Mamadou Sy alias Ndjiol et Henry Ndiompy dit Parisien risquent chacun 20 ans de réclusion criminelle pour meurtre avec actes de tortures et barbaries. Ils ont comparu hier, mardi 17 mars 2026, devant la chambre criminelle de Dakar après avoir fait 5 ans en détention provisoire.
Mamadou Sy alias Ndjiol et Henry Ndiompy alias Parisien ont comparu hier, mardi, 17 mars 2026 devant la chambre criminelle de Dakar pour des faits de meurtre avec actes de tortures et barbaries. Ils sont en détention provisoire depuis 2021, accusés d'avoir tué le nommé Wally Koita à la suite d'une altercation. Le mobile du crime, un téléphone portable. En effet, le corps de la victime a été découvert le 1er septembre 2021 par les éléments de la brigade de la Foire à côté d'un dépotoir d'ordures de l'Ucg près de l'aéroport Léopold Sédar Senghor. Le cadavre du défunt présentait des blessures sur plusieurs parties du corps, notamment sur le tibia gauche. Transporté à l'hôpital pour des besoins d'autopsie, le médecin a dans ses conclusions parlé de blessures crano-rachidien, d'une fracture du rachis et enfin d'une mort provoquée par une hémorragie interne à la suite de coups par objet dur et contondant.
Ainsi, l'enquête diligentée avait permis aux agents d'auditionner un témoin du nom de Adama Touré. Devant les agents interpellateurs, ce dernier avait soutenu que les accusés ont ligoté, battu puis torturé la victime jusqu'à ce que mort s'ensuive. Ils l'ont traîné jusqu'au dépotoir d'ordures et l’ont laissé là-bas, dit-il toujours. Poursuivant ses déclarations, le sieur Touré accable les accusés. Il a attesté qu'ils étaient deux à battre la victime. Il soutenait que c'est Ndiol qui est allé par la suite chercher une corde avec laquelle il a ligoté le défunt. Il avait aussi remis un bâton à Henry pour qu'il continue à corriger la victime. Sur le mobile du crime, Adama Touré avait déclaré que c'est Ndiol qui avait volé le portable de Henry Ndiompy avant d'imputer cela à la victime, Wally Koita. Il les a mis en brouille avant qu'ils ne se battent, dit-il. Interpellé puis entendu, Henry Ndiompy a nié les faits en imputant le meurtre de son ami Wally Koita à Ndiol. Néanmoins, il avait reconnu lui avoir asséné des coups de pierre et de bâton. Ndiol, pour sa part, a réfuté ces accusations en précisant qu'il n'est pas mêlé à cette affaire. En revanche, il disait que c'est Henry Ndiompy qui a tué son ami Waly Koita.
Ndiol campe sur sa position
À la barre du tribunal, le commerçant domicilié à Ouakam, Mamadou Sy dit Ndiol a persisté à nier. Il a balayé les accusations du témoin en affirmant n'avoir jamais assisté à la bagarre qui opposait Henry Ndiompy à la victime. "Ce sont les cris de Wally qui m'ont alerté, alors que j'étais à mon commerce. Quand je suis arrivé, je les ai trouvés en train de se bagarrer. Je leur ai demandé ce qui s'est passé. C'est ainsi que Henry m'a confié que Wally lui avait volé son portable", a-t-il révélé. Le manutentionnaire Henry Ndiompy, 25 ans, a lui aussi contesté. Il racontait que le jour des faits, la victime, un certain Cheikh Ndione et lui, après s'être ravitaillés en alcool, ont picolé avant de s'assoupir. C'est à son réveil vers 5h du matin, dit-il, qu'il a constaté que son portable a été dérobé par son ami Wally Koïta. Celui-ci, dit-il, lui a asséné un coup de bouteille sur la tête. "En répliquant, je lui ai donné des coups de poing au visage. Une fois à terre, je lui ai donné trois coups de pierre sur la tête. C'est là qu'il a crié en me disant qu'il allait me restituer mon portable", déclare-t-il. Mais, à la police et devant le juge d'instruction, Henry Ndiompy avait révélé lui avoir asséné 5 coups de bâton. Ce qu'il reconnaît à la barre en précisant que c'est Ndiol qui lui a remis le bâton pour pouvoir le corriger davantage. Il précisait que Wally était mal en point du fait des coups reçus, mais il vivait toujours. À la question de savoir le pourquoi ils se sont acharnés sur lui, il a dit qu'ils étaient bourrés.
Le procureur requiert 20 ans
Le procureur, de son côté, a indiqué que ce sont ces coups qui sont à l'origine de sa mort. Il a d'ailleurs désigné Ndiol comme étant le coauteur du décès avant d'ajouter qu'il n'y a pas d'excuses de provocation dans cette histoire. Il a requis 20 ans de réclusion criminelle pour meurtre contre chacun tout en sollicitant le tribunal d'écarter la circonstance de barbarie. La défense assurée par Mes Emmanuel Diatta et Mouhamadou Moustapha Dieng, a plaidé l'acquittement. Selon ce dernier, pour le compte de son client, Ndiol, c'est un certain Pape Faye qui a informé Ndiol qui habitait les parages de la découverte du cadavre. C'est un problème d'imputabilité qui se pose, a-t-il ajouté. Le conseil a même dit que l'on ne peut pas juger Ndiol rien que parce qu'il est "boudiouman". Délibéré au 14 avril 2026.
Fatou D. DIONE













