Fini certaines pratiques jugées incompatibles avec les nouvelles exigences de la discipline. La Fédération sénégalaise de lutte a dévoilé une série de mesures strictes visant à mieux encadrer les manifestations de lutte, avec une attention particulière portée au bien-être animal, à la sécurité des acteurs et au respect des valeurs du sport.
La Fédération sénégalaise de lutte (Fsl) a franchi un nouveau cap dans l’encadrement des manifestations de lutte. Dans une circulaire signée ce 10 juin 2026 par son président Ibrahima Sène, l’instance dirigeante a annoncé un renforcement des interdictions applicables dans l’arène nationale et sur tous les sites accueillant des compétitions placées sous son autorité.
Cette décision vise à préserver l’intégrité de la lutte sénégalaise, à garantir le respect de la dignité humaine, à assurer la sécurité des personnes et à protéger le bien-être animal.
Les animaux désormais bannis des manifestations de lutte
La mesure la plus marquante concerne l’interdiction formelle d’introduire, d’exhiber, de transporter ou d’utiliser tout animal, vivant ou mort, dans l’arène, ses dépendances ou les espaces réservés aux compétiteurs.
La Fédération interdit également toute pratique susceptible de porter atteinte à l’intégrité physique, à la santé ou au bien-être d’un animal dans le cadre d’une activité liée directement ou indirectement à une manifestation de lutte.
Cette disposition intervient dans un contexte où certaines pratiques mystiques ou rituelles associées à la lutte faisaient régulièrement débat.
Sécurité renforcée autour des combats
La Fsl a également décidé de durcir les règles relatives à la sécurité. Il est désormais interdit d’introduire ou d’exposer des substances, produits ou matériels pouvant représenter un danger pour les personnes ou les infrastructures.
Les armes, objets tranchants ou contondants, matières inflammables, produits toxiques ainsi que tout élément susceptible de compromettre le bon déroulement d'une manifestation sont également proscrits.
L’instance rappelle aussi que toute entrave au travail des officiels, des forces de sécurité, du personnel médical ou des représentants de la Fédération pourra faire l’objet de sanctions.
La Fsl veut protéger l’image de la lutte
Au-delà des questions sécuritaires, la Fédération entend également préserver l’image de la discipline. La circulaire interdit toute mise en scène, démonstration ou exhibition jugée contraire aux bonnes mœurs, à la dignité humaine ou à l’ordre public.
Les acteurs de la lutte ne devront pas non plus adopter de comportements ou diffuser des images susceptibles de porter atteinte à l’honneur, à la réputation ou à la crédibilité de la lutte sénégalaise.
La Fsl précise par ailleurs que toute violation des lois et règlements de la République du Sénégal dans le cadre de l’organisation ou du déroulement d’une manifestation de lutte sera considérée comme une faute.
Des sanctions pouvant aller jusqu’à l’exclusion définitive
La Fédération souligne que les interdictions énumérées dans la circulaire ne sont pas limitatives. Elle se réserve le droit de sanctionner tout comportement jugé contraire à l’éthique sportive, à la sécurité, à la dignité humaine, à la protection animale ou aux intérêts de la discipline.
Les contrevenants s’exposent à plusieurs sanctions disciplinaires, notamment des avertissements, des amendes, des retenues financières, des suspensions temporaires ou définitives, sans exclure d’éventuelles poursuites engagées par les autorités compétentes.
Tout en réaffirmant son attachement aux traditions, la Fsl insiste sur le fait qu’elle n’interdit pas les pratiques culturelles ou mystiques en elles-mêmes. En revanche, elle proscrit toute pratique contraire à la loi, au bien-être animal, à l’hygiène, à la sécurité ou à l’ordre public.
Avec cette nouvelle circulaire, entrée en vigueur immédiatement, l’instance dirigeante affiche sa volonté de moderniser davantage la lutte sénégalaise tout en préservant son patrimoine culturel dans un cadre mieux réglementé.
Samba Thiam












