Réuni ce mercredi en Conseil des ministres, le chef de l’État a insisté sur la prévention des risques, la sécurité des populations, la mobilité durable et la valorisation du patrimoine national. Face à l’accumulation des vulnérabilités, Diomaye Faye a donné des orientations claires.
Le président de la République a d’abord dressé un constat préoccupant avec la recrudescence des incendies, feux de brousse, accidents de la route, effondrements de bâtiments, noyades, mais aussi accentuation des catastrophes naturelles, crues des fleuves, risques d’inondations et avancée accélérée de la mer menaçant de nombreuses localités du pays. À cette situation déjà critique s’ajoutent des drames humains récents, notamment l’incendie meurtrier survenu à Touba Thiarène, envers lequel il a exprimé la compassion et la solidarité de la Nation.
Pour le chef de l’État, ces événements ne relèvent plus de faits isolés, mais révèlent des failles structurelles appelant une transformation profonde des dispositifs de prévention et de protection civile. Il a ainsi insisté sur la nécessité d’ancrer durablement une véritable culture nationale de protection civile, fondée sur l’anticipation, la prévention et la réactivité. Dans cette perspective, et en prélude à la Journée internationale de la protection civile célébrée le 1er mars, le Président Faye a souligné l’urgence d’assurer l’exécution optimale du plan de réalisation des infrastructures et équipements de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, pilier opérationnel du dispositif national de secours.
Au-delà des équipements, Bassirou Diomaye Diakhar Faye a demandé un renforcement significatif des ressources humaines de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, tout en appelant au développement de mécanismes innovants de volontariat dans les domaines de la protection civile et du secours d’urgence. Cette approche vise, selon lui, à élargir la base citoyenne de la prévention et à mieux impliquer les communautés locales dans la gestion des risques.
Enfin, le chef de l’État a demandé l’engagement du processus de création d’une structure nationale robuste de gouvernance stratégique de la protection civile, dotée de ressources humaines renforcées et de moyens adaptés, traduisant une volonté claire de hisser la protection des populations au rang de priorité nationale permanente.
La mobilité, levier de sécurité et de développement
Dans un second temps, Faye est revenu sur la question de la mobilité urbaine et interurbaine, rappelant qu’elle constitue une priorité du projet national de transformation économique et sociale. Il a souligné que la circulation sécurisée des personnes et des biens demeure un accélérateur majeur de développement, tout en appelant à un encadrement plus rigoureux de la circulation des véhicules et à un renforcement de la sécurité routière. À cet effet, il a demandé au Gouvernement de mettre en œuvre des mesures ciblées pour améliorer durablement la mobilité, notamment dans l’agglomération dakaroise, dans certaines grandes villes de l’intérieur du pays et sur les axes routiers identifiés comme particulièrement accidentogènes. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’une approche territorialisée, tenant compte des spécificités locales.
Il a également mis en avant l’importance de diversifier les modes de transport entre les régions, en accordant une attention particulière au développement du réseau ferroviaire et à l’amélioration de la qualité des transports publics. Dans ce cadre, il a instruit le ministre des Transports terrestres et aériens de conduire des concertations approfondies avec l’ensemble des parties prenantes, afin de redéfinir les priorités et options des structures de transport public, dans une logique de complémentarité, de maillage national renforcé et d’optimisation des coûts et des tarifs pour les usagers.
Concernant les transporteurs privés, Diomaye a appelé à une réflexion inclusive sur la modernisation des parcs automobiles et des systèmes de transport, en veillant à l’adaptation de la réglementation pour faciliter la mobilité tout en améliorant la sécurité. Il a, en outre, demandé un renforcement du dialogue social dans le secteur, avec pour objectif la proposition, avant fin mai 2026, d’un nouveau dispositif concerté d’amélioration de la mobilité urbaine et interurbaine.
En outre, le chef de l’État a attiré l’attention du Gouvernement sur la richesse exceptionnelle du patrimoine national, matériel et immatériel, dont la valorisation constitue un levier majeur de développement économique et de rayonnement culturel. Il a demandé l’actualisation consensuelle, avant la fin de l’année 2026, du répertoire et du classement des biens relevant du patrimoine historique national.
Fatou DIOP












