sociales. Suivent les indemnités de congé de maternité, qui regroupent 34,6% des charges, avec 5 230 812 707 francs, soulignant l'importance du soutien aux mères pendant cette période. Les allocations de maternité s'élèvent à 696 796 200 francs (4,6%), représentant ainsi un poste non négligeable, tandis que les allocations prénatales couvrent 1,6% des dépenses, soit 243 835 450 francs, apportant un soutien aux femmes enceintes. Les ristournes sur les allocations familiales ne représentent que 0,3% des charges, avec 37 486 767 francs, et les allocations de chômage sont quasi inexistantes avec seulement 150 800 francs. Les rentes (84,3%) et les indemnités journalières (10,4%) ont constitué l'essentiel des prestations d'accidents de travail en 2022. Les indemnités journalières sont payées durant la période de traitement d'une blessure alors que les rentes prennent en charge une incapacité permanente.
Il ressort toujours du rapport sur la situation économique et sociale du Sénégal de l’Ansd en 2024 que les accidents demeurent la principale catégorie d'intervention, avec 23.366 sorties, représentant 37,8% du volume global. Bien que cette catégorie conserve une place prépondérante, elle enregistre un léger recul par rapport à 2023, ce qui peut être interprété comme le résultat d'une amélioration des mesures de prévention ou d'une diminution des facteurs de risque. Les interventions pour cas de maladie suivent une tendance similaire, totalisant 7381 sorties en 2024, soit 11,9% de l'ensemble des interventions, et affichant également une baisse relative par rapport à l'année précédente. Les sorties liées aux incendies s'élèvent à 4196 interventions, correspondant à 6,8% du total. A l'inverse, les opérations diverses demeurent relativement stables, avec 4887 sorties, soit 7,9% des interventions, confirmant la diversité des missions techniques prises en charge par les unités de la Bnsp. Par ailleurs, les activités diverses, incluant notamment les services de représentation et certaines tâches de soutien, connaissent une légère progression pour atteindre 12 031 interventions, représentant 19,4% du total, ce qui traduit un élargissement des missions non urgentes du dispositif opérationnel. L'analyse des assistances aux malades met en évidence une grande diversité des activités prises en charge par la Bnsp. Les maladies non déterminées constituent la catégorie la plus fréquente, représentant 35,8% des cas. Elles sont suivies par les autres crises (15,6%) et les troubles mentaux (14,3%), révélant une persistance notable des situations de détresse psychologique et neurologique. Les crises d'épilepsie représentent également une part importante des interventions, avec 8,7% des cas. Par ailleurs, les malaises (7,0%), les maux de ventre (5,7%) et les maux de tête (4,5%) demeurent des motifs récurrents de sollicitation. L'analyse des durées d'intervention révèle une évolution vers des missions plus longues. Sur 55.985 interventions renseignées, 23.003 ont duré moins d'une heure, tandis que 21.792 se sont étendues entre 1 et 6 heures. En outre, 10 037 interventions ont duré entre 6 et 12 heures, 1 123 entre 12 et 24 heures, et 30 ont dépassé 24 heures, traduisant la complexité croissante de certaines opérations.
1.518.160 enfants protégés contre le risque maladie
En matière de protection de l'enfance et de couverture sanitaire, les données de la Direction générale de la Protection sociale et de la Solidarité nationale (Dgpsn) révèlent que les tendances sont globalement à la baisse. En 2024, 1.518.160 enfants ont été protégés contre le risque maladie, soit 2.345.111 bénéficiaires de moins qu'en 2023, indiquant une contraction du nombre de bénéficiaires. La gratuité des soins pour les enfants de moins de cinq ans recule également, passant de 1.087.095 bénéficiaires en 2023 à 978.181 en 2024, soit une diminution de 108.914 enfants. Les services de cantines scolaires connaissent aussi un recul, avec 317.791 enfants couverts en 2024 contre 352.803 en 2023, soit 35.012 bénéficiaires en moins, illustrant une baisse modérée de la couverture de l'alimentation scolaire. À l'inverse, les interventions nutritionnelles enregistrent une progression notable. En 2024, 2.089.214 enfants âgés de 0 à 59 mois ont bénéficié des services de nutrition, contre 1.967.718 en 2023, soit une hausse de 121.496 bénéficiaires, traduisant un renforcement des programmes de prévention de la malnutrition. Dans le même sens, les actions de protection contre la pauvreté, les vulnérabilités familiales et l'exclusion sociale ont concerné 2 144 279 enfants en 2024, en augmentation de 238 785 bénéficiaires par rapport à 2023. Par ailleurs, 361 enfants orphelins ont reçu des kits scolaires, soit 144 de plus qu'en 2023. La prise en charge des enfants en conflit avec la loi, en danger ou ayant des besoins spéciaux a connu une augmentation exceptionnelle, passant de 2 906 enfants en 2023 à 45.970 en 2024, soit 43.064 bénéficiaires supplémentaires.
191.278 nouveaux travailleurs affiliés à un mécanisme de retraite en 2024
Du point de vue de la protection sociale des travailleurs, 711.646 travailleurs du secteur formel sont affiliés à un mécanisme de retraite en 2024, contre 520.368 en 2023, soit une hausse de 191.278 affiliés. En revanche, 521.151 personnes en âge de travailler sont affiliées aux prestations familiales, enregistrant une baisse de 135.537 bénéficiaires. L'affiliation à l'assurance maladie baisse fortement, passant de 1 037 863 personnes en 2023 à 557.227 en 2024, soit une diminution de 480.636 personnes (Dgpsn). Parmi elles, 631.248 travailleurs du secteur formel sont couverts contre le risque maladie, soit 644.144 de moins qu'en 2023. Aucun bénéficiaire du Pnbsf ou détenteur d'une carte d'égalité des chances n'a été couvert en 2024, contre 748.639 en 2023. Dans le secteur informel et rural, 183.818 travailleurs sont couverts contre le risque maladie, soit 441.395 de moins qu'en 2023.
Moussa Ciss












