La mobilisation religieuse et politique en faveur de Farba Ngom se poursuit dans le Nord du Sénégal. Après la grande journée de prières organisée fin février à Agnam Ouro Ciré, une nouvelle cérémonie de récital du Coran s’est tenue à Ndioum pour implorer sa libération. À l’initiative du maire de la commune, Cheikh Oumar Anne, cette rencontre spirituelle a également été l’occasion de dénoncer ce que ses organisateurs qualifient d’«affaire politique».
La cérémonie s’est déroulée vendredi dans la commune de Ndioum, dans le département de Podor, et a rassemblé plusieurs autorités religieuses, notables et fidèles venus de différentes localités du Fouta. Parents, proches et sympathisants de l’ancien député-maire des Agnam ont effectué le déplacement depuis plusieurs communes de la vallée du fleuve Sénégal, dans une ambiance mêlant recueillement religieux et solidarité communautaire.
Au cœur de cette journée spirituelle, les participants ont procédé à la récitation de 124 kamils du Saint Coran, une pratique consistant à accomplir une lecture complète du livre sacré. Les prières ont été formulées collectivement afin d’implorer Dieu pour la libération de Farba Ngom, incarcéré depuis un an dans le cadre de l’affaire dite des «125 milliards».
Parmi les personnalités présentes figuraient notamment Thierno Mountaga Tall, représentant de la famille de El Hadj Omar Tall dans le département de Podor, ainsi que Thierno Madani Hassirou Tall et plusieurs érudits venus de diverses localités du Fouta. La participation de ces figures religieuses a donné à la rencontre une dimension spirituelle particulièrement marquée.
S’exprimant devant la presse à l’issue de la cérémonie, Cheikh Oumar Anne a livré une lecture politique de la situation judiciaire de Farba Ngom. Tout en affirmant sa confiance dans l’institution judiciaire, il estime que le dossier dépasse le simple cadre judiciaire. «Dans cette affaire, la justice n’est pas encore intervenue. Le problème est purement politique», a-t-il soutenu.
Dans ses propos, Cheikh Oumar Anne a directement mis en cause les autorités actuelles du pays. Il a notamment cité le Premier ministre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye, estimant que la situation judiciaire de Farba Ngom serait liée à une décision politique prise au sommet de l’État.
Selon lui, le combat engagé contre le responsable politique du Fouta serait avant tout un affrontement politique. Il a également mis en garde les députés sur les conséquences que pourraient avoir certaines décisions institutionnelles, notamment celles relatives à la levée de l’immunité parlementaire. «Ce n’est pas la justice. C’est Ousmane Sonko, le Président Bassirou Diomaye Faye et leur gouvernement», a-t-il affirmé, appelant les autorités à «revenir à la raison».
Sidy Djimby NDAO












